Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

Publicité

RDCongo : Difficiles missions de l'ONU

Ce grand pays d'Afrique centrale connaît depuis quelques années les divergences politiques profondes entre le gouvernement et l'opposition à l'actuel président Joseph Kabila. Déjà en proie à une situation chaotique de crise intérieure, avec surtout ce problème des réfugiés, le Congo se voit lui-même vivre cette situation avec ses voisins, le Rwanda, le Burundi, l'Ouganda, le Soudan, l'Angola et la Zambie. 
Selon l'ONU, la fin de la guerre n'a pas ramener la paix, ni stopper l'afflux des réfugiés venus de l'Est. Au contraire, les tensions politiques existent toujours. Le pays comptabilisait 30.000 morts mensuellement au début des conflits armés à l'est. Sans compter les catastrophes humaines. Pour l'Organisation des Nations Unies, la République démocratique du Congo devrait figurer parmi les priorités de la communauté internationale car la situation devient de plus en plus catastrophique sur le plan humanitaire. Des milliers de gens y meurent encore à cause des violences, des maladies et de la malnutrition. 
Cinq années de guerre et d'instabilité politique qui s'ensuivirent, l'actuel Congo de Joseph Kabila n'a pas encore retrouvé la stabilité. A l'Est, les combats reprennent sporadiquement, malgré des bonnes paroles. 
Trois millions de Congolais, voire plus, ont un besoin urgent d'aide humanitaire. 

Il y a quelques temps, la Mission de l'ONU au Congo, (la MONUC), avait révélé les exactions de miliciens, (notamment cette affaire de canibalisme, on rapportait que des miliciens auraient fait griller des cadavres à la broche pour les manger, et auraient encore fait bouillir deux fillettes vivantes sous les yeux horrifiés de leur mère, en Ituri, en juin 2003). Ces crimes ne semblent pas jusqu'à ce jour, jugés sévèrement. Et ce, malgré des arrêstations. Ce qui montre bien les carrences judiciaires du pays. 
Le 29 août 2007, la MONUC a déploré les accrochages qui opposent les fractions rivales de la "Brigade" des "FARDC" mixée, "CHARLIE", au Nord-Kivu. S'engageant de tout mettre en oeuvre, la Mission de l'ONU promet de contribuer à la résolution pacifique de ces conflits, afin d'éviter que les populations civiles ne paient le prix d'une nouvelle spirale de violence. 
Dans son rapport de juin 2007, l'ONU dénonce l'assassinat d'un journaliste de la Radio-OKAPI ; de cinq civils Hutu (Rwandais) arbitrairement exécutés par des soldats du 3è Bataillon de la Brigade "Charlie", dans les villages de Nyabyashwua et Mikeno (Nord-Kivu) ; le Tribunal Militaire de Katanga aurait acquité tous les accusés dans le cadre du procès des massacres de Kibwa ; l'ONU dénonce aussi le sort reservé à Maître Marie-Thérèse Nlandu et ses co-accusés ; diverses violations de droits de l'homme ont été observés dans plusieurs endroits de la RDCongo.
Le sort reservé aux enfants précoccupe aussi la Mission de l'ONU. La réprésentante spéciale de l'ONU pour les enfants dans les conflits, Madame Radhika Coomaraswamy, s'est entretenue avec les autorités congolaises sur les questions liées aux enfants associés aux groupes armés, et de la violence sexuelle, sans oublier surtout l'impunité parfois des auteurs de tous ces forfaits. 
Ce qui se passe à l'Est du Congo met le gouvernement central de Kinshasa dans l'embarras. Faut-il intensifier la guerre pour mettre fin aux activités de la "Brigade", et surtout neutraliser le général Laurent NKunda et tous ceux qui font règner la terreur au Nord-Kivu ? Avec ces gens-là une solution politique est-elle possible ? Voilà des quesions qu'on se posent dans la capitale.  Visiblement, le gouvernement de Gizenga ne contrôle pas l'ensemble du territoire congolais. Les forces armées congolaises veulent obtenir plus de moyens pour s'imposer partout. Le chef de l'Etat ne cache pas son agacement  devant cette impuissance. Les appels pour réintégrer les dissidents au sein de l'armée nationale semblent ne pas avoir les échos puisqu'on traîne les pieds de l'autre côté.

