Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.
Dans son livre, "Toussaint Louverture. La Révolution française et le probème colonial", une étude publiée en 1960, aux Editions Le Club français du Livre, (315 pages), l'auteur, Aimé Césaire, raconte dans cet essai l'histoire de cet homme et de ce pays, l'île de Hispaniola, ('découverte par Christoph Colomb), ainsi que son libérateur et digne fils du pays de Haïti, Toussaint Louvreture, qui, de descendant fils d'esclave, il fut monté en grade de 'général' au sein de l'armée (napoléonienne), durant la "Révolution française":
Pour bien comprendre le contexte historique de cette époque-là, disons que pour Louis XIV, qui ne conaissait pas grand-chose de ce peuple outremarin, il n'existait que deux sortes d'hommes : les esclaves et les hommes libres. Les Maîtres étant, bien entendu, toujours les "Blancs" d'Europe. A cette époque de la barbarie humaine des négriers blancs d'Europe, les guerres étaient nécessaires pour la conquête du Nouveau Monde et les terres. La bataille était légion. On se battait pour gagner la guerre et s'accaparer des territoires et leurs richesses. Il fallait donc des soldats et des armes. Pour faire face aux ennemis, certes, mais aussi neutraliser les rebellions qui se multipliaient parmi les hommes blancs ainsi que chez les esclaves noirs insoumis.
La France avait besoin des hommes courageux, capables des pires besognes pour manifester sa suprématie militaire. Il fallait aussi des aventuriers et pionniers. Sans scrupules. Des hommes venus de la métropole ou dans les 'colonies d'outre-mer'.
L'armée française avait formé des bons soldats de couleur, qui étaient mêmes gradés, officiers. "C'est à ce moment-là de stagnation qu'émergea au premier rang : TOUSSAINT LOUVERTURE". Celui-ci rallia le gouvernement français qui venait d'abolir l'esclavage en 1794 (pour la première fois). Mais, voilà que la même France proclama manifester son intention de la rétablir ! Pour Toussaint Louverture, c'en était trop. A son tour, il veut proclamer une "république noire d'Haïti, dont il devint le maître de l'île et sa partie française, dès 1801.Il proposa même une Constitution de Saint-Domingue, le 8 juillet de lla même année. Mais, qui était-il réellement ?
Toussaint Louverture est né le 20 mai 1743 sur l'Habitation "BREDA", au nord de l'île de Saint-Domingue (l'actuelle partie de Haïti). Il est, dit-on, le petit-fils du roi des Aradas, peuple du Dahomey (actuel Bénin), majoritaire sur cet ensemble de l'île de Saint-Domingue. Son père fut capturé et vendu sur cette habitation Bréda l'esclave du comte de Noé qui lui accorde un régime de sémi-liberté. Le fils, Toussaint Louverture, est d'abord le 'cocher' de son maître et, affranchi en 1776, il loue une plantation caféière où il emploie treize esclaves. Et, quand en 1791 la 'Révolution' gronde dans toute l'île, et que les esclaves se soulèvent, Toussaint Louverture a déjà franchi les étapes de l'ascension sociale pour un ancien petit-fils d'esclave Africain. Du 'nègre à talent', comme on disait à l'époque, il participe activement au mouvement de libération et, en 1792, il est l'un des signatairesde la première lettre officielle des révoltés, qui obtiendront gain de cause, car l'esclavage est abolie dans l'île en août 1793.
Rappelons qu'en 1697, la grande île découverte et nommée HISPANIOLA fut scindée en deux. Les puissances se départagèrent ces terres insulaires : l'Espagne s'octroie la plus grande surface, laissant à la France la partie occidentale qui sera immédiatement reconnue par le 'traité de Ryswick', portant le nom de Haïti. D'une superficie de 27.750 km2.
