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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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Le Pacte Suisse du 1er Août 1291

L'une des plus grandes démocraties en Europe, la Suisse, célèbre sa 716ème fête nationale, en ce jour du 1er août 2007. Un peu d'histoire helvétique.
La date du 1er août, est symbolique. Elle témoigne de l'unification des cantons qui formèrent ce qu'est devenue aujourd'hui la Suisse. En fait, la Confédération signifiait au départ l'aliance de 1291 entre les communautés paysannes des vallées des Alpes centrale qui réunissaient l'Uri, le Schwyz et l'Unterwald, d'où est née de la résistance à la domination colonialiste des Habsbourg et de l'organisation de défense des routes des cols. Le Gothard, pivot de la Confédération, est à l'origine du commerce helvétique succédant à l'économie purement forestière des trois cantons fondateurs. Ce grand axe routier, aboutissant à la plaque tournante lacustre du lac des Quatre-Cantons, permettra l'entrée de Lucerne, clef de l'Ouest, comme quatrième canton de la Confédération.
Cette alliance des Cantons paysans sera égalitaire et démocratique. Mais du pacte d'août 1291 va naître la guériella contre les baillis des Habsbourg et, de ces escarmourches montagnards, une légende édifiantes. Nous le verrons plus loin avec une personnalité légendaire comme Guillaume Tell.
En 1315, près du village de Morgaten, six cents vaillants soldats, armés d'arbalètes, de fléaux et de fourches, mirent en déroute onze mille chevaliers de l'empereur d'autriche. De cette date jusqu'à Napoléon, aucune troupe étrangère ne pénétrera dans les vallées de la Suisse primitive : cinq siècles.

Depuis, l'histoire de la Suisse est celle de la consolidation de la Confédération et de l'adjonction de Cantons nouveaux aux Cantons primitifs. Cette pelote de terres et d'hommes libres a été patiemment arrondie en 687 ans, du Pacte de 1291 à l'autonomie du Jura, devenu 23è canton en 1978.
Ces paysans liberés par eux-mêmes et les bourgeois des cités libres auraient mérités de vivre en paix à l'intérieur de leur territoire mis à l'abri des invasions. Pourtant la misère et les querelles religieuses engendrées par le monde féodal et chrétien ne permirent pas à la Confédération de demeurer démocratique et égalitaire. Les aristocraties locales, enrichies par le commerce des cols, voulurent gagner plus encore grâce à l'exploitation des classes les plus démunies. La misère, et parfois la famine, imposa le trafic des mercenaires.
La methode était simple : elle consistait à louer les pauvres aux gouvernements étrangers, au roi de France, à l'empereur d'Allemagne et au pape. Des confédérés engagés par Louis XI contre le Téméraire à Morat, à ceux de Novare, de Marignan et des Tuilleries, innombrables furent "les Suisses" morts en soldats, c'est-à-dire en "recevant leur solde, d'où leur nom", ou en "chômeurs armés". La longue histoire de ces enfants perdus eut un double et curieux dénouement au cours de la Révolution française. 
Nul n'ignore le sacrifice des Suisses de Louis XVI le 10 août 1792. Il a nourri l'imagerie guerrière. On connaît moins l'aventure des Suisses mutinés à Nancy le 31 août 1790 dans le régiment genevois commandé par Lullin de Chateauvieux. Condamnés aux galères, quarante soldats enchaînés passant par Paris furent délivrés par la foule et absous par la Constituante. Leurs bonnets de bagne coiffèrent les Parisiens et devirent les bonnets phrygiens.
Marignan, où François 1er défit les Suisses au service du duc de Milan, ne mit pas fin à la puissance helvétique ni à l'emploi systématique des mercenaires. Ils mourront encore en 1527 au service de Clément VII en défendant les trésors de la papauté contre les bandes du connétable de Bourbon.

