Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.
Voici un très grand écrivain haïtien, et vrai poète que nous qualifierons de poète du « merveilleux féminin », (ses poèmes sont véritablement des hymnes sublîmaux dédiés aux femmes), et un intellectuel engagé, (idéaliste de la gauche tiers-mondiste). Il fut radicalement un communiste, pro-cubain et par-dessus tout, un patriote haïtien. Rêveur révolutionnaire et idéaliste, il a parcouru le tiers-monde, les idées en éveil, pensant changer le monde. Hélas, il a fini par se fixer en Occident chrétien qu'il a pourfendé dans ses errances. Rebelle, jeune, il ne rêve plus de changer le monde.
Humaniste et universaliste, il s'est assagi pour continuer ses rêves amoureux. Ecrire, a été pour lui une bonne thérapeutie. Une façon de fuir le réel pour se fixer dans le virtuel, l'imaginaire, la vie fictive, la poésie. Sa prose est mgnificience et beauté. Avec sa belle plume, il a réussi à publier des excellents ouvrages pleins de poésies.. Ses réflexions ont contribué à faire avancer les débats sur des sujets contemporains et qui resteront valables. Deux dates marquent la vie de cet homme de réflexions : sa participation à ce Premier Congrès des écrivains et artistes noirs, à la Sorbonne, en 1956 ; et sa contribution au débat sur la négritude.
Mais son oeuvre la plus intéressante reste sa poésie. Ses livres et recueils de poèmes sont les plus beaux qui puissent exister en littérature francophone. La magie du mot y côtoie la danse des mots.
http://www.dailymotion.com/video/x7v1tk_haiti-rene-depestre-chronique-dun-a_creation
René Depestre est Haïtien. Il est né le 29 août 1926, à Jacmel, au sud de cette ïle de Haïti. Cette perle des Antilles. Il a passé sa jeunesse dans cette ville natale, et heureux, avec sa famille. http://www.youtube.com/watch?v=JgUpO37gsaE
Un drame viendra bouleversé ce petit rêveur, avec la mort de son père en 1936. Contraint de quitter Jacmel, sa mère est obligée de gagner la vie dans la capitale, Port-au-Prince. Elle est obligé de travailler pour nourir sa famille. Le petit Réné est confié à sa grand-mère maternelle qui va s'occuper à l'élever et lui apporter les valeurs du terroir haïtien et l'éducation nécessaire pour la vie.
Très jeune enfant à Jacmel, René Depestre partageait ses rêveries face à la mer. En regardant l'étendue de cette mer et sa musique de vague, René Depestre se construit son monde poétique. Qui va plus tard développer son sens de l'évasion, de voyage sans port d'attache. Mais Haïti restera à tout jamais son pays intérieur.
http://www.kewego.fr/video/iLyROoafI546.html http://www.kewego.fr/video/iLyROoafI5c-.html
http://www.france24.com/fr/20100131-le-29-janvier-jai-pas-envie-retourner-paris-haiti-carnet-route-gaelle-leroux
Il a beaucoup pleuré le fait de quitter toutes ces merveilles de l'enfance, pour basculer dans l'autre monde d'adulte. Auprès de sa grand-mère, René Depestre apprend la vie. Observateur, il est heureux de vivre auprès de cette vieille femme qui passe son temps à parler avec un arbre ! Entretenant avec celui-ci une étrange relation métaphysique. Elle parle à son arbre. Le petit René ne comprend pas ce mystère. Il ne cherchera pas le pourquoi mais plus tard, il saura.
Il débute ses études à Jacmel, pour les poursuivre à Port-au-Prince. Après ses études primaires, puis secondaires au lycée Pétion, il vise de décrocher le bac, après la fin de ses études secondaires. Ce sésame qui lui permettra d'accéder aux portes des universités. Son objectif.
Alors, il passe son baccalauréat avec brio. A 19 ans, il compose des poèmes qu'il décide de publier sous le beau titre : « L'étincelle ». Dans ce recueil, René Depestre parle de sa jeunesse, de sa vie, et on y découvre l'originalité d'une vie intérieure déjà riche et des reflexions qui vont forger sa formation d'intellectuel et de poète engagé. Il lit beaucoup. Surtout la littérature française dont il est amoureux de la culture. Il connaît presque tous les auteurs classiques françaises. La littérature française le pousse à aller plus loin dans la création de cette langue française qu'il maîtrise fort bien depuis fort longtemps. Son premier petit livre de poésie est un succès littéraire. Il reçoit même un Prix littéraire pour la qualité de son écriture poétique. C'est dans l'écriture que René Despestre va trouver son équilibre mental. Un endroit idéal pour se parler, se le raconter.