Paradoxelement, c'est la partie la plus fertile. Sous domination française qui exploite cette terre haïtienne, elle devient la plus prospère grâce à la production de la canne à sucre et du café. Les travaux dans les champs de canne et dans les plantations de café sont exécutés par les esclaves venus d'Afrique.Classifiée comme terre peuplée de Noirs, elle contient une population de 90% d'esclaves noirs, d'affranchis et de mulâtres. Refusant cette condition d'esclaves, une rebellion éclate en 1791 menée par Toussaint Louverture contre les occupants, les colons Français. S'engage alors une lutte de libération implacable contre les soldats de Napoléon Bonaparte présents dans l'île d'haïti. Très en colère, Bonaparte envoie du renfort. L'enjeu est de taille.
Sur le plan économique, ces terres, autrefois appelées, "la perle des Antilles", puisqu'elles enrichissaient la métropole, il n'était pas tolérable d'accépter une telle rebellion, ou une pagaille quelconque. Les bagteaux remplis des soldats surarmés sont en mer, en route vers les Antilles. La marine française est saisie. On doit envoyer des milliers d'hommes. Il fallait coûte que coûte anéantir cette rebellion qui menace l'économie française. L'empire français doit affronter et les rebelles noirs, et le blocus anglais sur les mers de caraïbes.Napoléon n'a plus qu'une obsession : la guerre.
Il ne comprend pas ce général noir qui entre en rebellion. Ces hommes du général Tossaint Louverture qui continuemt de lancer des assauts répétés contre les navires françaises. En France métroplitaine, les mécontements se multiplient face à cette crise. Tous ceux des humbles, que le trafic colonial faisait vivre.
Napoléon Bonaparte nomme son beau-frère,le général Leclerc. Ce dernier prend la tête du commandement de cette expédition des marines militaires de la France. Sur le plan diplomatique, la France et l'Angleterre cessent leurs hostilités.
Toussaint Louverture qui pensait trouver des alliés anglais est déçu. Il ne doit plus compter que sur ses hommes pour mener la guerre contre les Français. Le chef de la rebellion haïtienne nomme un général noir de son armée, le général CHRISTOPHE. Ce dernier supervise les opérations. Pas questions de laisser accoster des bateaux de geurre de Napoléon. Le port est bloqué. On commence à faire couler quelques-uns qui échouent sur les plages ou sur la mer. La France opte pour la force. On avertit Napoléon que si son armée fait le forcing au Cap, sur l'île, les Haïtiens vont tout brûler.
Napoléon s'entête. Les soldats de Louverture mettent la menace en exécution. Au débarquement du général Leclerc, Christophe donne l'ordre : Mettez les feux partout ! Maisons, plantations, champs, entrepôts, etc...
Toussaint Louverture dit aux Haïtiens : " Méfiez-vous des Blancs. Ils viennent pour vous remettre en esclavages ! Résistez ! Battez-vous ! Continuez à brûler leurs belles maisons, toutes les villes, les cultures, empoisonnez les sources, soulevez les agriculteurs, contrôlez les plaines et les montagnes !"
Malgré ceci, l'armée de Leclerc parvient à occuper quelques terres. Plusieurs Blancs sont massacrés. La guerre devient surnaturelles. Les dieux des Ancêtres africains font leurs apparitions. Les Français sont horrifiés de ce qu'ils voient ! Des animaux inconnus apparaîssent dans l'île. Les serpents, les éléphants qui écrasent des Blancs sur les plages haïtiennes...!
Malgré ses armes et leurs supériorités, l'armée napoléonienne n'arrivent toujours pas à mâter les esclaves africains qui se battent pour leur liberté. Ils sont sur les montagnes et se réorganisent pour bouter déhors les méchants Blancs.
Toussaint Louverture, le général Christophe, Jean-Jacques Dessalines, sont les meneurs de la lutte pour l'indépendance d'Haïti.le peuple est derrière eux. Il soutient les leaders. Tous refusent de se soumettre aux Français.Les Noirs prennent des armes et font trembler les Blancs Français. Après des jours et des jours de combats, l'heure est à la diplomatie politique.