La Mission onusienne au Congo essaye d'apporter son concours. En novembre de l'année dernière, la MONUC est intervenue avec des hélicoptères de combat pour arrêter la progression des militaires rebelles menées par le général Laurent NKunda. Ce dernier estime que les Congolais ne prennent pas suffisamment en compte la composante des éléments nationaux rwandophones. Les "Banyamulenge" sont des Congolais. Puisqu'il parlent le swahili ou le kinyaruanda, on les traîte souvent, on les considère surtout comme des "Rwandais". Comme on l'a vu lors des événements survenus au Rwanda et les génocides Tutsi qui s'ensuivient. Plusieurs d'entre eux avaient connu les lynchages, les humiliations ou le mépris xénophobe. La population Hunde vit aussi au Kivu. Pour la cohésion nationale, il faudrait une campagne efficace de civisme et d'explication sur les différentes communautés que composent cet immense pays qu'est la RDCongo. Ceci afin d'enlever les malentendus. Pour certains, on reprend les clichés légués du colonialisme belge et on le jette sur les autres. C'est un raccourci un peu facile, voire même dangereux. Le génocide au Rwanda et les problèmes des réfugiés sont venu encore plus accentués les tensions et aménuiser les coexistences pacifiques qui y règnaient. Il faut que le régime de Kabila et son gouvernement arrivent à se pencher sur ces questions, pour être crédible. Le gouvernement et la Monuc continueront à travailler ensemble pour résoudre certains problèmes d'urgence. Résoudre aussi ce dialogue de sourds qui s'est installé entre les autorités de Kinshasa et les opposants ; entammer et poursuivre la réinsertion des dissidents de l'armée au sein d'une grande armée nationale congolaise.
A noter que Laurent Nkinda et ses militaires dissidents sont basé dans la région de Masisi, aux abords du Parc Virunga et de sa région natale du Rutshuru. Toute cette région de l'Est est livrée à toutes sortes de voyous et bandes armées qui se livrent aux trafics de matières premières qui finissent soit dans les pays voisins de la région des Grands-Lacs, soit prennent le chemin de l'étranger, après avoir frauduleusment traversées les frontières. Les Seigneurs de guerre défendent les intérêts de ces bandits et traficants étrangers qui leur fournissent armes et dollars. Les exploiteurs de richesses minères congolaises devront tôt ou tard être neutralisés. Les pillages et les guerres en Afrique doivent cesser. Au besoin, imposer la paix par l'ONU.

Les guerres qui s'y déroulent sporadiquement tuent l'espoir de cette jeunesse congolaise qui est l'avenir du pays. Comme on le sait, durant la guerre, ce sont toujours les plus faibles qui payent le lourd tribut. Lors de cette guerre au Congo, ce sont les enfants qui ont soufferts, mais aussi les femmes. Elles sont souvent victimes des viols. 
Les abus sexuels que subissent ces enfants et ces femmes ne doivent plus rester indéfiniment impunis. 
Selon les témoignages, les femmes ont été les premières victimes lors des attaques dans les villages. Les milices et leurs seigneurs de guerre se sont livrés à des pires atrocités. Les premiers rapports parus dès le début de l'année 2000, montrent bien que des actes barbares ont été commis en l'encontre des femmes congolaises. Les violences sexuelles subies par ces femmes doivent aussi être une priorité du gouvernement. Plusieurs listes circulent avec des témoignages recueillis par les travailleurs de la MONUC. Une observatrice de ces drames qui était sur place, décrit avec munitie en menu détail tous ces viols perpétrés contre les femmes. Parfois des viols collectifs dont subissent une seule personne. Toute une armée de solides gaillards qui s'archanent sauvagement sur le corps frêle de la pauvre jeune fille. Ces femmes sont souvent meurtries, mutilés à vie, dans leurs chairs. 
D'après les rapports de l'ONU, des enfants tous sexes confondus ont été violés ; des fillettes de moins de 12 ans, des femmes de 80 ans, (certaines croyances de ces milices prétendent que violer une très jeune fille ou une très vieiille femme donnerait à l'homme des puissances spéciaux pendant la guerre, et les rendent invincibles !).
Combien de ces femmes, enfants, n'ont-elles pas été violées devant leurs membres de famille ? Combien n'ont-elles pas été violées devant leurs maris et leurs enfants, avant qu'on les assassine ? Des soldats séropositifs organisaient des commandos dans les villages ou quartiers de la ville, pour violer des femmes, les mutiler, avant de brûler leurs parties génitales, si pas les brûler vives simplement ! Ces bandits armés, selon un témoignage, se permettant tout, n'hésitaient pas d'utiliser des bâtons pour les introduire dans les vagins et les rectums de leurs victimes, avant d'entamer leurs viols collectifs et tueuries sauvages. Les survivantes de ces crimes vivront éternellement, on l'imagine, les traumatismes subis. Certaines, par peur ou pudeur, n'avaient pas le courage de parler de ce qu'elles auraient vécues. Ceci afin d'éviter de réveiller les vieux démons de la guerre, la peur d'être abandonnée par la famille, la peur de refaire sa propre vie : une femme violée trouvant difficilement un mari...  Tous ces climats de violence ont été plus dramatiques récemement encore à l'Est du pays. 

