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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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SAO-TOME et PRINCIPE, un pays méconnu d'Afrique

Très peu de gens pourront situer précisement cet archipel de Sao-Tomé et Principe sur une Mappemonde. Ce que l'on peut dire, ce que ce pays est situé dans le golfe de Guinée. Un archipel de 964 km2, regroupant les îles de Sao-Tomé proprement dite, (836 km2) et Principe (128 km2). Sa population est d'à peine 200.000 habitants, et sa capitale est Sao-Tomé qui se trouve dans l'île du même nom.
L'archipel de Sao-Tomé et Principe avoisinne les autres îles que sont Annobon et Bioko, (appartenant à la Guinée-Equatoriale). Ses autres proches-voisins continentaux dans ce golfe de Guinée, sont : la Guinée-Equatoriale, le Gabon, le Cameroun, sans oublier cet autre grand voisin maritime qui est le tout puissant Nigeria. De sa position géographique, le Sao-tomé et Principe reste un carrefour de passage et de peuplement. Les Sao-Toméens ont tissés des liens affectifs avec surtout sa voisine Guinée-Equatoriale, ancienne colonie espagnole d'Afrique centrale.
La Guinée-Equatoriale est un pays à la fois continental et insulaire. Sa superficie est de 28.000 km2, avec une population d'à peu près 500.000 habitants. Sa capitale, Malabo, se trouve sur l'île de Bioko, sur la côte continentale africaine. Ainsi donc, deux îles sont rattachées à la Guinée-Equatoriale : Annobon (17 km2, avec ses 2.000 habitants), et Bioko (où se trouve la capitale politique du pays, dans une superficie de 2.071 km2).
La ville principale Bata est aussi un port, et la capitale continentale de la Guinée-Equatoriale. C'est le chef-lieu de la province de Mbini, avec près de 50.000 habitants. Deuxième ville du pays, Bata est aussi une ville qui a une activité économique importante qui attire tous les Equato-Guinéens. Quelques ethnies cohabitent pacifiquement pour le moment. On y croise des "Fang", des "Annobonnais", des "Ndowé", des Pygmées, et aussi des "Bubi" (plus nombreux dans l'île de Bioko).  Ancienne colonie espagnole, et c'est le seul pays hispanophone de l'Afrique noire, la Guinée-Equatoriale est un pays singulier dans le sens que la découverte du pétrole a fait de celui-ci l'un des pays le plus convoité de cette région riche en pétrole.
Deux dates ont marqué l'histoire politique de ce pays d'Afrique centrale : 1968, avec Macias Nguema, considéré comme le "père" de l'indépendance, après la fin de colonisation espagnole, et que le 3 août 1979, son neuveu, le colonel Théodoro Obiang Nguema, réussira à faire son coup d'Etat, s'empara du pouvoir par la force, et au passage, il liquide son oncle, que le monde occidental qualifiait de "dictateur-sanguinaire"(pour avoir nationalisé le secteur économique, chassé les Espagnols, et "africaniser" la politique de son pays. Après son assassinat, le président Obiang Nguema dirigera le pays d'une main de fer, et obtiendra le soutien des pays occidentaux dont ils venaient de découvrir d'importants réserves pétroliers. Très riche en pétrole, la Guinée-Equatoriale et son président, sont très courtisés. L'or noir coulant en flot, le pouvoir s'est enrichi. Si les Américains sont toujours présent dans cette région pétrolière du golfe de Guinée, l'Espagne et la France sont bel et bien présentes. Pourquoi parle-t-on de cette Guinée-Equatoriale dans un article consacré à l'archipel de Sao-Tomé et Principe ? C'est parce que l'histoire unit ces deux pays. Sur beaucoup de plans.