La décadence politiqe de la Confédération, protégée militairement par la simple réputation de ses rédoutables soldats, sera due aux querelles intérieures nées de la Réforme puis de la politique helvétique lors de la Révolution française et face aux ambitions napoléoniennes.
La Réforme suisse a été la plus spectaculaire et la plus durable. Cependant, au contraire de l'Allemagne, elle n'a pas été due à une nécessaire et urgente réforme des moeurs écclésiastiques. Moins dirigée contre le pouvoir central de la papauté et moins anti-monacale, elle fut l'oeuvre d'humanistes et d'un petit peuple citadin confronté au texte de la Bible imprimée. Zwingli, soldat-prêtre lié à Erasme, est sa figure de proue. Avec lui, la foi chrétienne retrouve la vertu de la Parole.
Soutenu par Oecolampade de Bâle, autre humaniste, son radicalisme l'opposera à Luther, mais ouvrira grande la porte de la Réforme calviniste. La prédication de l'Evangile retrouvé gagnait toutes les cités où circulait la Bible. Le coup d'arrêt vint des campagnes, des populations paysannes qu'aucun humanisme ne pouvait toucher.
Pour les rureaux des cantons primitifs, pour Schwyz surtout enrichi par les guerres, Zwingli était doublement satanique: par ses attaques contre les croyances admises et, surtout sans doute, par la dénonciation du service mercenaire faite par cet ancien soldat.
Pour ces hommes frustres, la redoutable question du salut se posait: si Rome s'était trompée, qu'allaient devenir les âmes confiées à Dieu par l'Eglise catholique ? Allait-on condamner l'au-delà et vouer les ancêtres à l'Enfer ? 
Ainsi la recherched'un foi refléchie se heuretait aux intérêts matériels et à la scolastique. Seule la force pouvait trancher la querelle. Les citations n'avaient guère de chance face aux professionnelles de l'arbalète et de l'arquebuse. Les protestants furent vaincus et Zwingli tué en 1531. Un partage se fit entre le culte et la messe. Les zones d'influence resteront pratiquement inchangées: Bâle, Berne, Schaffhouse et Zürich aux hérétiques; Fribourg, Lucerne, Schwyz, Unterwarld, Uri et Zoug aux papistes. La Suisse alémanique, unitaire par la langue, était coupée en deux par la théologie.
Dans Genève, et dans le canton de Vaud habilement mais brutalement amené par Berne dans le giron protestant, Calvin va repenser la Réforme. Autre humaniste formé par la traduction du <De Clementia> de Sénèque, il aurait pu méditer sur cet aphorisme de son maître: "Pendant que nous sommes parmi les hommes, pratiquons l'humanit." Intellectuel sans tendresse, prédicateur parfait, théologien habile et théoricien rigoureux, il ouvrira aux huguenots la voie royale de la démocratie protestante, mais sera le bras séculier d'un contre-terrorisme peu chrétien, et surtout peu humaniste, et le fondateur spirituel du capitalisme bancaire genevois.

Dans la Confédération où s'affrontent mais cohabitent langues et religions, l'histoire passe, uniforme, sans laisser derrière elle s'installer de grands hommes exemplaires. Guillaume Tell est légendaire et chacun le sait. Nicolas de Flue (1412-1487), citoyen pratiquant les vertus civiles et domestiques, puis sage retiré du monde, enfin médiateur empêchant par sa seule influence la guerre entre Soleure et Fribourg, est avant tout un saint personnage. Les réformateurs sont grandis par la foi, non par la politique. Le peuple seul a droit de cité.
En Suisse, les personnalités ne manquent pas. Mais elles s'épanouissent souvent dans une anonyme place technique ou s'expatrient. Des exemples, il y en a. Ainsi le mercenaire calviniste François Lefort, intégre parmi les honnêtes, contribuera à la fortune de Pierre le Grand, gèrera les finances du tsar, deviendra amiral de sa flotte, vice-roi de Novgorod, et mourra sans un sou de côté. Ainsi Necker, auprès de Louis XVI, conseillera les aristocrates pour le placement de leurs capitaux à Genève ou à Londres, alors même que les Suisses lucernois s'apprêtaient à mourrir sur les marches des Tuilleries.