Ses premiers écrits, comme ses poèmes sont plus intimistes. Ils parlent de lui. Des écrits autobiographiques. Chaque poème de Depestre est un conte de sa vie d'enfance. L'écriture de René Depestre illumine les pages blanches de ses livres. Asprès le premier recueil, suivront tant d'autres, dont « Minerai noir », « Gerbe de sang », « Traduit du grand large », « Journal d'un nimal marin », « Un arc-en-ciel pour l'Occident chrétien », pour ne citer que ceux-là, avec des poèmes lumineux. Il commence par la suite de dévoiler ses choix politiques. Il est proche des idées gauchisants. Il a lu Karl Marx, Lenine, Stalline, Mao Tsé Toung, ainsi que tous les grands hommes et philisophes de son époque. Homme de Culture, déjà, il crée, avec des amis, (Jacques-Stephen Alexis, Gerard Bloncourt, pour ne citer que ces deux-là), ils fondent une revue littéraire, « La Ruche » qui jouera un rôle essentiel dans l'éveil de conscience de la jeunesse haïtienne, de 1945. Le passage du poète français, André Breton, dans l'île, sera aussi le moment important dans sa formation intellectuelle.
Hélas, la revue « La Ruche », regulièrement saisie, dérange le pouvoir. Le gouvernement l'interdit.
Après 1946, boursier, comme ses amis, ils quittent Haïti pour Paris. Ville de la culture, par excellence. Il aime la ville. Il se retrouve étudiant dans la capitale française. Ils partagent la chambre avec Jacques-Stepen Alexis.
René Depestre s'inscrit à la Sorbonne, pour y faire des études de Lettres et des Sciences Politiques.
Tandis que son ami fait de la médecine. Ils fréquentent les milieux blacks de Paris, fait la connaissance de poètes 'suréalistes' français et des artistes de la capitale française. Il fréquente aussi naturellement le « quartier latin ». Tout le monde noir et les intellectuels Français se retrouvent autour de la Maison et Editions « Présence Africaine », fondées par leSénégalais Alioune Diop. Ce dernier publie une revue que tout le monde contribue par divers articles. René Depestre y participe.
En 1956, se tiendra le Premier Congrès des écrivains et artistes noirs. Toute l'intelligeansta afro-caraïbéenne vont y participer. De Césaire à Senghor, de Fanon à David Diop, et bien entendu Alioune Diop, le véritable initiateur. A Paris, Aimé Cesaire, Léopold Sédar Senghor, et Léon-Gontrand Damas sont les principaux animateurs d'un mouvement ou courant, de la « négritude », concept né dans la tête du Martriniquais Aimé Césaire. Depestre veut participer à ces débats. Sa contribution y est apprécié. Il publiera plus tard, « Bonjour et Adieu à la négritude », un de ses grands livres. Les Noirs de cette époque recherchaient, (ou étaient à la quête de leur identité dans la société française. Pas toujours ouverte aux Noirs d'Afrique). Le Premier Congrès des écrivains et artistes noirs à Paris, est un pas vers la prise de conscience de la culture afro-caraïbéenne.
http://www.tv5.org/TV5Site/publication/galerie-325-6-Premier_congres_des_ecrivains_et_artistes_noirs_video.htm
http://www.tv5.org/TV5Site/publication/galerie-325-5-Premier_Congres_des_ecrivains_et_artistes_noirs.htm
Aimé Césaire sera l'homme engagé qui va impulser les débats culturels, aux Antilles, tout comme en Afrique, et dans la diaspora noire à travers le monde entier.
http://www.fooooo.com/watch.php?id=GJpk8DUzy24
Aux Etats-Unis, les Noirs américains ne vivent pas autrement leur situation minoritaire, dans une société fondamentalement blanche. Assimilation, aliénation, acculturation, identitification.
http://bworldconnection.com/BworldConnection-TV.html?idV=195
Pendant ce temps, René Depestre bardé de ses diplômes entame des longs voyages qui l'amèneront souvent autour du monde, d'un bout à un autre. D'un continent à un autre. D'un pays à l'autre.
Le poète rencontre les femmes de toutes les cultures, de toutes les couleurs, et de toutes les nationalités. René Depestre ne cache plus son amour pour les femmes. On les voit et on les ressents dans ses livres de poèmes. Ceux dediés aux femmes sont de véritable hymne à l'amour de l'autre sexe. Dans un de ses livres, « Alléluia pour une femme jardin », (un receuil de nouvelles, des pages sont essentiellement habitées par les femmes ! Du 'géolibertinage', comme il le dit.
http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/depestre.html
Il publie aussi des romans, où l'auteur n'abandonne ni sa nostalgie d'enfance, ses souvenirs, et enfin, et toujours, les femmes. Une obsession pour René Depestre. « Hadriana dans tous mes rêves », est un roman qui confirme la passion du poète pour les femmes. C'est dans les poèmes que Depestre donne sa pleine mesure de grand amoureux de la poésie, un lieu pour rendre la femme plus belle que la vie, une ode au 'merveilleux féminin', que nous disions tout au début. http://www.youtube.com/watch?v=5QXuFgtnLD8&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=2fAW_nUEecc http://www.youtube.com/watch?v=87zWcYAj-i8
Malgré la distance et les années d'exils, René Depestre garde en lui cette 'Haïti-Chérie', qu'il aime, adore et vénère dans ses livre http://www.youtube.com/watch?v=OdDa7guKGwY&feature=related
Son écriture est une musique qui fera toujours la fierté de cette terre lointaine qu'il a laissé depuis sept décenies et qu'il continue à la chanter. Honneur et Respect au poète haïtien, René Depestre.