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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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Procès des médecins de Nuremberg

Le Serment d'Hippocrate : <Je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité dans l'exercice de la Médecine. je donnerai mes soins gratuits à l'indigent et n'exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail. Admis dans l'intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s'y passe, ma langue taira les secrets qui me sont confiés, et mon état ne servira pas à corrompre les moeurs ni à favoriser le crime.  Respectueux et reconnaisant envers mes Maîtres, je rendrai à leurs enfants  l'instruction que j'ai reçue de leurs pères. Que les hommes m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ! Que je sois couvert d'opprobre et méprisé de mes confrères si j'y manque.> Alors, si le serment d'Hippocrate qûe prêtent habituellement les étudiants en médecine lors de la soutenance de leur thèse régit les règles de la confraternité entre médecins, l'égalité des hommes devant la maladie, prône la défense de la vie et le respect du secret médical, au regard de ce qu'a connu l'humanité, on peut le dire sans rougir, qu'avec le progrès de la science et surtout de la médecine, dont on sait l'importance pourtant, ce serment est souvent foulé aux pieds par certains chercheurs ou médecins pour des raisons qui dépassent notre compréhension. On a donc le droit de nous intérroger.

Le professeur Bruno Halioua, qui a accompli depuis plusieurs années un travail remarquable et de pionnier dans la révélation du rôle des médecins durant la seconde guerre mondiale de 1939-1945, vient de publier un ouvrage qui fera date. Son livre que je viens de finir la lecture et qui s'intitule "Le procès des médecins de Nuremberg" donne froid dans le dos, au vu de certains discours actuels qui ne sont pas loin de ce que la même Europe a connu il n' y a pas si longtemps. Ce procès des médecins pose en effet des problèmes d'une exceptionnelle gravité. Adolf Hitler et ses sbires sont responsables de ce crime contre l'humanité.  Le professeur Halioua nous montre dans son livre que ce projet d'extérmination d'un peuple ou d'une race, n'est pas toujours l'oeuvre des fous comme on peut le penser.
Nous savons aujourd'hui, lit-on dans la préface du livre, que Josef Mengele n'était pas le pseudo-savant criminel, pervers, fou et solitaire qui rassurait, paradoxalement, comme image de repoussoir absolu dans les marges de l'humanité, et dont  l'étude aurait eu un caractère quasi tératologique. De même que les chefs des Kommandos SS de tueurs de juifs dans les confins de l'Ukraine, de Biélorussie ou des Pays baltes étaient volontiers docteurs en droits ou en philosophie, de même que les chefs des camps nazis étaient pour la plupart de bons pères de famille, Josef Mengele effectuait une superbe carrière professionnelle, assistant préféré d'un grand patron, von Verschuer (qui continuera assez tranquillement sa carrière après la guerre), et destiné aux positions médicales les plus prestigieuses. Après de brillants états de service sur le front russe, il était arrivé à Birkenau avec des ambitions scientifiques dans la recherche génétique, pour en faire un outil dans les  déterminations raciales plus fiable que la seule anthropométrie. D'où l'intérêt pour les jumeaux...
Dans le livre présent, on retrouvera d'ailleurs les agissements de quelques-uns des médecins allemands les plus connus ou ' prometteurs' de cette époque. Comme disait Christophe Browning dans son livre admirable intitulé "Des hommes ordinaires"(Ed.Tallandier, 2007) : < les monstres n'ont pas été les plus fréquents des assassins pendant la Shoah...> Il est déjà difficile d'admettre pour les hommes ordinaires, mais alors, des médecins ! Comment ont-ils pu, entre leur conscience, leur science et leur serment d'Hippocrate ? Les deux médecins responsables des expérimentations les plus abjectes sont donc, Sigmund Racher et J. Mengele. 
C'est là que l'étude du professeur Bruno Halioua porte le fer dans la plaie. Ces gens-là ont-ils agit par lâcheté professionnelle ? Pas sûr. "Car le nazisme fut avant tout une idéologie de la race à prétention scientifique", conclut le docteur Richard Pasquier, dans sa préface. Le livre sur le procès des médecins de Nuremberg amène à faire irruption de l'éthique médicale moderne.

Le 9 décembre 1946, s'est ouvert, à Nuremberg, le procès de médecins allemands, précédé de celui des dignitaires nazis. Le monde entier est encore sous le choc de l'ampleur et de la gravité des crimes perpétrés par les nazis et prend conscience de l'horreur de la Shoah.  L'accusation met en évidence la dimension particulièrement atroce des expérimentations médicales réalisées sur des êtres humains dans les camps de concentration. Ce procès dépasse largement les actions criminelles de quelques médecins dévoyés. Il s'agit du fondement même du nazisme et de sa prétention à ériger un autre code de comportement que celui des hommes ont finalement privilégié, au moins à titre d'horizon souhaitable, dans nos sociétés de libertés et de démocratie. 
Aujourd'hui, il est utile de garder notre vigilance. Lorsqu'en Europe, on parle d'immigration choisie, personne ne doit cautionner cela. En séléctionnant les individus, on finit par les classifier selon leurs spécificités mentales et physiques. L'Afrique est en train de subir une injustice inacceptable. En lisant les quelques deux-cents douze pages du livre de B.Halioua, nous sommes tombés sur des choses effroyables qu'on ne voudrait en aucune façon applicables à qui que ce soit : blanc, noir, jaune, juif, musulman, catholique, protestant, ou autres, etc. C'est tout simplement par principe moral et humaniste que nous refuserons toujours toute forme d'exclusion. Le procès de médecins Nuremberg  nous a ouvert les yeux.
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par Bruno Halioua, aux Editions Vuibert coll.Espace éthique, Paris, mai 2007. 212 pages.<br /> www.vuibert.fr
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