Des conflits à la fois idéologiques et économiques opposeront les cantons catholiques et protestants, et ces derniers à la maison de Savoie. Peu à peu, face aux seigneuries querelleuses, une classe nouvelle assume le destin des villes. Maîtresse du commerce et de l'artisanat devenant industrie, la bourgoisie est prête à la relève. Elle redécouvre avc prudence les principes égalitaires et démocratiques chers aux fondateurs des cantons forestiers. Confisqués par les familles patriciennes, ils ressurgissent avec Rousseau puis s'infiltrent avec les armées du Directoire et de Bonaparte. Structurée en un ensemble de vingt-deux cantons-Etats par le Pacte fédéral de 1815, la Suisse connaîtra un cycle de tentations libérales étoufées par le conservatisme toujours rennaissant.

Avant de triompher avec la Constitution de 1848, la démocratie va être mise à rude épreuve lors de la guerre dite de Sonderbund. L'Etat suisse échappera de justesse à une sécession mortelle. Ce conflit sera le dernier affrontement entre cantons catholiques conservateurs (Schwyz, Uri, Unterwald, Zoug, Lucerne, Fribourg et le Valais), fondateurs du pouvoir fédéral où les radicaux anticléricaux ont la majorité. Le général Dufour, chef pacifique des services de la topographie, fut plus un médiateur qu'un guerrier. En deux mois il réduisit l'insurrection presque sans effusion de sang. Les jésuites paieront cette aventure politico-religieuse par leur expulsion de Suisse. La Confédération recimentée y gagnera une constitution fédérative. 
La neutralité suisse s'apparente à l'Esprit de Genève, qui est la médiation et l'humanisme. Les Suisses ont sillonné l'Europe, durant des siècles, les armes à la main. Beaucoup de ses soldats sont morts au combat étranger; d'autres, surtout les officiers, se sont enrichis par le butin; certains, comme Zwingli, sont retournés chez eux profondément choqués par les horreurs de la guerre.  La notion d'arbitrage hantait depuis longtemps nombre d'esprits en Suisse. Précurseur de l'abolitionisme en matière de peine de mort, le comte Jean-Jacques de Sellon fonde en 1830, à Genève, une Société de la Paix. Elle est l'ancêtre de la Société des Nations, et de l'Organisation des Nations Unies. La Suisse a toujours compté nombre de philanthropes. Parmi eux, Henri Dunant est exemplaire. C'est lui le fondateur de la Croix-Rouge. 
La Suisse neutre, c'est aussi cette neutralité, alliée du libre-échange, de la circulation des monnaies et du secret bancaire, qui a fait de la Suisse un coffre-fort inexpugnable. Mais les banques, sociétés d'affaires, n'ont pas à pratiquer le secours mutuel. Comme partout dans le monde, les banques sont aveugles en matière morale.
Les reproches adressées au monde bancaire suisse sont-ils d'autant plus violents que la société helvétique peut être justement fière de l'honnêteté foncière de ses citoyens ?

Avant de clore cette partie historique de la Suisse, revenons en arrière pour dire que le pays ne manque pas non plus de personnalités légendaires qui ont forgé le mental helvétique. Guillaume Tell est un grand personnage de cette légende. Le personnage de cet homme est le symbole du paysan traqué par le bailli autrichien.
