En ce temps-là, Haïti-Chérie était la perle des Antilles. Ses plages dévoilaient la beauté des baies, la mer bleue et des somptueux paysages. Haïti chérie chantait la vie amoureusement. Mais Hispaniola-Ayiti vivait sous la botte du colonialisme français avec en prime, l'esclavage et la chasse aux rebelles Nègres-marrons.
En ce temps-là, Toussaint Louverture, Grand Nègre, s'il en est, n'a pas eu la main tremblante pour tenir son arme et son armée afin de bouter dehors les Blancs colonisateurs méchants, à coup sûr.
En ce temps-là, la France de Napoléon déversait des navires de guerre dans cette île-rebelle pour combattre les Nèg épris de liberté. Toussaint Louverture, futur père de l'indépendance rêvait de faire de son pays d'Ayiti, la perle des îles de la Caraïbe, la plus belle des Antilles françaises, la plus joyeuse des terres du monde pour les Noirs et les sang-mêlés du pays.
Hélas ! Il fut happé par les médisances, par les puissances du Mal, pour finir capture et aller mourrir loin de sa terre, dans une Métropole enneigée, dans une cage-prison de Fort de Joux, en Haute-Savoie. En France.
Pourquoi ne pas réhabiliter son nom et son oeuvre libératrice ?
Haïti, premier pays noir des Antilles françaises où les Nègres se mirent debout pour la première fois, en 1804. Aujourd'hui, Haïti chérie n'a plus cette joie d'antan. Même si son rythme musical le Kompa ramène un peu de joie, un peu de beaume au coeur, Haïti danse mais vit dans les malheurs. Les dictatures, les Makoutes et les Yankees ont totalement vérouillés son destin, sciés son espoir, découragés son élan pour un sursaut. Les larmes coulent sur les beaux visages des Haïtiennes et des Haïtiens, mais ce sont des larmes d'espérances qui vont irriguer les mornes, les rivières, les montagnes d'Haïti, cette belle terre encore souillée des Antilles, pour montrer le chemin et dire que Ayiti sera toujours "doubout" !
An di pep : tchimbé raid, pa molli !!!!
Alain Serbin
( Pour lire le Code Noir de l'Esclavage, cliquer sur www.esclavagemoderne.org )