Les jeunes footballeurs africains aiment bien tenter leur chance en Europe. Ce n'est un secret pour personne. Les pays africains n'ont pas encore les moyens, ni les intrastructures adéquates, pour satisfaire l'attente de cette jeunesse sportive encore en plein rêve de s'épanouir autrement que par rapport à ce qu'ils vivent actuellement. D'où ce phénomène qu'on observe depuis quelques temps, de ces "tirailleurs sportifs" des temps modernes, qui vont aider les autres pays, notamment européens, dans le domaine de football. Ces sportifs continueront encore d'aller tirer ailleurs tant que leurs pays d'origine ne leur offriront pas des moyens et d'espaces nécessaires pour la pratique du football.
En Afrique, tous les jeunes footballeurs dès qu'ils s'estiment suffisammet prêts, quelques talents en plus, n'hésitent plus de quitter leurs pays pour aller voir ailleurs. Partir à l'étranger pour être riche et célèbre. Dans leur tête, ailleurs c'est encore et toujours mieux, si l'on en juge par les réussites de certains joueurs noirs. Plusieurs raisons à ce désir de partir : d'abord, le rêve d'être connu, donc de devenir une star internationale, comme les DROGBA, DJIBRIL CISSE, N'GOVOU, ZINEDINE ZIDANE "Zizou", THIERRY HENRI, THURAM, VIEIRA, et tant d'autres célébrités non seulement en France, mais partout en Europe, au Brésil et d'ailleurs. Ces étoiles qui brillent encore dans des clubs célèbres partout dans le monde. L'équipe de France, avec ses nombreux joueurs de couleurs, sont un exemple de réussite pour les jeunes joueurs africains. Tous riches, bien entendu. Le rêve donc, c'est réussir sa carrière en Europe. Les opportunités qu'on peut en tirer sont finacièrement alléchantes, et surtout toutes les portes te sont ouvertes lorsqu'on est une personnalité sportive très connue. Bon, il y a le coté célébrité, le salaire mirobolant et les moyens offerts. Tout cela entre en ligne de compte. Donc, outre le plan de carrière footballistique, il y a aussi le plaisir de jouer dans des grandes équipes et d'être connu par sa valeur, l'argent restant au fond le centre d'intérêt inavoué publiquement. < Vous vous rendez compte ? Si je suis titulaire dans un grand club européen, je gagnerai le triple, que dis-je, le quatriple de ce que je gagne avec mon équipe africaine, qui n'a d'ailleurs pas assez d'argent pour satisfaire les joueurs, vous savez ? Je joue dans cette équipe parce que c'est une transition qui permettra de me faire remarquer un jour par un grand entraîneur blanc ! >, nous confiait un jeune footballeur en Afrique. Avec quel argument pourra-t-on le convaincre d'abandonner son rêve ? Le talentueux jeune footballeur a une fixation : l'Europe. < Si j'étais en Europe, je serais certainement et probablement un très Grand joueur, une célébrité comme un Zidane que je n'ai rien à envier par mon jeu selon mes proches. Tu as été voir mon match, sur le terrain les supporters de mon équipe scandaient mon surnom. Tu as vu comment je joues ? J'ai une bonne touche de la balle, je dribble bien, mon jeu de tête est adroit et efficace. J'utilise mes deux pieds. Pour un avant-centre c'est l'idéal. Je marque souvent dans tous les matchs. Je suis d'ailleurs le meilleur butteur de notre championat local. 98% de mes collègues joueurs de foot ont des ambitions ailleurs qu'ici. On veut tous aller jouer dans une grande équipe au Portugal, en Espagne, en Italie, en Angleterre, pourquoi pas en Allemagne ou en Belgique, voire en Hollande. Bon, dans le pire de cas, ce sera au Portugal, mais nous les lusophones, on est nombreux là-bas, mais la concurence est forte et la séléction très rude. J'ai plus de chance d'aller me case dans un autre pays européen pour commencer, j'aurai plus de chance. N'importe lequel des pays, pourvu qu'on me récrute et qu'on m'accepte. Tu ne me crois pas ?>