En état de légitime défense, il abat Gessler d'une flèche afin de conserver sa dignité et sa famille, sa terre et sa liberté. Gessler était un administrateur,(le bailli) des cantons d'Uri et de Schwyz. Un jour d'automne 1307 il fit dresser sur la place d'Altdorf une perche coiffée de son chapeau aux couleurs de l'Autriche. Chaque passant devait plier le genou en hommage à l'empereur et à son représentant Gessler.  Guillaume Tell, citoyen de Bürglen et excellent tireur à l'arbalète, vint un jour à Altdorf avec son fils et refuse de s'incliner devant le chapeau !  Gessler, furieux, connaissant son talent, obligea Guillaume Tell à viser une pomme placée sur la tête de son fils Walter. Guillaume Tell contraint d'obéir, choisit deux flèches, plaça l'une dans son carquois, l'autre à son arbalète et se prépara à tirer après une courte prière. La flèche partit et atteignit la pomme en plein coeur. Gessler admira ce coup de maître mais voulu savoir pourquoi Tell avait placé une seconde flèche dans son carquois. Il répondit : " C'est une coutume des  tireurs d'ici. Cette autre flèche vous était estinée si j'avais touché mon fils et je n'aurais sûrement pas manqué mon but."
Pâle de rage, Gessler fit saisir Guillaume Tell et l'enchaîna sur son bateau afin de l'enfermer dans son chateau de Küssnacht. Une violente tempête s'élèva alors sur le lac. Les Autrichiens ne sachant où ni comment diriger leur bateau relâchèrent les liens de Guillaume Tell et lui ordonnèrent de les conduire en lieu sûr. C'est qu'il fit. Mais tout à coup, d'un bond prodigieux, il sauta de la barque sur un rocher plate (la Tellsplate) et s'enfuit dans les bois jusqu'aux environs de Küssnacht. Il attendit Gessler dans un chemin creux et le tua.
Tous les Suisses se reconnaissent dans le courage de ce Guillaume Tell qui entra dans la légende.

Malgré leurs diversités culturelles, surtout régionales et linguistiques, les Suisses cultivent un nationalisme et un patriotisme qui peuvent surprendre. "Y en a point comme nous !", disent-ils. Ils votent sur tout. Ils disent "oui" lorsqu'il faut dire "non", et inversement. Têtus mais parfois maléables, l'esprit suisse l'emporte souvent lors des décisions collectives. Pays multiculturels, aujourd'hui, un Suisse sur deux a des racines (ou d'origines) étrangères. Cette situation binationaliste n'enlève en rien un attachement à l'helvétie. Le drapeau rouge à la croix balnche prend tout son sens en ce jour du 1er août qui sera célèbrée dans tous les cantons, partout dans le pays.


Voici la Suisse en bref, et quelques dates et événements importants du pays :

La Suisse est un pays de 41.293 km2, avec une population de près de 8 millions d'habitants. Sa capitale est Berne. Ses villes principales sont : Zürich, Genève, Bâle, Lucerne, Lugano, Saint-Gall, Lausanne, Fribourg, Neuchâtel, Davos, Saint-Moritz. Les quatre langues officielles sont : l'allemand, le français, l'italien et le romanche. 
La Suisse est un Etat fédéral de 23 cantons. Chaque canton a une souveraineté interne et une constitution. Sa Constitution fédérale date de 1874. Le siège du gouvernement se trouve à Berne. L'Assemblée fédérale (ou le parlement), formée du conseil national (élu pour 4 ans), du conseil des Etats (élu par les cantons), est l'autorité suprême et élit l'exécutif, le conseil fédéral.
Le président de la Confédération (Chef de l'Etat) est élu pour un mandat d'une année. Un comité de Sept Sages (Conseillers fédéraux) dirigent, gouvernent, et se relayent à la présidence, par un système de rotation annuelle, après votation.
La Suisse dans l'histoire :
58 avant J.C. Battus à Bibracles, les Helvètes se réinstallent dans les Alpes.
47 après J.C. Ouverture de la route du Grand Saint-Bernard.
