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Depuis quelques années, les historiens négro-africains affichent de plus en plus leur volonté de réhabilter l'Histoire de l'Afrique. Plusieurs ouvrages ont parus témoignant de cette volonté. C'est un constat, cette histoire de l'Afrique a été falsifiée. Premièrement, et c'est incontestabe, les Noirs d'Afrique ont bel et bien eu une histoire. Méconnue, certes, mais volontairement étouffée par ceux dont la notion de la hiérarchie et surtout de la suprématie importe plus que tout autre considération. Deuxièmement, cette omni-niant crachat jeté à la face du monde noir sur l'histoire des Africains est véritablement une sale histoire. Les Noirs auront encore beaucoup d'années pour faire "reconnaître" leurs valeurs d'êtres humains et leur propre histoire. Jusqu'aujourd'hui, ce sont bien des historiens européens qui écrivent sur l'Afrique. La tendance commmence à s'inverser. Les intellectuels Noirs ou des historiens négro-africains écrivent et publient de plus en plus sur le passé africain. Selon certains, l'histoire de l'Afrique a commencé dès l'arrivée des Blancs européens sur le continent africain. Cette thèse a depuis été battue en brèche. Mais l'idéologie véhiculée par le système colonial reste têtue. Beacoup y croient encore.
La sortie cette année 2008 de l'Essai du journaliste Serge Bilé intitulé "Quand les Noirs avaient des esclaves Blancs", paru aux Editions Pascal Galobé, risque de provoquer encore des remous. L'auteur nous plonge dans un passé dont on connait peu, au coeur des Grands Empires Soudanais, au Moyen-Age.
On découvre au fil des pages des civilisations riches, organisées et puissantes, où l'écriture, les techniques, les arts, tenaient déjà une place de choix importante.
Que découvre-t-on encore ? Que les rapports, étonnants, qu'entretenaient Noirs et Blancs à cette époque-là, et aussi, le cheminement, qui les mena à s'affronter au nom d'une domination et d'un pouvoir absolu. Et que derrière ces guerres entre nègres, se cachaient toujours des négriers blancs manipulateurs.
Des souverains, épris de conquêtes et de progrès, dans une Afrique flambyante, dont la marche en avant sera stoppée, net, par les invasions arabe et européenne ! Un grand moment d'histoire qui tord le cou aux idées reçues, et aux clichés sur l'Afrique dite noire, et ses populations, pas assez entrés dans l'histoire universelle, selon certains. http://www.dailymotion.com/relevance/search/serge%2Bbil%25C3%25A9/video/x2ydsl_clash-entre-nicolas-sarkozy-et-serg_politics
L'Essai écrit par Serge Bilé est audacieux. Il y décortique les pages les plus sombres des rapports Blancs/Noirs, et ses dérapages. A l'origine des contacts entre les deux races, il n'y a pas eu dialogues et compréhensions. Comme ce qui s'est passé en Afrique de l'Ouest, au sein de l'Empire du Ghana. Les historiens ont beaucoup écrits sur Tombouctou, au Mali, et sa célèbre Université, qui faisait venir de partout des étudiants et chercheurs surtout venus des pays arabes. L'Empire de Wagadou était dirigé par le Kaya Maga. On était déjà au début de la pénétration de la religion islamique. Alors que jusque là les habitants de cet Empire de Ghana respectaient leurs coutumes et traditions millénaires, à référence animiste, l'arrivée de l'islam va bouleverser la vie des gens de cette contrée, en se greffant dans les entrailles du pays. Avec les guerres pour des rapports de force, les pillages et la colonisation mentale, par religion interposée, vont peu à peu prendre une grande place.
En 1240, lors de la fameuse bataille de Kirima, entre les armées de Soundjata Keita et Soumahoro Kanté, c'est bien le premier qui l'emportera. Il en devient le Maître incontestable de cet Empire Mandingue, qui deviendra l'Empire du Mali, regroupant la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée, le Mali, la Côte d'Ivoire et le Niger.
L'islam progressa et la pratique de cette religion dans les grandes fanilles et à la Cour du roi. De ces guerres, les prisonniers capturés seront considérés comme des esclaves. Les Arabes qui venaient là étaient attirés par l'or, et la réputation du célèbre Université de Tombouctoum dont la qualité de l'enseignement les étonnait. Ce qui les poussera en notant la présence des captifs, de les acheter pour les revendre dans les marchés aux esclaves.