La RDCongo est un pays au sous-sol très riche en minérais. Cela fait la convoitise de beaucoup de personnes et de beaucoup de pays en Occident et d'ailleurs. Le pillage de ce pays ne date pas d'aujourd'hui. Hier encore c'est le Royaume de la Belgique, ancienne puissance coloniale, qui a grandement profitée de toutes ces richesses. Aujourd'hui, plusieurs pays s'y intéressent. Ils sont à la base des différentes guerres qui s'y déroulent périodiquement. En utilisant les Seigneurs de guerre, ils s'assurent les approvisionnements et mettre la main sur cette rapine. Durant les règnes de Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga, le Congo baptisé "Zaïre" par lui, était devenu un chassé-gardé de l'Occident. Il s'en est enrichi mais il a fini tristement malade et mort en exil.
(Joseph-Désiré Mobutu, né en 1930, fit un soldat de l'armée coloniale belge, dès 1950. En 1958, il n'est plus dans l'armée et il est envoyé en stage de journalisme à Bruxelles, en Belgique. Les services secrets belges et américains s'intéressent à lui. C'est là-bas qu'il rencrontre Patrice Lumumba venu préparer une table ronde en vue de l'indépendance du Congo-Belge de l'époque coloniale. Lumumba lui propose d'être son secrétaire particulier. Le 30 juin 1960, le Congo obtient son indépendance. Le président Joseph Kasa-Vubu charge Patrice Lumumba de former un gouvernement . Mobutu est promu colonel et chef de l'armée nationale congolaise. Mais trois mois plus tard, Mobutu tente un premier coup de force avec son armée et neutralise le président et son premier ministre. En 1961, Patrice Lumumba est assassiné après avoir été capturé par la soldatesque de Mobutu et livré aux Belges qui vont l'assassiner sous l'ordre de l'Amérique de John Kennedy. Cinq ans plus tard, le président Joseph kasa-Vubu est déstitué, après un coup d'état de Mobutu, le 25 novembre 1965. Mobutu président, général de l'armée, maréchal, et dictateur, va règner sur le pays qu'il nomme le Zaïre, comme sa propre propriété privée. . Un pays économiquement exsangue sous sa présidence. Une idéologie mobutiste qui va abrutir la plupart des "Zaïrois", jusqu'à ce que Laurent-Désiré Kabila, avec l'aide des Angolais, chasse Mobutu et sa clique des affairistes-bourgeois, du pouvoir, en 1997.) Fermons cette parenthèse.http://www.youtube.com/watch?v=_OP5eE3nOOc
Joseph Kabila a hérité un pays presqu'en ruines. Hier c'était Mobutu, aujourd'hui ce sont les Seigneurs de guerre qui continuent les pillages. 
L'un des leaders de l'opposition congolaise, Jean-Pierre Bemba, président du MLC (Mouvement de libération du Congo), qui s'est lui-aussi pris une moitié du Congo en partition, vit aujourd'hui en exil européen. Il rêve de rentrer dans son pays et en assumer la magistrature suprême aux prochaines éléctions présidentielles. D'ici là, les choses ne sont pas si simples. Il cherche le dialogue et prend l'Occident à témoin pour revenir dans son pays.
La RDCongo, n'est pas un petit pays. Ce mini-continent est immense et 50.000.000 de Congolais attendent l'homme providentiel qui peut leur apporter le bonheur. Ils en sont encore loin, mais ils y croient toujours. 
A ce jour, le pays n'a pas encore acquis sa stabilité, encore moins la paix véritable. Le président Kabila le sait bien que sa tâche n'est jamais facile. Il doit stabiliser ses relations avec les pays voisins, pour la paix régionale. 
A commencer par le Rwanda. Il faut que le gouvernement congolais arrive à neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qui opèrent sur le territoire congolais. Le gouvernement aurait déjà réussi à règle un des problèmes de cette partie Est du pays en faisant cela. Les FDLR regroupent des soldats "hutu" de l'ancien régime rwandais, (du président assassiné en avion, Juvénal Habyarimana), et  miliciens ' Interahamwé ', de même origine. 
Avec l'aide de l'ONU, la RDCongo peut trouver une solution à ce problème sensible qui mine les relations entre les deux pays, le Congo et le Rwanda du président  Paul Kagame. Les Forces du maintien de la paix de l'ONU, qu'on appelle la MONUC, est composée de plus de 16.000 militaires Casques bleus. Grâce à cette force onusienne censée règler les bélligérants congolais (ou autres), on estime que ces Casques bleus auraient pu désarmer 150.000 miliciens, dont 70% ont choisi de retourner à la vie civile, moyennant un pécule. 
Il reste encore 70.000 personnes, notamment les " Maï-Maï ", les mouvements de l'Ituri, et les hommes du général Laurent Nkunda. Mais ce dernier est soupçonné de conserver encore quelques troupes sur le 7.000 intégrés, sur un total de 10.000 soldats récensés. La MONUC donne 110 dollars à chaque soldat comme prime de désarmement. Plus 25 dollars par mois pendant une année pour l'aider à la réinsertion dans la vie civile.
Hélas, malgré ce soldat, certains continent leur reflèxe de rebelle de l'armée, et continuent leurs actes criminels en terrorisant la population civile. On soupçonne encore plusieurs d'entre eux dans diverses agressions à caractère sexuel. Ce qui signifie que la Mission de l'ONU au Congo n'est pas aisée. 

