Marginalisation du pouvoir, boycotts économiques, diabolisation du président, tout est fait pour punir le Zimbabwé et isoler son président Robert Mugabé. Son tort majeur ? D'abord, d'avoir instauré un programme de réforme agraire visant à faire passer dans les mains des Zimbabwéens noirs et sans terre, plus de 11 millions d'hectares jusque-là aux mains de 4.000 fermiers blancs, d'origine anglaise. Cela a suscité des réactions vives, partout en Europe, surtout en Angleterre, et encore dans l'ensemble du monde occidental. On a crié au racisme anti-Blancs, suivi immédiatement par des sanctions diverses à l'égard du président zimbabwéen Robert Mugabé et de l'ensemble de son gouvernement.
Pour avoir osé dire "non" à l'injustice coloniale, le Zimbabwé est puni. On ne touche pas aux privilèges hérités du colonialisme britanique, aussi injuste soit-elle. La question de la terre est cruciale pour les nostalgiques de l'ancien empire britanique. Cette question est resté le point crucial de rapport entre l'Afrique et l'Europe coloniale.
Les Africains ont-ils raison d'appliquer la justice sur ces erreurs historiques ? Robert Mugabé n'avait-il pas le droit de récupérer les terres de ces ancêtres africains et les rendre à ses compatriotes, les vrais descendants et héritiers de celle-ci ? Robert Mugabé semble vouloir lutter pour que le droit revienne aux ayant-droits.
Il ne pas plus pour qu'une campagne de diabolisation soit déclenchée contre lui. De quel droit un dictateur africain peut se permettre de tenir compte du droit divin colonial et vouloir faire la leçon de morale aux vrais civilisateurs venus de l'Europe ?
Depuis cet affront, un bras de fer s'est engagé. De toutes les façons, sur le plan de politique économique mondiale, c'est bien l'Occident qui fixe les prix de vente des matières premières tirées dans tous ces pays d'Afrique, et les achètent quand bon lui semble. Le commerce international étant comme il est, c'est-à-dire, avec ses injustices, ce n'est pas demain que les pays producteurs africains qui changeront les cours de choses !
Depuis quelques temps, le Zimbabwé est victime des pressions internationales. Le président Mugabé ne defendant pas assez bien les intérêts occidentaux dans son pays, il faut qu'il soit renversé, et remplacé par quelqu'un de plus accomodant. Tel est le destin tracé de cette Afrique depuis plus de cinq siècles.
Sans moyens, le Zimbabwé aura du mal à résister longtemps face à ce chantage qui ne cache plus son nom.
Pour la population du pays, la situation devient intenable. Jusqu'où ira cette crise écnomique, s'interrogent les habitants, Tout commence à manquer dans le pays. L'inflation dépasse à présent les 7.600 % ! Les diverses denhrées alimentaires voient grimper leur prix. La monnaie locale a perdu de sa valeur. La dévaluation ne connaisse plus des limites. L'économie sombre de jour en jour dangereusement. Que faire ?
Sur le plan de la politique intérieure, l'opposition reprend le poils de la bête. Elle dénonce les dérives du président au pouvoir depuis des décenies. En 43 ans de pouv pouvoir autocratique, le président Mugabé a vérouillé tous les systèmes démocratiques. Il ne supporte plus l'opposition qui continue à l'accuser de dérive dictatoral qui a fait sombrer le pays. Le 11 mars dernier, l'opposition a organisé une manifestation (très peu suivie), et durement reprimée par la police d'Etat.
Le MDC (Mouvement pour le changement démocratique, de l'oppostion), et le ZANU-PF (Union nationale africaine du zimbabwé - Front patriotique), cherchent tous deux, une issue à la crise que traverse le pays, puisqu'en mars 2008, il y aura des élections législatives et présidentielles. Tous les deux rivaux souhaitent trouver un compromis.
Robert mugabé est âgé de 82 ans, et on aimerait bien le voir prendre sa retraite paisiblement, et laisser sa place aux autres après les élections.
Sur le plan régional, les pays voisins, surtout la Zambie du président Levy Mwanawasa, et l'Angola du président José-Eduardo dos Santos, bref l'ensemble des pays de la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe), tous, apportent leurs soutiens au président zimbabwéen Robert Mugabé, dont le pays reste un membre. Le gouvernement actuel, mené par Madame Joyce Mujuru, vice-présidente, et Monsieur Emmerson Mnangagwa (ministre de l'Aménagement rural), continue de soutenir leur président Robert Mugabé.
Dans l'opposition, Morgan Tsvangirai, dirigeant historique du MDC et Arthur Mutambara, semblent s'unir pour tourner la page Mugabé.
L'année prochaine, les Zimbabwéens seront les seuls à décider s'ils renouveleront leur confiance à Mugabé, et au ZANU-PF, malgré tout, ou alors choisiront de tourner définitivement la page du passé et changer de cap.