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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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Pleins feux sur...Yahima Torres, actrice Cubaine.

 

 

Il y a des acteurs ou actrices qui se font connaître qu'après plusieurs années de métier. Il y a ceux qui s'imposent progressivement au fil de temps. Il y a des comédien(ne)s qui, dès leur premier film deviennent véritablement des stars, tant leur charisme crève l'écran. Il y a des évidences qui ne trompent pas.

 

Dans cette catégorie, la carrière des acteurs (actrices) noires en France, n'a jamais une trajectoire linéaire avec du succès au bout du compte. A quelques rares exceptions, bien sûr.

Les acteurs de couleurs le savent et rament dur pour atteindre leurs objectifs. D'abord, se faire connaître, courrir les castings, pour finalement décrocher un rôle, aussi miniscule ou peu important que ce soit. Sinon, finir comme un (ou une) figurant(e). L'ombre que l'on distingue mais qu'on ne voit pas. Pour les acteurs ou actrices de nationalité française, ce n'est pas non plus si simple que cela. Alors, lorqu'on est un(e) étranger(e) parlant mal la langue, c'est quasiment impossible de percer dans le milieu du cinéma. Outre le physique qui est certes important, il faut aussi avoir du talent. Ce qui est arrivé à la Cubaine Yahima Torres, c'est assurément un conte de fée, pour elle. Pourra-t-on dire.

 

La sortie d'un film qui raconte cette triste histoire de la Sud-Africaine au siècle dernier mérite qu'on la fixe sur péllicule. Qui avait encore entendu parler d'une certaine Saartjie Baartman ? Très peu ou presque personne. Une comédienne, hier encore une inconnue, vient de relever le défi en incarnant cette femme noire Sud-africaine. Il faut le dire, avec un rare talent dans la performance et qui a surpris tous les spectacteurs qui ont pu voir le film sur celle que l'on surnommait « la vénus hottentote ». Pour un premier film de la comédienne cubaine, c'est un coup de maître.

 

C'est le réalisateur franco-tunisien Abdelatif Kechiche qui a osé évoquer cette histoire, en faire un grand film, donnant la chance à cette jeune illustre inconnue d'origine cubaine : Yahima Torres.

Pour son premier film, la cubaine incarne la « Vénus Noire », titre du film de Kechiche. Excellente dans son rôle de Saartjie Baartman, la grosse femme hottentote, Yahima habite le personnage. On peut avancer que ce film-là est excellent. Yahima est la vénus noire réincarnée.

 

Hier encore, modeste inconnue, elle va être au devant de la scène sous les projecteurs pour porter le film en elle et le défendre comme il se doit. Yahima Torres est devenue célèbre par ce premier film.

Grâce à « Vénus Noire » d'Abdellatif Kechiche, on peut mettre un visage sur cette Sud-Africaine Saartjie Baartman. Mais qui est donc cette jeune actrice cubaine qui a si bien réussi de l'incarner ?

 

Née à La Havanne (Cuba), le 14 juin 1980, Yahima Torres est la fille d'un père officier de la marine marchande, et d'une mère professeure d'espagnol. Elle vient donc d'une bonne famille de la classe moyenne cubaine. C'est là-bas dans son île qu'elle a commencé ses études primaires et secondaires.

Dans la capitale cubaine, la vie culturelle reste vivante. Il y a des écoles et des salles de cinéma et de théâtre. Studieuse, Yahima Torres poursuit dans des études de commerce. Mais son rêve est ailleurs. Elle aime son pays mais partir s'enrichir culturellement est un plus dans la vie.

 

Elle veut apprendre les langues étrangères. Le français est une langue qui la fascine. Ce sera donc la langue de Molière, qu'elle baragouinait déjà quelques rudiments avec un accent hispanique. Il faut qu'elle aille dans le pays où on la parle pour en tirer davantage. La comédie l'intérresse aussi. Attirée par le théâtre dont elle veut être une comédienne. Monter sur les planches pour jouer une pièce, c'est le métier qu'elle aimerait bien faire. Elle doit partir. Quitter sa belle île de Cuba. Mûe par tous ces projets, Yahima décide de voyager en Europe. Ce qui la motive d'effectuer donc ce grand voyage.

La France est un pays qu'elle adore. Un pays qui l'a toujours fascinée. C'est un beau pays et sa capitale est mondialement connue pour son rayonnement culturel.

Elle arrive à Paris en 2003. Ce sera une période difficile d'adaptation. De petits boulots aux études, Yahima apprend la vie parisienne. Elle sait que ce ne sera pas facile pour elle mais elle s'accroche. Elle veut y arriver. Il y a la volonté, le courage, l'implication dans la culture de ce pays. S'intégrer est une question de choix, de volonté et d'énegie personnelle. Elle ne maîtrise pas encore la langue de Molière. Au fond d'elle, elle sait qu'elle y arrivera. En attendant de faire de la comédie, elle cherche, se cherche. Femme noire dans un pays comme la France, il y a parfois des illusions qu'il faudrait vite oublier. Surtout lorsqu'on cherche du travail dans ce milieu artistique.