La découverte de cet archipel par les deux navigateurs portugais, Joâo de Santarem et Pedro Escobar, qui partaient à la découverte des contrées inconues du continent africain, ils ont tout naturellement fait un escale dans ces îles, dès 1471 pour l'île de Sao Tomé, en 1500 pour l'île de Principe, et enfin en 1503, l'île d'Annobon.
L'île d'Annobon fut donc le passage obligé des navires portugais pour réjoindre le sol continental africain. Ce sont enfin les Portugais qui vont les découvrir. Ces îles deviendront, ou plutôt, serviront des plaques tournantes lors de la Traite négrière. On allait guéroyer chez  les Noirs continentaux, et on y capturait des prisonniers pour en faire des esclaves qu'il fallait déporter loin de leurs terres d'origine. L'Angola était le plus grand pays pourvoyeur de ces esclaves dont les pays européens avaient besoin pour les faire travailler dans ces nouvelles terres découvertes. Les négriers blancs allaient en Angola et au Congo pour capturer des esclaves, les emmener dans les bateaux et au cours des escales, certains seront deversés et resteront dans l'île de Sao-Tomé, à Principe, et à Annobon, tandis que la majorité poursuivra la route avec ces beautés qui se dirigeaient vers l'île de Goré, au large des côtes sénégalaises, pour être triés, avant de prendre de nouveau le chemin vers la route des Amériques (du Nord, du centre, la Caraïbe et enfin, l'Amérique du Sud. Notamment au Brésil). Une main d'oeuvre corvéable à merci.  A partir de 1515, les Portugais vont de nouveau retourner dans toutes les régions environnantes des pays continentaux de la golfe de Guinée, rechercher les mains d'oeuvres, des esclaves pour mettre en valeur les terres de ces îles du Sao-Tomé, Principe et Annobon. Venus de tous les pays, même du Bénin, (qui vont emmener avec eux la langue "Kwa"), comme les Bakongo qui ont emmené leurs cultures et leurs langues "kikongo", et le "Kizombo". La politique coloniale portugaise consistait aussi à brasser les langues, ethnies et races, afin de gommer tout ce qui était d'orignalité d'un terroir d'Afrique. Ainsi, avec tous ces brassages, les peuples se font mêlés, entremêlés et confondus. Un métissage intentionnellement voulu par la puissance colonial lusitanien. Dans le régime de l'Indigénat, les noirs non-instruits devraient rester des esclaves et travailler pour leurs patrons blancs européens. L'instruction était un privilège pour une catégorie d'individus, des métis, par exemples, et quelques noirs qui servaient l'administration portugaise. Soumis aux travaux forcés, les Africains et quelques métis (souvent des fils et filles de Bâtards que les colons reniaient de leurs aventures tropicales d'avec les esclaves noires), ces esclaves devraient fournir leurs forces de travail dans les plantations pour cultiver le café, le coton ou la canne à sucre. Leurs conditions de travail, vous imaginez, étaient à la limite de la bestialité, d'animaux domptés.
Durant plusieurs siècles, les populations déportées à Sao-Tomé subiront le statut d'esclaves. Le Blanc restant le maître qui avait le droit d'en faire ce qu'il en voulait. N'ayant droits, ni à la liberté, ni aux droits les plus élémentaires des êtres humains. On ne parlait pas du tout de droits de homme à cette époque-là. Tout paraissait normal que les Blancs portugais puissent pratiquer l'esclavage à l'égard de noirs d'Afrique. En fait, la propagande coloniale portugaise se justifiant cyniquement : le Portugal étant un pays européen, et civilisé, son action entrait dans la logique de faire travailler les Noirs, leur apporter la "civilisation", et leur montrer leur "génie". Les Nègres Indigènes doivent apprendre le 'respect' envers leurs maîtres blancs et les obéïr, selon les lois et la doctrine religieuse et biblique, telle que l'enseigne l'église catholique et le pape. Travailler, obéir et savoir se taire. Beaucoup de Noirs seront même baptisés pour le salut de leur âme...noire.  Nous sommes là en plein délire de sauvagement civilisationnel de l'homme blanc à l'égard de l'homme de couleur noire.

Le partage de l'Afrique, on parle de sa balkanisation, en 1885, après la fameuse conférence de Berlin, où l'on a vu des petits pays d'Europe s'acquérir d'immenses territoires dans le continent africain, ces pays européens qui vont décider de s'approprier et piller à leurs guises, sans devoir rendre compte à qui que ce soit. C'est dans cette injustice géographique et politique qu'un pays comme le Portugais se verra attribuer les cinq grands pays : l'Angola, le Mozambique, la Guinée-Equatoriale, le Cap-Vert, et le Sao-Tomé. L'Empire lusitanien va devoir s'en occuper. Quelques siècles plus tard, la plupart de ces pays vont même avoir le statut privilégié de "Provinces portugaises d'Outre-Mer". Les pays comme l'Angola, le Cap-Vert ou le Sao-Tomé et Principe seront annexés au métropole portugais, tandis que la politique coloniale ne reconnaissait même pas une grande partie de cette population d'outre-mer. Donc, malgré leur appartenance politique à ce grand empire lusitanien, les Angolais n'étaitent pas considérés comme des vrais Portugais. Pour le devenir, les Sujets portugais d'outre-mer devraient le mériter. Pour devenir véritablement un "Citoyen Portugais", il fallait remplir certaines conditions : primo, habiter une ville d'Angola ou un grand centre urbain. Ensuite, il fallait parler la langue portugaise, enfin, savoir lire et parler correctement, au besoin l'écrire, avoir un casier judiciaire vierge et produire deux témoignages de moralité, et un certificat médical de sa bonne santé physique. On parlait déjà d'assimililation, d'intégration, et autres absurdités coloniales. On mesure les contraintes et on image les frustrations de ceux qwui ne demandaient qu'à vivre librement dans leur propre pays. Les Noirs d'Angola comme d'ailleurs subissaient leur condition d'esclavage comme leurs frères du Cap-Vert et de Sao-Tomé.
Naturellement, ces humiliations vont conduire à la révolte. 
En 1953, les Sao-Toméens se révoltèrent  contre la domination coloniale, et la présence des planteurs colons portugais, en manifestant pour dénoncer leurs conditions de travail, et d'esclavages. Cette révolte tourna au massacre. On parle de centaines de morts tués par les balles de colons blancs portugais. Un poète Sao-Toméens, Alda do Espirito Santo, a écris un poème sur cet événèment, qu'il a intitulé :
   <  OU SONT-ILS LES HOMMES CHASSES PAR CE VENT DE FOLIE  ?

