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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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Zambie : De Keneth Kaunda à Lewy Mwanawasa

J'ai rencontré pour la première fois le président Keneth Kaunda, il y a quatre ans, sur un bateau à Malte. Nous nous rendions à une conférence sur les droits humains à Tripoli, en Libye. Keneth Kaunda fut le premier Chef de l'Etat de la Zambie, de 1964 à 1991.
Lorsque je l'ai rencontré, il n'était plus président de la république. Il n'était plus qu'un simple citoyen zambien, un ancien homme politique, âgé, qui continue à être actif politiquement mais dans un autre domaine, celui de l'humanitaire. C'est à ce titre qu'il fut invité par le président libyen pour remettre le Prix de droits de l'homme à des personnalités qu'il estimait s'être distinguées dans leurs actions.
J'étais l'un des plus jeunes de la délégation, et la rencontre avec ce vieil homme historique, aux cheveux blancs, avec son éternel et légendaire mouchoir blanc, m'a littéralement impressionné.
Keneth Kaunda est né à Lubwa, en Zambie, en 1924. A son âge, cet homme-là est resté fidèle aux idéaux de l'unité africaine, ce rêve de tous les Africains de sa génération. Actif pour la cause africaine, cet homme a passé la traversée de la mer méditeranée dans ce bateau, en notre compagnie en nous racontant son pays. Ce qui m'amène à m'intéresser à ce pays de l'Afrique australe.

La Zambie est un pays de 746.000 km2, et 10.649.000 habitants. Sa capitale, Lusaka, reste à l'image de ce que fut les territoires de cette ancienne colonie britanique et membre du Commonwealt. C'est-à-dire austaire et très british.
Avant l'arrivée des européens, les Zambiens vivaient en chefferies. En 1853, l'Angleterre envoie l'explorateur David Livingstone, un Missionnaire protestant, dans l'exploration des terres lointaines et vierges d'Afrique équatoriale et australe. Dès 1849, l'Angleterre inaugurait une série de voyages expéditionnaires sur le continent africain. Livingston sera ainsi récruté pour en faire partie.
Ainsi, avec Sir Henry Morton Stanley, (partie à sa recherche et qu'il retrouva en 1871), les deux hommes recherchaient, en vain, les sources du fleuve Nil. Séparés, l'aventurier David Livingstone fera des rencontres inattendues et surprenantes, en observant des colonnes des Noirs enchaînés et ramenés de forces vers la mer pour l'île de Zanzibar, en tant qu'esclaves des arabes et des européens. Livingstone dénoncera vigoureusement ces pratiques barbares qu'il a lui-même vérifié en Afrique noire. Pourtant, l'Empire britanique va faire table rase avec les richesses minières de ces terres qu'il a conquis par les armes. La Zambie, pays riche en minérais de cuivres sera passé aux mains des britaniques.
Sur le plan géographique, la Zambie est favorisée par la nature. Le pays a un climat tropical temperé par l'altitude formée surtout de collines et de plateaux. La majorité de la population vit de l'agriculture : surtout le maïs.
Les richesses minières de la Zambie sont : le cuivre, le cobalt, le fer, l'or, le diamant, l'argent, et tant d'autres minérais encore.
Ce sont ces mines qui fournissent l'essentiel des ressources commerciales du pays qui souffrent pourtant de son enclavement. Surtout pour évacuer ces mines par mer. La Zambie doit compter sur ces pays voisins que sont le Mozambique, l'Angola, ou voire même, l'Afrique du Sud.
Les pays voisins de la Zambie sont : à l'est, le Mozambique, le Malawi ; au sud, le Zimbabwé et la Namibie, au nord par la république démocratique du Congo ; et à l'ouest, l'Angola. ( A noter qu'une bande de Caprivi, de la Namibie, sépare la Zambie au Botswana ! ).
La langue officielle du pays est bien sûr l'anglais, mais le swahili et d'autres langues zambiennes sont usuellement répandues.
Les principales villes sont, outre Lusaka la capitale, il y a les villes de Kabwe, Livingstone, Chingola, Mufulisa, Mazabuka, Choma, Zambezi, Katabo, Kataba, Nyimba, Lundazi, Isoka, Luanshya, Kalulushi, Kitwe-Nkana, Chililabombwe, Mbala, Mpika, Mimilunga, Ikelenge, Kabompo, Lukulu, Mongu, Senanga, etc...

