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Lima - Il y a 20 ans, la capture d'Abimael Guzman, son chef historique, semblait sonner le glas du Sentier lumineux, l'une des plus sanglantes guérilla d'Amérique latine, mais l'organisation péruvienne cherche aujourd'hui à renaître de ses cendres par la voie légale.
Cette semaine, l'anniversaire de l'arrestation de celui qui était connu comme le "Président Gonzalo" a donné lieu à un intense exercice d'introspection nationale alors que des factions rémanentes du mouvement sont encore actives dans la vallée de l'Apurimac et de l'Ene (sud-est), la plus grande zone de production de coca du pays, où elles opèrent en alliance avec des bandes de trafiquants de drogue.
Chaque année, des accrochages avec la police et l'armée y font encore des dizaines de morts.
Certaines organisations comme le "Mouvement pour l'amnistie et les droits fondamentaux" (Movadef) - qui comprend les avocats d'Abimael Guzman - demandent désormais ouvertement l'"amnistie générale et une politique de réconciliation nationale" et cherchent la voie de la légalisation du groupe en tant que parti politique.
Le Comité national pour les Elections du Pérou a refusé par deux fois sa demande d'inscription comme formation politique et le gouvernement a proposé récemment une loi sur le "négationnisme" qui punirait ceux qui nient ou approuvent les actes terroristes.
"Notre position contre le Movadef est frontale", a assuré pour sa part mercredi le président péruvien Ollanta Humala "c'est une organisation qui est la façade du terrorisme". "Les anciens leaders du Sentier qui sortent de prison veulent livrer une seconde bataille, plus élaborée, en s'infiltrant au sein de syndicats et d'organisations", a prévenu mercredi le président Humala devant la presse.