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J'avais promis de revenir sur les élections présidentielles françaises de ce dimanche 22 avril 2007. Ce matin, j'ai fait le tour d'horizon des journaux pour mesurer la température du lendemain de celles-ci. Tous félicitent les deux candidats pour leurs résultats. Un prochain duel qui s'annonce déterminant pour Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Un duo annoncé par les sondages et que tout le monde attendait. Pour une fois, cette fois-ci ils ne se sont pas trompés. Le candidat de l'UMP (droite) a obtenu 30,5%. Le PS mené par Ségolène Royal a parvenu par arraché les 25,7%, sauvant le parti socialiste du désastre et du coup se plaçant en position favorable pour affronter un candidat de droite de plus en plus déterminé à ne pas se laisser déposseder de sa confortable position du péloton de tête de cette campagne. Le vote utile a bien fonctionné pour Ségolène Royal puisque toute la gauche s'est manifestement portée pour soutenir la candidate socialiste pour la dernière ligne droite de la victoire possible.
On peut noter que, en dehors de ces deux présidentiables, les autres n'ont pas démerités. Je pense notamment à Olivier Besancenot, le jeune leader de la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire), avec ses 4,7%, Besancenot a fait mieux qu'en 2002. L'extrême-gauche française peut désormais compter sur ce jeune loup, plein de talent politique et un débateur hors-pair. La gauche molle s'éffondre. Marie-Georges Buffet a péniblement accroché le 1,9%. Arlette Laguiller, une figure emblématique de cette extrême-gauche (Lutte Ouvrière), pour sa dernière campagne n'a obtenu que...1,4%. L'altermondialiste José Bové, qui faisait là sa première entrée dans la campagne présidentielle peut se réjouir d'un petit 1,3%. Le Vert, avec Dominique Voynet, n'a pu s'imposer avec un thème écologique pourtant adhésif, pour ne récolter qu'un minable 1,5%. Victime de l'effet Nicolas Hulot, le médiatique défenseur de l'environnement planétaire, faute de créer une dynamique de rassemblement. Dommage que l'écologie n'a pu s'imposer dans cette campagne comme on l'aurait voulu. Un débacle qui s'explique aussi par le non-pris en compte au sérieux de ce thème environnemental. Le sympathique et amusant Gérard Schivardi a fait son petit tour, bu du bon vin, rigolé, bien amusé, et à la fin, sablé son champagne avec son score nullard de 0,4%.
Du côté des chasseurs, l'inclassable Frédéric Nihous peut se réjouir de mener les amateurs de la chasse dans cette campagne présidentielle. Il le disait lui-même que son but c'est de battre Le Vert. Donc, l'écologie sera escamotée du débat politique, pour le moment. Le grand perdant de cette élection est sans conteste le Front National de Jean-Marie lepen qui n'a récolté qu'à peine...10%. Sarkozy ne l'a pas fait des cadeaux en allant chasser sur son terrain, quitte à prendre des risques de se faire détester par une partie de la population. Cela a été payante puisque le Front National a sensiblement reculé. De même pour un Philippe de Villiers, nettement pris au dépourvu par le candidat de la droite dont ils chassaient sur le même terrain du thème nationaliste et de l'immigration. C'est François Bayrou qui s'en tire encore le mieux avec ses 18,5% des suffrages, devenant l'arbitre de ce deuxième tour. Désormais, tous sont obligés de passer par lui, faire des yeux doux, clarifier leurs positions pour avoir le soutien de l'UDF. Même celui-ci l'a averti. Pas de chèque en blanc, ni un alignement systématique pour faire plaisir à la droite. Durant la campagne, Bayrou s'était clairement posé à gauche avec des thèmes proches de Ségolène Royal. Il compte d'aillleurs voir comment le PS et sa candidate vont se positionner dans leur discours par rapport aux valeurs dont le leader de l'UDF entendait défendre.
Enfin, le PS a réussi a faire une bonne campagne avec Ségolène Royal, évitant les erreurs de 2002 avec Lionel Jospin. Il faudra que le Pacte présidentiel puisse convaincre l'ensemble de la gauche pour battre la droite.