Elle erre les rues de Paris dans l'espoir de trouver quelque chose dont elle ne sait pas trp bien quoi pour la suite de son rêve pour sa carrière de comédienne.

 

Au hasard d'une rue de Belleville, son destin croise celui d'un cinéaste qui l'a repéré, lui-même en quête d'une jeune femme noire pour son prochain film en préparation. Elle discute avec ce grand homme qui se présente comme un réalisateur de cinéma s'appelle Abdellatif Kechiche, et qui a déjà tourné deux ou trois films qui ont connu des succès. Nous sommes en 2005. Le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche est persuadé d'avoir trouvé le personnage pour son prochain film. Il vient de lire un livre sur la vie d'une Sud-Africaine et son histoire lui a plu. Il en parle à Yahima.

En quelques mots, il explique la biographie de cette femme « Sara » ou « Saartjie Baartman », une hottentote sud-africaine au physique phénoménal, la femme khoïkhoïe, exhibée comme une bête de foire en Angleterre et en France, exploitée par des gens sans scrupules, morte à 45 ans, et dont le corps (ou plutôt la dépouille) vient d'être rapatrié dans son pays d'origine, l'Afrique du Sud.

L'histoire plaît à Yahima et accepte de jouer dans son film. Il lui conseille avant le tournage de suivre quelques cours de comédie et de danse, pour ce rôle. Mais surtout, elle doit...grossir ! La femme sud-africaine avait une certaine forme physique impressionnante. Abdellatif Kechiche promet de rappeller Yahima Torres dès que tout sera prêt. Et ils s'échangent de numéros de téléphone.

 

En rentrant chez elle, Yahima reste bouleversée par cette histoire et décide de s'impliquer dans le projet du film. Elle est surtout touchée par la condition de la Sud-Africaine et la maltraitance qu'elle a subi. Cette histoire de Saartjie Baartman, c'est « son » histoire. Elle est décidée de donner vie à la mémoire de la « Vénus hottentote ». Cette femme, c'est elle. Son histoire est une histoire universelle qui peut arriver sous diverses formes aux femmes : qu'elles soient noires ou pas. Cette histoire sera son histoire. C'est elle la « Vénus noire ». Elle en est persuadée.

Durant des années, elle va se préparer pour réussir le personnage du film. Son premier film doit être une réussite. Il s'agit d'honneur à la femme. Dénoncer ce racisme barbare de l'époque pour que ce genre de comportement nese répète plus.

 

Quelques années plus tard, on l'appelle. Tout est prêt pour le tournage de ce film. Le projet se concrétise et elle signe le contrat. Le tournage peut commencer. Yahima est 'habitée' par cette femme noire. Elle l'incarne avec un tel talent en y mettant tout son coeur, à la grande satisfaction du réalisateur Abdellatif Kechiche, étonné par la performance de cette actrice cubaine.

« Venus Noire » est sortie en octobre 2010 et connaît encore un grand succès partout où il est projetté. Provoquant des débats et quelques indignations de cette maltraitance de l'humiliation de la femme sud-africaine. Un regard ethnocentrique qui doit être un miroir de notre bêtise humaine.

 

A la sortie du film, Yahima Torres devient célèbre et elle est invitée sur tous les plateaux de télévision du monde, interviewée par les radios et les journaux. Sa photo s'étale en couverture des magazines. Le film a reçu des bonnes critiques du cinéma. Elle se montre fière d'avoir montré son corps pour la crédibilité du sujet, même si certains érotismes s'y dégagent. Pour elle, c'est important de montrer ce film. Il faut honorer la mémoire de Saartjie Baartman pour la sauver de l'oubli.

Son corps a été rappartié dans son pays en Afrique. Un centre sera crée en sa mémoire en Afrique du Sud (à Hankey).

Par ce film, Yahima Torres entre dans l'histoire du cinéma historique. Une histoire de cette Afrique opprimée, humiliée. Elle a su donné à la « Vénus Hottentote »une autre vie.

Son travail d'actrice a confirmé un talent dont elle ne peut qu'en être fière. Elle a réalisé son rêve de comédienne avec cet important film, très dur. Avec ce film, c'est toute sa vie qui sera bouleversé.

On la regardera non plus seulement comme 'actrice', mais comme celle qui est la « Vénus Noire ».

Un rôle qui lui collera à la peau. Mais c'est surtout un signe de réconnaîsance qu'un seul poids figé.

Dans son pays, le Cuba, Yahima Torres est désormais une 'grande actrice' internationale. Une très bonne comédienne. Tout cela ne peut qu'être intéressant pour la suite de sa carrière.

Un seul film, le premier, et l'actrice cubaine Yahima Torres entre dans l'histoire du cinéma par la grande porte.

 

 

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