260.  Invasions alamanes.
443.  Invasions burgondes.
1191. Fondation de Berne.
1225. Ouverture de la route du Saint-Gothard.
1240. Schwyz obient l'immédiateté impériale.
1291. Pacte d'alliance entre les cantons d'Uri, de Schwyz et de Nidwald.
1315. Victoire des Confédérés à Morgaten : renouvellement de l'alliance.
1387. Réunion du premier Landsgemeinde de Glaris.
1460. Fondation de l'Université de Bâle.
1515. Défaite des Suisses à Marignan : début de la politique de la neutralité.
1523. Les 67 thèses de Zwingli : début de la Réforme à Zürich.
1536. Calvin introduit la Réforme à Genève. 
1545-63. Contre-Réforme.
1685. Révocation de l'Edit de Nantes; les Huguenots affluent en Suisse.
1755. Fondation de la première banque à Zürich.
1798-1803. Etat unitaire de la République Helvétique.
1802.  Premier grand hôtel : les <Trois-Rois> de Bâle.
1815. Congrès de Vienne : reconnaissance de la neutralité suisse.
1823. Premier bateau à vapeur sur le Léman.
1842. Première traversée Chamonix-Zermatt à pied par les glaciers.
1847. Guerre du Sonderbund. Première voie ferrée Zürich-Baden.
1848. Constitution fédéfrale. Berne ville fédérale.
1852. Premier hôtel de montagne : le <Monte-Rosa> à Zermatt.
1854. Fondation de l'Ecole Polytechnique fédérale à Zürich.
1855. Première du mont Rose, sommet de la Suisse.
1863. Fondation de la Croix-Rouge, du Club Alpin Suisse et construction du premier refuge de haute montagne.
1865. Conquête et catastrophe du Cervin.
1877. Première crémaillère au Rigi.
1894. Raid à ski de Davos Arosa (Conan Doyle).
1902. Etatisation des chemins de fer : CFF (Chemin de Fer Fédéral)
1904. Fondation de la Fédération Suisse de Ski.
1905. Premier concours de ski à Glaris.
1906. Percement du Simplon, plus long tunnel.
1907. Construction du premier téléphérique à Grindelwald.
1912. Inauguration du chemin de fer du Jungfraujoch.
1913. Premier survol des Alpes de Berne à Sion et Milan.
1920. La Suisse entre dans la Société des Nations.
1928. Deuxième Jeux Olympiques à Saint-Moritz.
1931. Première de la face nord du Cervin.
1938. Concert de Toscanini à Lucerne : prélude au Festival. Première de la face nord de l'Eiger.
1940. Le général Guisan fait prêter serment à ses officiers de défendre la Suisse.
1948. Cinquièmes Jeux Olympiques à Saint-Moritz. 
1960. Les CFF entièrement électrifiés.
1971. Les femmes obtiennent le droit de vote sur le plan fédéral.
1978. Création du canton du Jura par votation fédérale.
1980. Ouverture du tunnel routier du Saint-Gothard.
1999. La Suisse prône l'ouverture et premier pays apprécié à l'étranger.
2006. 46.711 étrangers deviennent Suisses. Malgré le discours xénophobe d'extrêmistes.
2007. 21% d'étrangers vivent en Suisse qui ne fait toujours pas partie de l'Union Européenne.
2007. Micheline Calmy-Rey (PS) président de la Confédération helvétique.
C'est elle qui inaugure la 716ème fête nationale du 1er Août sur la plaine du Grütli.