La Zambie a connu ces dernières années des difficultés économiques et politiques considérables. Pour amortir la crise économique, il a fallu que l'Etat fasse appel à l'aide du FMI (Fonds Monétaire^International), pour sortir le pays du chaos qui s'installait.
Sur le plan politique, après Keneth Kaunda, en 1964, (il est resté trop longtemps au pouvoir), en 1990, c'est le président Frederick Chiluba qui va le remplacer, dès 1991, suite aux élections multipartites. Leader de l'opposition hier, Chiluba assurera aussi deux mandats présidentiels. Après un premier mandat, de 1991 à 1996, il sera reélu encore pour cinq ans.
En 2002, Lewy Mwanawasa devient le troisième président de la république, depuis Keneth Kaunda.

La partie historique de la Zambie est aussi intéressante, comme on va le voir. Ce qu'on nommait hier encore, la Rhodésie du Nord, du nom de Cecil Rhodes (de la British South Africa Company, qui attirait l'attention du puissant Empire Britanique de s'intéresser davantage à ces terres riches en cuivres).
Dès 1899, le pays est entièrement occupé par les Britaniques. La zone d'occupation britanique est divisée, en 1911,en deux régions : la Rhodésie du Nord (l'actuelle Zambie), et la Rhodésie du Sud (l'actuel Zimbabwé, de l'indéboulonnable Robert Mugabé. Autre pays très riches en minérais).
En 1923, la Rhodésie du Sud accède à l'autonomie, tandis que la Rhodésie du Nord reste une colonie britanique. Dès 1924, d'importants gisements de cuivre sont encore découverts.
Vingt ans plus tard, un mouvement nationaliste se constitue, et cette année-là, c'est-à-dire nous sommes en 1948, c'est Keneth Kaunda qui prend la tête de ce mouvement d'indépendantistes. Pour parer à tout, les Britaniques créent une fédération en 1953, unissant les deux Rhodésies et le Nyassaland (l'actuel Malawi).
Dix ans plus tard, et sous la pression des révendications nationalistes, cette fédération est dissous.
En 1964, la Rhodésie du Nord accède à l'idépendance sous le nom de "Zambie". Keneth Kaunda en devient le premier président de la jeune république naissante.
Il faudra attendre la vague de la démocratisation un peu partout en Afrique, pour qu'enfin la Zambie adopte le système du multipartisme, et qui conduira aux élections libres. Après Frederick Chiluba, c'est naturellement Lewy Mwanawasa qui prendra la place de la présidence après ces élections libres et démocratiques. (Toujours contestées comme souvent le cas par l'opposition qui dénonce les fraudes massives)...

La semaine prochaine, je clôturerai momentanément ce tour d'horizon de chaque lundi, et qui me permettait de poser mon regard sur certains pays d'Afrique. J'avais commencé par le Nigéria, puis une semaine angolaise, la Namibie qui fut le troisième pays, et enfin aujourd'hui, la Zambie. La semaine prochaine, le dernier pays à visiter sera le Congo-Brazzaville. Un pays que je connais bien. Un pays de l'Afrique centrale. Ce pays qui fait partie des nouveaux pays riches en pétrole tant convoité.
L'actuel président, Denis Sassou-Nguesso, est à la tête du pays depuis 1997, et ce, pour la deuxième fois, après des violents combats opposant ses partisans, à ceux de son prédécesseur, le président Pascal Lissouba. Denis Sassou Ngouesso s'est autoproclamé président de la république (poste qu'il avait déjà occupé auparavant, de 1979 à 1992), après la victoire par les armes de ses partisans. Le président Denis Sassou-Ngouesso est confirmé à son poste en 2002, après cette fois-ci une élection présidentielle, qui sera d'ailleurs boycottée par une partie de l'opposition. Je reviendrai sur ce pays dès lundi 11 juin.

Pour terminer sur la Zambie, je dirai que je garde enfin le souvenir de l'ancien président zambien Keneth Kaunda, qui, en se quittant à l'aéroport de La Valette, dans cette île de Malte, et qui me disait : "Le chemin tracé par les aînés, tout juste sortis des indépendances des années soixante, ce chemin-là conduira inévitablement à l'unification de l'Afrique. Tôt ou tard !".
J'aimerai bien lui croire et partager cet optimisme.
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