Le sang goute à goute sonne sur la terre
et les hommes dans la brousse agonisant
et le sang sonne, sonne,
sur ceux qu'on a jetés à la mer.
Ferâo Dias est à jamais dans les annales
de l'Ile verte, rouge de sang des hommes abattus
sur les sables immenses du débarcadère.
Ah ! le débarcadère, ce sang, ces hommes.
Et les chaînes et le bruit des coups,
résonnent, résonnent, résonnent
et retombent dans le silence des vies abattues,
des cris, des hurlements de douleur
des hommes qui ne sont plus hommes
au poing deds bourreaux innomables.
Zé, le mûlatre, aux annales du débarcadère
exécutant les hommes dans la chute sourde des corps.
Ah !Zé le mûlatre, Zé le mûlatre
les victimes crient vengeance.
La mer, la mer de Ferâo Dias
qui a englouti ces vies humaines
la mer est rouge de sang.

- Nous sommes debout -
Nos yeux se tournent vers toii.
Nos vies ensevelies dans les camps de la mort
hommes du cinq février
hommes tombés dans l'étuve de la mort
implorant la pitié hurlant pour la vie sauve,
morts sans air et sans eau,
ils se lèvent tous
hors de la fosse commune
et, debout, en choeur de justice crient vengeance...
Les corps tombés dans la brousse
les toits, les toits des hommes
anéantis dans la tourmente des flammes incendiaires
les vies calcinées dressent un choeur insolite de justice
pour crier vengeance.

Et vous tous les boureaux
et vous les tortionnaires
assis au banc des accusés
- Qu'avez-vous fait de mon peuple ?...
- Qu'avez-vous donc à répondre ?
- Où est passé mon peuple ?

Et moi, je réponds, 
sur le silence des voix dressées
pour obtenir justice:
L'un après lautre, tous en fils...
pour vous bourreaux
le pardon n'a pas de voix,
la justice va sonner son heure
et le sang de toutes ces vies 
tombées dans la brousse de la mort
ce sang innocent
imbibant la terre
d'un frisson muet
va féconder cette terre
criant ' justice '.

C'est la flamme de l'humanité
chantant son espoir 
d'un monde sans chaînes
où la liberté sera seule patrie...>