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R
Le pacte suisse risque-t-il de s'effriter ? En tout cas c'est la crainte des Hélvètes après la victoire au forcing du principal parti populiste UDC, qui devient de ce fait le premier parti du pays. Leader devant le parti socialiste suisse, l'UDC déroule sans complexe son rouleau compresseur en écrasant tous les partis du pays hélvète. Son affiche avait pourtant donné le ton sur une campagne sur le thème franchement xénophobe et raciste. Malgré cela, les Suisses se sont précipiter en masse pour voter pour ce parti populiste, raciste et contre tous les étrangers. Sa campagne a porté ses fruits, jouant sur la sensibilité des Suisses. Le parti est contre l'Union européenne. Les Suisses ont montré qu'ils sont pour la majorité contre les étrangers, alors même que ce pays s'est enrichi derrière la fortune des étrangers placés dans leurs coffre-forts bancaires. Le populiste Christophe Blocher, leader de l'UDC est membre actuel du gouvernement. Il dit qu'il veut changer le système politique en Suisse, qui pourtant, fonctionnait bien jusqu'à maintenant. Les Suisses veulent vivre isolés au coeur de l'Europe et espère jouïr seuls de leurs prospérités économiques. Pourquoi ces affiches des moutons blancs chassant les moutons noirs ont-elles fonctionné ? En vérité, la Suisse a peur du lendemain. Peur de sa démographie en déclin. Peur des autres, les étrangers qui tiennent à observer un peu plus près ce pays dont tout n'est pas toujours honnête, loin de là. La neutralité suisse n'est-elle pas une façon de ne pas mêler des affaires des autres en s'emmêlant discrètement ? Le secret bancaire garde biens des affaires louches. La Croix-Rouge est une généreuse institution mais pas toujours philanthropique. La Suisse figure parmi les pays vendeurs des armes dans les pays en conflits. Cette contradiction fait de la Suisse un pays curieux.
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K
La démolition rampante de l’identité suisse par l’UDC<br /> <br /> Depuis quelques années, l’UDC occupe les devants de la scène politique suisse en véhiculant une image haineuse de l’étranger (Europe, musulmans, Albanais, Noirs, etc.). Avec succès. Le quasi plébiscite que soulève ce parti vaut-il adhésion à ses visions du monde et de la société ?<br /> <br /> Je suis Noir et Suisse. Comme Saint Maurice, ce Suisse avant l’heure et très officiel Saint patron de notre pays (il sauva jadis d’un génocide les habitants), mais dont les origines africaines (Nubie) sont souvent cachées comme une maladie honteuse… Ma double appartenance me suggère une double lecture du phénomène UDC et de son impact sur l’identité suisse. La campagne d’affichage mettant en scène des moutons est à cet égard sans ambiguïté dans ce décodage. <br /> Malgré les dénégations de ses promoteurs, ces campagnes mettent en avant une vision indéniablement raciste et xénophobe. La messe a été dite au sujet de l’affiche sur les moutons en particulier. La présidente de la Confédération, Micheline Calmy-Rey, l’a trouvé « nauséabonde ». « Puante ! », a renchéri le maire de Genève, Patrice Mugny. « Fascisme ! » s’est écrié le conseiller fédéral Pascal Couchepin. La société civile, notamment africaine, ainsi que l’ONU, ont eu de fortes réactions. Toutefois, si je suis profondément blessé dans ma dignité de Noir, le citoyen suisse que je suis est dans la perplexité face au carnage sur l’identité suisse auquel se livre impunément l’UDC par ce biais. La dérive est encore plus amplifiée par l’utilisation emblématique du drapeau suisse, un symbole de l’identité nationale. Parmi les nombreux signes de cette dérive, j’en citerai juste quatre. <br /> <br /> 1. Quand l’UDC blanchit des criminels !