Les vrais créateurs n'ont d'inspiration qu'après avoir subi un choc dans leur vie.
La musique angolaise a traversé une période atroce due à une situation de guerre qui a duré plus de vingt ans. Une nouvelle vie commence pour la jeune génération d'artistes Angolais qui doivent prendre la relève. Les sources pour une nouvelle création musicales sont si nombreuses que les artistes du pays feraient mieux de puiser dans l'histoire. Les villages africains sont des véritables greniers à souvenirs. L'histoire et la culture angolaises sontt si riches qu'elles offrent une belle palette de variété musicale. Il suffirait d'y plonger et aller y boire à cette source. Il existe aussi des épisodes intéressants pour une meilleure connaissance du passé angolais. Cette diversité culturelle et musicale peut faire jaillir une nouvelle musique angolaise authentique. Mais que des chemins à parcours !
Un artiste Angolais, comme Bonga, est à citer en exemple. Il a su tirer profit de sa vie d'exilé, il a pu s'inspirer des différents courants musicaux qu'il a pu cotôyer pour enrichir son répertoire.
Né à Dande, au Kipiri, dans la région de Luanda, en 1942, Barcelo de Carvalho a vécu dans un quartier populaire de la capitale angolaise, Luanda. Son père fut musicien-accordéoniste, du style de la danse "la rebita", une danse traditionnelle mbundu de Luanda. Le jeune garçon a vécu dans ce milieu-là avec la passion de son père. En grandissant, il opte pour un nom authentiquement africain, rejettant l'assimilation dont prônait le sytème colonial portugais. De son nom portugais Barcelo de Carvalho, il va s'appeller donc "Bonga".
Sportif, c'est plutôt la musique qui l'attire. Il fonde son premier groupe musical "Kissuela", qui affirme déjà une identité angolaise, en valorisant le folklore mbundu et la langue africaine. Déjà dans la clandestinité s'organisait les réunions du mouvement indépendantiste, le MPLA, auquel il va suivre l'évolution.
N'abandonnant pas le sport, c'est en qualité de sportif (il fut champion d'Angola) qu'il va quitter son pays pour l'Europe. Défendant les couleurs portugaises, il remporte les courses à pied de 400 m et devient le champion portugais. Jouant aussi au football, il a intégré l'équipe Benfica de Lisbonne. Mais la musique est un virus. Passionné de musique et de la politique, il choisit l'exil politique en Hollande, puis en Belgique et enfin en France.
C'est à Paris qu'il rencontre les amis artistes du pays (Mario Clinton, chanteur et futur écrivain "Angola libre ? chez Gallimard"), et aussi le brésilien Sebastiao Rocha "Tiao" qui devint son ami et l'accompagnera dans tous ses albums et concerts. Il fera aussi connaissance d'un saxophoniste guinéen Jo Maka. Bonga fonde le groupe "Batuki". Avec ce groupe, Bonga sortira des albums de qualité, qui feront un grand succès et les conduiront dans les tournées internationales. La musique de Bonga puise dans la culture mbundu avec les chansons en langue mbundu et en créole luandais, le tout sur les rythmes "kamabatela", "katumbela", "rebita", et autres. Le Cap-Vert, le Brésil et le Portugal, des pays qu'il a visité et connait très bien sont présent dans ses créations musicales.
Avec sa voix râpeuse, suave, chaude et roccailleuse, Bonga reste l'un des meilleurs ambassadeurs de la musique angolaise.
Il existe aussi d'autres artistes en Angola. Et qui ont marqué cette musique angolaise assez originale et typique. Luanda est une véritable pépinière d'artistes de talents. Quelques noms à retenir : Jovens de Prenda, Teta Lando, Os Merengues, Instrumental Primeiro do Maio, Ngola Ritmos, Urbano de Castro, Artur Nunes, Tino dia Kimuenzo, Antonio Paulino, Os Bongos, Os Kiezos, Paulino Pinheiro, Avozinho, Paulo 9, Tonito, Dioniso Rocha, Carlos Burutti, Carlos Lamartine, Voto Gonçalves, Lilly Tchiumba, Sandra Santos, Mamboro, Lourdes Van Dunem, Rui Mingas, Nany, Zizi Mirandela, Minguito, et tant d'autres encore.
Avec les guerres, les Angolais ont connu le chemin de l'exil dans différents pays frontaliers et encore plus loin.
A Kinshasa, par exemple, les jeunes de la nouvelle génération se sont impregnés de la langue lingala et des rythmes musicaux congolais, qu'ils sont arrivés à façonnés et à les adapter magnifiquement. Il suffit d'écouter un SAM Mangwana, pour s'en convaincre. Malheureusement, il y a aussi tant d'autres dont on a du mal à distinguer leurs origines et la musique dont ils jouent. Miguel Yamba, Mavatiku Visi, Pépé Kallé et son Empire Bakuba, Nyoka Longo et son Zaïko Langa Langa, etc.
De même comme à Brazzaville, dont on note aussi la même confusion et le même phénomène.
A Lisbonne, les artistes subissent aussi des influences musicales, à l'exemple d'un Eduardo Paim. En Suisse, il y a aussi la pétillante Florence Chitacumbi, qui fait dans le world-music. En Allemangne, il y a le berlinois Vum Vum Kamusasadi.
Pourfinir, on peut dire simplement que tout cela fera la musique angolaise de demain, une musique typique !