Le 17 juin 1802, Toussaint Louveture veut voir le général Brunet qui commande les opérations militaires françaises. Un émissaire établit les liens. Toussaint Louverture se rend à ce rendez-vous accompagner de sa garde personnelle. Sitôt arrivés sur les lieux, sitôt ils sont désarmés. ils sont tous arrêtés. Y-a-t-il eu des trahisons, des complicités ? Il semble qu'il a été trahi par les siens. C'est une autre histoire.
Est-il que le prisonnier Toussaint Louverture ne résistera pas. Il se laisse faire. Son but est de privilégier le dialogue avec les ennemis. Naïveté ? Courage politique ? Fin stratège ?
Mais, la France ne tolère pas la rebellion, tout au plus,elle accepte la "Capitulation" ! Surtout venant d'un ancien sujet !
Le prisonnier est aussitôt embarqué vers la France métropolitaine. Le bateau vogue vers l'Europe. Trente jours plus tard, le navire accoste dans le port de Brest. Bonaparte ordonne son emprionnement isolé dans le fort de Joux. Un endroit tenu secret. Le 23 août, Toussaint Louverture est enfermé dans cette forteresse sur les montagnes grises et froides du Jura.
Il restera seul dans la cellule, dans la solitude totale, sous un froid glacial. Il y mourra un 7 avril 1803, atteint de tuberculose généralisée. Le libérateur haïtien meurt mais la lutte continue en Haïti. Le peuple s'est mis debout. La liberté est proche.
Ailleurs, on a retabli l'esclvage aux Antilles frnçaises. En guadeloupe, comme à la Martinique. Napoléon Bonaparte, soutenu par Joséphine, il instaure le "Code Noir". Ces lois régissant la soumission des Noirs en esclavage. (Il faudrait attendre 1848, pour que Victor Schoelcher et les autres, obiennent la fin de l'esclaqvage aux Antilles dite française).
En Haïti, c'est Jean-Jacques Dessalines qui a repris la lutte de l'indépendance. Avec d'autres. Une lutte qui conduira à l'indépendance d'Haïti le 1er janvier 1804. C'est lui va proclamer cette indépendance sous le nom du pays : HAITI.
Les Haïtiens sont libres ! Toussaint Louverture ne verra pas ce jour de la liberté conquise, mais il ne se doutait pas qu'elle était inéluctable. Un peuple qui se met debout, marche. Cette marche dans la voie de la liberté totale. Et dans la dignité.
La Constitution, inspirée de celle de Toussaint Louveture, dit ceci dans son premier article : Un Etat libre est né, Haïti.
Le second article annonce la fin de l'esclavage. Il est à jamis aboli partout dans l'île devenue indépendante.
Les autres articles de la constitution vont encore plus loin : "Aucun Blanc, quelle que soit sa nation, ne mettra le pied sur ce territoire à titre de maître ou de propriétaire et ne pourra à l'avenir y acquérir aucune propriété, etc....
Pour la première fois dans l'histoire, une république dirigée par les Noirs, est née!
Dans son "Cahier d'un retour au pays natal", Césaire écrira : Haïti, c'est là que la négritude s'est mis debout pour la première fois. C'est vrai. Mais, une fois libérée, Haïti a été réjoint, hélas, par les démons de la dictature de toutes sortes.
Aimé Césaire résume bien tout cela dans une magnifique pièce de théâtre intitulé : "La tragédie du roi Christophe", (Editions Présence Africaine, Paris 1970). D'une brûlante actualité, mille fois, hélas.
Toussaint Louverture restera la grande figure de l'histoire d'un peuple qui n'a pas hésité de prendre des armes pour exiger sa liberté. (A lire : "Toussaint Louverture. La Révolution française et le problème colonial", réédité en 1962, chez les Editions Pésence Africaine).