Un autre joueur que nous avons rencontré à Praia, au Cap-Vert, nous a raconté ses mésaventures dans un club sportif à Lisbonne, au Portugal. Il est resté longtemps sur la touche sans que l'entraîneur fasse appel à ses services. Pourtant, ici, il brille sur le terrain de football et a un jeu extraordinaire. Désabusé, il est rentré dans son pays. < Je pense que les jeunes rêvent trop. J'ai joué deux saisons en Europe. Une petite blessure a failli briser ma carrière. Aujourd'hui j'ai recupéré toutes mes capacités physiques. Je n'ai que 21 ans. Je ne suis pas rentré plus riche qu'avant. D'ailleurs là-bas, il a fallu que je travaille. Faire n'importe quoi, parfois des sales boulots pour survivre. N'étant pas professionnel, c'était encore plus dur sans salaire de footballeur. Je travaillais à côté pour gagner ma vie. Mon club était une toute petite équipe de la troizième zone. Bon, il ne faut pas généraliser. Mon cas est un peu spécial.Tous les joueurs ne connaissent pas les mêmes expériences que moi. Par exemple, je connais un Angolais qui a bien réussi puisqu'il joue dans une grande équipe de la première division. Il est même devenu très célèbre. Et même très riche ! >
Si l'on parle de ces jeunes qui tentent seuls leur aventure dans les clubs européens, il faudrait aussi dire qu'il existe d'autres filières de récrutement, pas toujours honnêtes. Les agents recrutteurs des clubs européens ont parfois des comportements dignes des négriers. Ils font les déplacements en Afrique, à la recherche des perles rares, ils font miroiter les jeunes des promesses que le club recrutteurs n'hororent pas toujours correctement, de plus, les conditions d'acquisition d'une carte de séjour s'apparentent à des chantages, à des pressions psychologiques pour le jeune qui débarque pour jouer au football. Certains parents de ces jeunes gens deviennent de complices, par naïveté. Ces jeunes qui n'ont pas encore atteient l'âge de la majorité ne sont pas toujours conscients du danger encourru. Ces agents de récrutement clandestin font des pressions incroybles pour sortir les jeunes de leurs pays. Ils deviennnent parfois des parrains-tuteurs du joueur ou des joueurs. Une fois l'argent échangé, le jeune homme quitte la famille et se met à la disposition de l'agent, puis du club.
Il y a aussi des cas des parents qui côtisent pour payer le voyage de leur fils unique, dont ils pensent qu'il réussira sa carrière en Europe puisqu'il a un certain talent dans la maîtrise du ballon rond. Mais les illusions sont aussi au bout du chemin pour le jeune homme qui va très vite découvri la dure réalité du métier.
Bien entendu, il ne faut pas exagéré non plus. Tous les agents-recrutteurs ne sont pas des marchands de sommeil déguisés. Mais on obsèrve que souvent ces gens-là ne font pas toujours un travail correct ni honnête.
Concernant ces jeunes joueurs, il y a certains recrutés réussissent dans leur carrière dans ce club. Au bout de quelques années, la côte du jeune talent va augmenter et on va commencer par parler de transferts dans un autre riche club étranger. Pour ce joueur confirmé, ce tranfert est souhaitable puisque synonyme de la réussite accomplie et du début de la richesse. Se faire transférer dans un nouveau club, avec un contrat de vente au prix flamboyant, c'est aussi signe de la valeur estimée pour ses prestations salariales.
Les jeunes qui débarquent dans un nouveau club passe par un stage. Sorte de rôdage pour s'acclimater et s'adapter au jeu de l'équipe. Si la chance sourit, le jeune stagiaire passera du stade du remplaçant à celui de titulaire de poste. Ceux qui ont moins de chance poireauteront sur les bancs de touche à ronger les ongles et les feins de la colère de ne point être de la partie. Sinon, un petit choua de match de consolation, pour un remplacement de deux secondes avant la fin du match.