De cette folie, de ce mépris deshommes contre d'autres hommes, il fallait revaloriser la race noire pour qu'enfin triomphe la dignité de l'homme tout court. Une révendication légitime, sans haine comme leurs bourreaux, pour bien montrer que tous les êtres humains ne sont pas seulement égaux, mais aussi se valent.
Peu à peu, les tentations nationalistes commencèrent à naître dans les esprits de tous les Sao-Toméens.
C'est ainsi que les étudiants sao-toméens de Lisbonne arrivèrent à fonder un Mouvement de Libération de Sao-Tomé et Principe, le MLSTP. Parmi eux, un certain Manuel Pinto da Costa, et Miguel Trovoada. Ce sont eux qui structuré le mouvement indépendantiste, et canaliser la lutte de libération nationale.
Un événèment inattendu va accélérer le cours de l'hisoire coloniale. Le 25 avril 1974, au Portugal, à la suite d'une révolution des Oeillets, le Portugal s'engagea dans un processus de décolonisation. Le général Antonio Spinola et certains officiers militaires de cette armée portugaise qui ont pris le pouvoir à Lisbonne, mettant fin à un régime dictatorial salazariste qui y règnait, vont aider les colonies d'avancer dans leur processus d'indépendance nationale. 
Le 12 juillet 1975, Sao-Tomé et Principe obtient son indépendance. Manuel Pinto da Costa, le leader du MLSTP, devient le premier chef de l'Etat. Très marqué à gauche, (l'Afrique vivait alors cette ère d'idéologie marxiste), le MLSTP deviendra le parti unique du pays.  Le nouveau gouvernement imposa la nationalisation des plantations que les planteurs blancs possedaient encore. Ceux-ci quittèrent précipitament l'archipel de Sao-Tomé, laissant derrière eux un vide du savoir-faire (ils n'ont pas formés des cadres compétents pour la relève). La crise économique changea l'orientation politique du pays. Le monde vivait l'ère du capitalisme et de libéralisme économique. Et la vague de la démocratisation fit le reste. En cette année 1990, toute l'Afrique vivait à la mode de la démocratie et l'abandon des partis uniques. En 1991, les première éléctions libres, démocratiques et multipartites eurent lieues. Son ancien collègue et compagnon du MLSTP, et qui était devenu son rival en fondant son parti, Miguel Trovoada, remporta ces élections présidentielles.
Mais les tensions économiques créerent une situation politique dramatiques et des tensions s'ensuivirent.
Le 15 août 1995, un coup d'Etat militaire organisé par une fraction d'officiers et sous-officiers de l'armée, déposa le président Miguel Trovoada, à l'indignation de la communauté internationale. Ce putsch va échouer de toutes les façons, par manque de soutien international. Le président Trovoada retrouvera son fauteuil en juillet 1996, après des élections. Cinq années plus tard, son mamdat prend fin. Des nouvelles élections sont organisées. Cette fois, en 2002, c'est un mulâtre, un homme d'affaires, Fradique Menezes, qui devient le nouveau président de Sao-Tom- et Principe. Il avait la confiance des bailleurs des fonds et des autres institutions internationales. C'est lui qui va présider à la déstinée de cet archipel du Golfe de Guinée. 
Sa mission : redresser économiquement le pays. Le Sao-Tomè et Principe est un pays tributaire à 75% de l'aide internationale, (soit dans un premier temps, en 1999, une aide de 35 millions de dollards).
Bien entendu, entretemps, les perspectives d'exploitation du pétrole dans les eaux territoriales de Sao-Tomé, font espérer des recettes qui seraient considérables. Comme ses voisins, la Guinée-Equatoriale, le Gabon, le Nigeria, et bientôt le Cameroun, l'archipel de Sao-Tomé regorge au fond des eaux, des reserves de pétrole d'une valeur inestimable. Partageant ses eaux de frontières maritimes avec le Nigeria, 40% de ces recettes reviennent à Sao-Tomé, tandis que le Nigéria qui finance le projet, touche 60%.
Le Sao-Tomé peut se réjouir de cette manne pétrolière qui va lui rapporter beaucoup de pétrodollars.
D'ici à 2010, ce pays fera partie des clubs des grands pays exportateurs de pétrole.  L'Angola, par exemple, pourra devenir le premier pays pétrolier d'Afrique, dépassant le Nigeria. 
L'archipel de Sao-Tomé est membre de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP), et maintient des liens étroits avec le Portugal, mais aussi surtout, l'Angola, pour des raison linguistiques, certes, mais plus encore, pour des raisons culturelles et historiques. L'Angola a soutenu, et continu de soutenir le processus de développement de ce pays frère et ami qu'est le Sao-Tomé et Principe. Plusieurs Sao-Toméens sont originaires d'Angola. Et réciproquement, on retouve quelques Angolais originaires de Sao-Tomés (revenus pour retravailler dans les plantations de café du Nord de l'Angola). 
Pays pétrolier désornais, l'archipel attire les convoitises. Les Américains qui sentent très vite l'odeur de cet or noir dans ce golfe de Guinée, sont très présent depuis des années et comptent même installés des bases militaires dans ces pays de la région, pour protéger leurs intérêts dans ce domaine.Depuis son accession au pouvoir, le président Menezes entretient des bons rapports avec surtout son voisin Nigerian auquel il a signé un accord d'exploitation conjointe. L'influence grandissante du Nigeria est suivie attentivement par l'Angola, ce pays frère et ami, qui est aussi un partenaire régional important. Tout changement politique, ou autre situation sociale est aussi suivie de près par l'Angola dont les deux pays ont aussi des accords bilatéraux, notamment des accords militaires. De plus l'Angola continue d'apporter son aide sur plusieurs domaines et ce qui n'est pas négligeable. 
Depuis le 21 avril 2006, un nouveau gouvernement est à Sao-Tomé, et c'est le président Fradique Menezes (qui est au pouvoir depuis le 3 septembre 2001), qui a nommé M. Tome Soares da Vera Cruz, au poste de premier ministre chargé de formé ce gouvernement, et Madame Maria dos Santos Lima da Costa Tebu Torres, elle, occupe le poste de vice-premier ministre de Sao-Tomé.  

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