De l'autre côté aussi, malgré les efforts fournis par cette même Mission, certains soldats chargés de maintien de la paix se livrent à des actes repréhensibles. Plusieurs Casques bleus sont régulièrement accusés ou impliqués dans les affaires de viol. Pas seulement au Congo d'ailleurs.
La MONUC est en RDCongo depuis 2001. Et, entre décembre 2004 et août 2006, au moins 140 cas d'allégations sur des abus d'exploitation sexuelle impliquant du personnel de la MONUC au Congo, ont été répertoiriés. L'Organisation annonçait une enquête sur des allégations faisant état d'existence d'un important réseau de prostitution impliquant des mineures congolaises et des soldats "Casques bleus" de l'ONU à Kinshasa, au Su-Kivu, et à l'Est de la RDCongo. 
Ce n'est pourtant pas qu'au Congo que ces actes ont été commis. Des missions de l'ONU en Afrique noire ont, à plusieurs reprises déjà, été citées dans des cas similaires, notamment en Erythrée, au Soudan, en Sierra Leone, au Libéria, au Burundi, et évidement au Congo, mais aussi en Côte d'Ivoire, lors des troubles dans ce pays. On signale qu'un contingent marocain basé à Bouaké, lors de la guerre qui a séparé le pays en deux, des soldats marocains avaient commis des actes de viol, d'exploitation et d'abus sexuels sur les mineures ivoiriennes.
"HUMAN  RIGHTS  WATCH" avait déjà dénoncé ces actes sexuels des soldats de l'ONU, dès juin 2003, à Bukavu, dans l'Ituri et au Nord du Katanga (en RDCongo). La Mission des Nations Unies avait d'ailleurs pris des mesures de sanctions à l'encontre de tous les soldats ou personnel en mission et se livrant à ces pratiques sexuels barbares et punissables.
La MONUC accomplit son devoir avec patience et courage afin que la RDCongo retrouve la paix et sa stabilité.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article