Combien valent un joueur célèbre ? Quel est son salaire ? La réponse est qu'un joueur africain dans une grande équipe de football gagne bien son salaire. Aujourd'hui, l'image d'un joueur sert à des actions caritatives, à des publicités, au show-bizz dont les joueurs deviennent véritablement des stars pour des émissions "pipoles", des variétés, et même à des défilés de mode, des manequinats, à d'autres produits dérivés qui rapportent autant que le salaire du footballeur.
Les malchanceux tombent dans des filières malheureuses d'exploitation, pour ne pas dire de l'esclavage moderne. Peu en sortent gagnants. On ne devient pas comme cela un Samuel Etoo'o, sans avaler des couleurvres. Celui-ci avait dénoncé certains traitements qu'on lui reservait dans les stades espagnols. Les Supporters fanatisés lançaient parfois des propos racistes à l'endroit des joueurs noirs. On parle même que parfois il arrivait qu'on leur lance des peaux de banane, sinon en imitant les cris des singes dès l'entrée des joeurs de couleurs dans le stade. Il a fallu une campagne de tous les joueurs négro-africains pour dénoncer ces comportements indignes et irresponsables d'une minorité des nazilllards. Les grands joueurs de l'équipe de France en savent quelque chose. Les LILLIAN THURAM, THIERRY HENRI, PATRICK VIEIRA, DJIBRIL CISSE, pour ne citer qu'eux, sans oublier tant d'autres, sont bien placés pour témoigner de certaines réalités déshonorantes qu'ils vivaient regulièrement au sein de leurs équipes respectives, comme aussi dans l'équipe nationale Les BLEUS. Dans les stades ( insultes, sifflets, quolibets, mépris, concurrences et jalousies) ne manquaient pas. Si Basile Boli a choisi de se taire et se laisser courtiser, d'autres ont eu ce courage de le dire pour dénoncer et faire avancer les idées de la tolérance et de la fraternité dans le sport.
Dans son livre autobiographique, "Capitaine" (paru aux Editions Stock, 350 pages), Marcel Desailly nous narre tout simplement sa vie de football, son enfance et sa carrière. Il y parle de son Ghana natal, de ses parents, jusqu'à l'arrivée en France. De l'Afrique à l'équipe de Nantes, puis à l'Olympique de Marseille, Münich, Milan, et l'ambiance qui y règnait au sein de tous ces clubs et les joueurs, les entraîneurs, le public, son poste de "capitaine" des "Bleus" . Des moments émouvants des victoires (la Coupe du monde, l'Euro2000, le Mondial 2002, etc).
En 2008, son pays d'origine organisera la Coupe d'Afrique des Nations. Ce sera du 20 janvier au 10 février 2008. L'équipe nationale du Ghana, les "BLACK STARS" ouvriront le début des matchs de ce championat africain. Seize équipes nationales vont devoir s'affronter pour remporter la coupe d'Afrique. Chaque pays alignera ses joueurs ( souvent des internationaux qui jouent aussi à l'étranger). Malgré leur double nationalié, ces joueurs restent fidèlement attachés à leur continent, et à leurs pays d'origine.
L'Ivoirien Didier Drogba sera face à Kanouté Frederic, ou au Nigérian Taïwo. Les Egyptiens, les Tunisiens, les Marocains, tous vont s'africaniser avec les Guinéens, les Angolais, les Sénégalais, les Zambiens, les Namibiens, les Ivoiriens, les Soudanais, les Camerounais, les Ghanéens, les Maliens, les Béninois, les Nigérians, sans oublier, les Sud-Africains.
Ce sera une grande fête du football comme on l'aime, pour tous les Africains. Qu'il soit de Nord-Africain, de l'Est-Africain, de l'Ouest-Africain, du Centre de l'Afrique, de l'Afrique australe et du Sud, tout le monde devra communier pour suivre avec passion et ferveur ce sport-roi qu'est le football. Car c'est le seul sport qui arrive à réunir tous les Africains sans distinctions de races, de langues, de religions, de cultures. Une façon de rappeler à tous que l'Afrique est Une, que tous doivent travailler ensemble, là où les politiques se montrent souvent incapables et échouent pour rebâtir cette unité africaine. Pas seulement en sport.
Prochain grand article : Heurts et Malheurs du football africain avant et après la CAN 2008.