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Après Saint-Martin, la Martinique enregistre ses premiers cas de chikungunya. La présence du virus aux Antilles est désormais une certitude. Les mesures de surveillance et de prévention vont être renforcées.
26 cas de chikungunya confirmés à Saint-Martin, 2 à la Martinique : ce sont les derniers chiffres de la cellule épidémiologique des Antilles-Guyane. Il ne s'agit là que des cas avérés, après confirmation des analyses. Mais à Saint-Martin, le nombre de cas suspects dépasse les 110 malades pour l'instant. En Martinique, les chiffres sont beaucoup plus modestes.
Mais ce qui est certain, c'est que désormais, il s'agit de cas autochtones. C'est-à-dire de personnes ayant contracté la maladie sur place et non pas au cours d'un déplacement dans une zone infestée. Les autorités sanitaires des Antilles ont annoncé qu'elles allaient renforcer le niveau de vigilance et intensifier la lutte contre le moustique vecteur de la maladie.
Comme pour la dengue, c'est par l'aedes aegypti que le virus du chikungunya se transmet à l'homme. La "maladie de l'homme penché" se traduit par de fortes fièvres, de possibles éruptions cutanées et de grosses douleurs articulaires.
Le virus est transmis localement par le moustique Aedes aegypti, tout aussi "efficace" en terme de transmission de la maladie que le moustique tigre. Et très fréquent aux Antilles, aux Etats-Unis et dans divers pays du continent américain.
Deux cas ont été également recensés en Martinique tandis que d'autres sont en attente de confirmation sur les îles de la Guadeloupe et de Saint-Barthélemy. C'est la première fois que ce virus est détecté dans les Amériques et sa diffusion est suivie avec beaucoup d'attention.
"La situation est potentiellement explosive avec la fréquentation touristique des Antilles et une souche du virus chikungunya qui peut se propager sur tout le continent américain par le biais du moustique Aedes aegypti, souligne le chercheur marseillais le Pr Xavier de Lamballerie, directeur de l'UMR 190 "Émergence des pathologies virales" à l'université d'Aix-Marseille."
"Si l'épidémie n'est pas maîtrisé aux Antilles, elle pourrait être importée en France à partir du printemps, dès que les moustiques écloront de nouveau. Si le moustique-tigre, qui se développe dans le Sud-Est, est capable de propager ce nouveau chikungunya, le problème sera encore plus important."