Les historiens arabes ont observés que dans cette Cour, les Blancs étaient fort nombreux. Ils venaient de partout.
Tombouctou du XIè, XIIè et XIIIè siècle n'avait rien à envier des autres grandes universités. On y enseignait déjà le Coran. Mais aussi les mathématiques et les autres sciences. Certains professeurs noirs allaient enseigner dans les pays musulmans et avaient bonnes réputations pour la qualité de leurs cours.
Moussa Kankan, le neveu de Soundjata Keita ira même en pélérinage à La Mecque en 1324, sur proposition d'un ' uléma' qui lui suggera de faire le 'Hadj' , (le fameux pélérinage dans la ville sainte de l'islam, pour tous les Musulmans).
En ce temps-là, les puissances arabes dominaient la Méditeranée. Les Corsaires arabes allaient jusqu'à piller les bateaux des Européens, chargés d'Hommes et de Femmes, faits prisonniers lors des guerres. Ces prisonniers de guerres finissaient comme esclaves, et échangés contre de l'or dans les pays africains, dont les Empires dominaient. Ainsi les Blancs étaient bien des esclaves dans les pays Noirs. Une anecdote croustillante est celle du premier juif à Tomboucto, en 1860. Il s'appelait Mardochée Aby Serour. Un rabbin juif d'origine marocaine. Il s'était déguisé avec un costume arabe, pour mieux se fondre dans la société. Mais il fut confronté dès son arrivée à l'hostilité des commerçants marocains. Il faillit se faire lyncher par des Arabes qui ne le supportaient pas du tout car ils le forçaient à renier sa religion, et qu'il refusa. Il sera sauvé par le gouverneur noir de Tombouctou qui refusa d l'expulser et lui accorda même un titre de séjour. Ce juif jouait aussi un jeu dangereux, en complottant pour l'expulsion des...Arabes, singulièrement, des commerçants marocains de Tombouctou. Après les Arabes et les Juifs, viendra le tour des Européens. Ces derniers avaient naturellement une autre culture et voyaient les choses autrement. Alors que les Arabes, malgré leur intégration, niaient le génie des Noirs. Ces Noirs qui possèdaient étonnament un savoir, une écriture, maîtrisaient la science, et toutes sorte des techniques. Ils avaient même des esclaves blancs ! Des esclaves achetés chez les...Arabes. Les Arabes et les Berbères se haïssaient mutuellement. Ils étaent tous blancs mais ne se supportant pas du tout. Les Européens aussi n'aimaient pas les Arabes. Des préjugés naissaient des deux côtés. A la moindre guerre, ils n'hésitaient pas de se vendre en esclaves chez les rois Noirs. Et lorsque les conquérants arabes viendront à leur tour par occuper des pays noirs, ce sont les Noirs qui deviendront à leur tour des esclaves des Arabes...Ils seront même amenés hors de leurs pays. (Lire sur ce sujet les pages du livre de Bilé, de 117 à 121). On ne sort pas indemne en lisant cet essai.
L'auteur, Serge Bilé, n'est pas à son premier essai. Il avait auparavant publié un ouvrage sur les "Noirs dans les camps nazis", aux Editions Le Serpent à Plumes, et qui suscita à sa sortie des réactions diverses. Le livre devint un best-seller. Toujours chez les memes Editeurs, il a publié son deuxième essai sur "La légende du sexe surdimensonné des Noirs". Par la suite, il écrit un excellent récit autobiographique "Sur le dos des hippopotames", dans lequel l'auteur parle de son enfance et de son propre parcours de journaliste africain en France. Travaillant sur RFO (Radio France Outremers), il raconte ses succès comme ses difficultés de se faire une place dans ce milieu de journaliste, surtout lorsqu'on est Noir et Africain, parlant un français sans accent ! De la Côte d'Ivoire, son pays natal, à la France Métropolitaine, Serge Bilé raconte simplement tout ce qu'il a vécu.
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Son dernier livre, cet essai "Quand les Noirs avaient des esclaves Blancs", au delà du titre accrocheur, donne des révélations historiques sur un pan du passé méconnu, tout en y ajoutant une autre dimension humaniste dans le regard des uns et des autres.