<br /> <br /> Où sont les criminels suisses sur l’affiche de l’UDC ? En effet, laissons de côté le mouton noir et sa victimisation. Mettons en avant l’essentiel, le but affirmé par l’UDC : « Pour plus de sécurité », donc en principe contre tout criminel ! Si le mouton noir ne représente que les criminels étrangers et non les étrangers, ni les Noirs, que sont alors les criminels suisses selon une expression bien de chez nous, des moutons blancs ? Uniquement parce que suisses, ils peuvent se confondre avec le reste de la population (composée de Suisses et d’étrangers) ? On le voit : l’affiche de l’UDC, par la discrimination qu’elle opère entre criminels, blanchit les autres moutons noirs suisses et rend fréquentables nos criminels. <br /> « Dieu merci, c’est un gars bien de chez nous, l’assassin de notre fille ! » Devrait-on imaginer pareil propos dans la bouche des parents de la petite Ylenia en découvrant l’origine suisse du meurtrier ? Un procédé de mutation propre à l’UDC crée ainsi deux types de criminels: les « propres », suisses, mutant moutons blancs, et les « sales », étrangers, qui restent moutons noirs. Blanchir nos moutons noirs est-il la nouvelle façon de décliner l’image de « la Suisse, pays du propre en ordre » ? Notre ministre de la justice a approuvé : « cette affiche ne me dérange pas » ! Avec, à l’unisson, la majorité de mes compatriotes. Qui applaudissent !<br /> UDC et police, même combat ? On retrouve ce même réflexe complaisant discriminatoire chez les policiers dans leur lutte contre la drogue, comme le démontrent les révélations sur la police lausannoise : la décriminalisation passive des criminels « propres » face aux « sales ». Ainsi, les consommateurs de coke ne sont jamais pourchassés au faciès par la police, ni stigmatisés par la presse, ni recherchés par les statisticiens autant que les petits dealers africains, ces criminels « sales » vitupérés de partout. St-Moritz, classée par l’ONU au 6ème rang mondial des villes cocaïnomanes, avec Zürich et Bâle dans le Top 10, ne connaît pas de descentes de police dans les fêtes de la jet-set, hauts lieux d’overdoses. Pourtant l’art.19 de la Loi sur les stupéfiants criminalise mêmement vendeurs et consommateurs ! Nul doute que si les polices du pays faisaient leur travail conformément à la loi, l’explosion de la criminalité ne serait pas du côté où l’on veut bien la voir …<br /> <br /> 2. La fin de la Suisse aseptisée ?<br /> <br /> « L’argent n’a pas d’odeur ». Cette maxime est universelle, bien que de tous, les banquiers suisses sont ceux qui la chérissent le plus. Mais, nous Suisses, sommes en train d’affirmer un nouveau trait bien à nous : l’aseptisation de la haine envers l’autre. Car le discours « nauséabond » et « puant » de l’UDC ne semble faire imploser les narines de la majorité de mes compatriotes. Dans certains journaux, des analystes de renom n’y voient que simples provocations . « Je suis un provocateur ! » revendique du reste M. Blocher. Au point que, de plus en plus, nous donnons l’image surréaliste d’un peuple désormais en apnée olfactive sous les eaux boueuses que nous déverse l’UDC. Fini, l’image du pays aseptisé !<br /> La Suisse va-t-elle devenir au cœur de l’Europe une fosse septique à éviter ? Combien de temps les touristes arabes, chinois, indiens qu’attirent les tours operators suisses vont-ils s’accommoder de ces effluves qui s’installent ? Le discret mouvement de délocalisation qui se dessine au sein des institutions internationales est-il si anodin ? Il y a un mois, la Suisse de l’UDC a été appelée le « cœur des ténèbres » par The Independent (7.9.2007) de Londres. Mais la majorité de mes compatriotes n’en a cure. Comme envoûtée par la pestilence qu’exhale l’UDC, elle applaudit et en redemande !