Lorsque le roi Albert II lui a confié la mission, le 15 juillet dernier, de former un nouveau gouvernement fédéral, la Belgique dans son ensemble, a cru enfin à la fin d'une crise qui semblait perdurer. Mais la Belgique est un pays parfois pas facile à diriger pour un premier ministre nouvellement nommé.
Yves Leterme, le leader des Chrétiens-démocrates flamands n'est donc pas parvenu à mettre d'accord les quatre partis Libéraux et Chrétiens démocrates (flamands et francophones). Deux mois plus tard, il est contraint de démissionner. Le roi Albert II n'a pu qu'accepter le 23 août, cette démission qui semblait prévisible.
Le souverain belge se voit obliger de nommer une autre personnalité politique belge, capable de réduire les tensions et d'ébaucher de nouvelles discussions entre les partis, et sans doute, d'autres formations.
Monsieur Yves Leterme avait essayé de négocier entre Libéraux et Chrétiens-démocrates, en vue de cette coalition dite "L'Orange bleue". L'intransigeance des centristes francophones n'a fait que conforter cette rupture. Les francophones reprochaient aux flamands de vouloir obtenir de nouveaux et importants transferts de compétences au profit de leur région.
Certes, Yves Leterme avait triomphé en Flandre mais la Belgique est un pays qu'il faut tenir compte de certaines susceptibilités régionales et linguistiques. Les réformes du gouvernement du premier ministre Y.Leterme voulaient une majorité ' spéciale' au Parlement, soit les deux tiers dans les deux assemblées et une majorité dans chaque groupe linguistique, ce que le parti centriste a catégoriquement réfusé.
Les Libéraux francophones du Mouvement Réformateur étaient prêts, quant à eux, à discuter de certains points, à condition qu'ils ne touchent pas à la fiscalité, à l'impôt des sociétés ou à la sécurité sociale, comme le réclament le partis flamands. Les négociateurs n'ont donc pas eu le temps d'aborder le sujet sans doute le plus périlleux, car le plus symbolique des tensions entre Belges : la scission de l'arrondissement politique et judiciaire, jusqu'ici bilingue, de Bruxelles-Hal-Vilvorde.
La crise était désormais installée entre le gouvernement et les partis. Le programme socio-économique d'un futur gouvernement n'a été que survolé jusque là. Mû de toutes ces tensions, constatant l'impuissance de trouver un accord, le premier ministre n'a pu que tirer les conclusions. Sa démission était devenue inéluctable.
Les choses ne seront pas si simples ni pour les flamands, ni pour les francophones. Pour ces derniers, ils sont plus divisés qu'avant l'ouverture des discussions et le parti socialiste, longtemps dominant, paraît d'autant moins désireux de se mêler aux discussions que les libéraux de Flandre et de Wallonie ont tot fait pour l'en écarter.
La formation d'un nouveau gouvernement , et surtout la nomination d'une personnalité providentielle permettront peut-être d'éviter une grâve crise dans ce royaume de la Belgique.