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"Nos vieux ont marché pour ce rêve", lâche Robert, jeune kanak, employé à Koniambo Nickel. Jeudi, au nord de la Nouvelle-Calédonie, la première coulée de nickel est sortie des entrailles d'une gigantesque usine, fruit d'un combat historique des indépendantistes.
Au terme de cinq ans de chantier, la direction de Koniambo Nickel a officiellement annoncé la réussite de sa première coulée technique avant la véritable mise en production dans une semaine. L'objectif est de sortir 17.000 tonnes de ferronickel cette année pour atteindre la pleine capacité de 60.000 tonnes fin 2014, a indiqué un porte-parole.
Situé à 265 kilomètres au nord de Nouméa, Koniambo, complexe industriel de taille mondiale, comprend une mine, une fonderie pyrométallurgique, une centrale électrique au charbon et un port en eau profonde. D'un coût de 5 milliards de dollars (3,8 mrds euros), l'usine exploite le richissime gisement de Koniambo et expédiera sa production sur les marchés asiatiques.
Dans la région, jadis tribale et agricole, elle a créé quelque 3.500 emplois directs et induits et généré l'émergence d'un pôle urbain, d'environ 14.000 habitants.
Archipel de 245.000 habitants à 17.000 km de Paris, la Nouvelle Calédonie est un territoire français qui a été doté par l'accord de Nouméa (1998) d'un statut original de large autonomie.
La population locale se prononcera par référendum, entre 2014 et 2018, sur son statut institutionnel, avec un panel de choix incluant l'indépendance. Pour les indépendantistes kanaks (autochtones), le complexe de Koniambo est l'aboutissement d'un rêve et d'un long combat, qui symbolise leur émancipation et leur entrée dans le monde de la métallurgie dont ils furent longtemps tenus à l'écart.
Au travers de la Société Minière du Sud Pacifique (SMSP), détenue par la province nord, ils possèdent 51% du capital de Koniambo Nickel, tandis que l'opérateur industriel, le géant suisse Xstrata, en possède 49%.