<br /> <br /> 3. De l’excellence au rebut : la Schweizer Qualität<br /> <br /> « Y’en a point comme nous ! ». Ce credo était souvent entonné au moment où j’ai débarqué en Suisse en 1975. A l’époque, les initiatives Schwarzenbach contre les Italiens, Portugais et autres Espagnols qui rendaient « la barque pleine ». Le pays était parmi les premiers de classe avec son franc fort, son plein emploi, son niveau de vie très élevé. Le Swiss Made (couteau suisse, chocolat, montres, etc) était très convoité. Les joyaux de notre engagement humanitaire (Croix-Rouge) et international (siège onusien, bons offices) imposaient le respect. Bref, dans le monde entier, notre identité se déclinait sous le mode de l’excellence et du prestige. <br /> Aujourd’hui encore, ces clichés ou mythes gonflent notre ego et participent à la construction ou au renforcement de notre identité. Alinghi, Swatch ou Federer sont venus renforcer cette excellence suisse. Mais cette identité flamboyante est en voie de se ratatiner et de s’effacer sous les éclaboussures du boueux label Schweizer Qualität des affiches de l’UDC. Et dont la clientèle n’est pas des plus recommandables : Jean-Marie Le Pen, Jörg Haider n’ont qu’éloges pour l’UDC. Le NPD néonazi allemand a adopté l’affiche aux moutons… Ainsi donc, le « Y’en a point comme nous ! » résonne de plus en plus dans les égouts. Mais nombre de mes compatriotes applaudissent et battent au rappel !<br /> <br /> 4. « J’exclus l’autre, donc je suis »<br /> <br /> Ceux qui scellèrent le serment du Grütli doivent se retourner dans leur tombe. Certes, l’identité suisse est née de l’acte fondateur de 1848. Il n’en reste pas moins que les trois premiers cantons, en se liguant en 1291 contre un danger commun, ont su préserver sur le nouvel espace de leur destinée commune une valeur qui allait marquer le processus conduisant à 1848 et au-delà : le respect de la différence et de la diversité. L’identité suisse va ainsi se construire et se définir sous cette équation : « j’inclus l’autre, donc je suis ».<br /> Aujourd’hui, auto-proclamée championne du patriotisme, l’UDC inscrit sur les fonds baptismaux l’identité suisse à l’envers : « j’exclus l’autre, donc je suis ». Cette équation est même en passe de devenir une doxa. Les Suisses qui ne la partagent pas subissent le même sort que les condamnés à l’exclusion : ils n’ont plus droit au respect, deviennent traîtres à la patrie ! A l’inverse, tous ceux qui braillent contre les étrangers se voient gratifiés de toute la considération et l’impunité dues aux « vrais Suisses ». Le conseiller fédéral Blöcher peut mépriser et porter atteinte à nos traditions, lois et institutions, même à l’étranger, aucun désaveu populaire ne vient sanctionner ces graves écarts au politiquement correct helvète. Au contraire, mes compatriotes applaudissent, ravis !<br /> <br /> On le voit. Mes repères identitaires sont éclatés, brouillés. Et mon cas est loin d’être unique. Que signifie être Suisse aujourd’hui, demain ? Est-ce être estampillé Schweizer Qualität ? Y sommes-nous condamnés ? Au Luxembourg (36% d’étrangers contre 20% en Suisse) le « trop d’étrangers », criminels compris, est loin de produire une UDC. <br /> Aussi les prochaines élections sont-elles plus que cruciales. Elles ne porteront pas que sur le renouvellement du parlement, ni uniquement sur un plébiscite pour ou contre un certain conseiller fédéral. Elles détermineront surtout notre choix pour un nouveau projet de société. Un triomphe de l’UDC ne sera pas sans conséquence sur cette Suisse que nous voulons différente, un pays de la diversité active, du respect de l’autre, de l’excellence.<br /> <br /> Signe des temps ? La récente marche triomphale du peuple UDC sur Berne s’est réduite, en raison d’une énergique contre-manifestation, à un happening du côté de… la fosse aux ours ! Comme pour symboliser leur (très politique) retour aux hommes des cavernes ? …<br /> <br /> Mutombo Kanyana, dr*<br /> <br /> * Politologue, ancien chargé du programme de lutte contre le racisme à l’UNESCO, secrétaire général du CRAN-Observatoire du racisme anti-Noir en Suisse, consultant international et journaliste
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J
japprecie ton commentaire sur la suisse tres bien mom ami.........
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A
Heureux peuple suisse...!
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