Toute tentative qui va dans le sens de ramener la paix au Proche-Orient est à saluer. La récente tournée de l'ancien président américain Jimmy Carter, prix Nobel de la Paix, qui a une fois de plus tenter le rapprochement entre Israëliens et Palestiniens, est un geste intéressant. Cette fois sa démarche a marqué un bon point, puisqu'ils'est rendu dans la région pour rencontrer les principaux protagonistes du conflit israëlo-palestinien.
Le vendredi 18 avril, à Damas, en Syrie, Jimmy Carter a rencontré les Syriens et les Palestiniens. Surtout, le chef de l'aile politique de ce Mouvement du Hamas, Khaled Mechaal. Et ce, malgré les protestations du gouvernement israëlien et l'administration Bush. Jimmy Carter a fait savoir que la paix dans la région ne peut se faire sans les principaux concernés, notamment le Hamas, et l'implication dans les pourparlers, de la Syrie, pays incournable si l'on veut résoudre tout problème dans ce Proche-Orient trouble. Raison pour laquelle, l'ancien président Jimmy Carter a rencontré aussi le président syrien Bachar El-Assad. La rencontre avec le numéro un de la diplomatie du Hamas, Khaled Mechaal, a été le plus important. Le Hamas est un Mouvement de la résistance islamique, en guerre contre Israël. Partant du principe que la paix se fait avec le dialogue avec son ennemi, lors de leur entretien, Jimmy Carter n'a pas hésité d'aborder le sort du soldat franco-israëlien Gilad Shalit, toujours retenu en otage dans la bande de Gaza, depuis 2006, par le Hamas. La proposition de libérer ce soldat en échange de la libération des prisonniers palestiniens, (notamment les combattants de la branche armée du Hamas), détenus dans les prisons israëliennes.
Le Hamas aurait accepté cette proposition, en y ajoutant qu'il propose même une trêve de dix ans avec l'Etat hébreu, à condition aussi qu'Israël se retire des territoires occupés depuis la guerre de Six jours de 1967.
Jamais le Mouvement Hamas n'a été aussi loin, puisque cela signifierait une reconnaissance implicite de l'Etat d'Israël. La réaction ne s'est pas attendre du côté israëlien, en rejettant ces conditions jugées inacceptables par le gouvernement d'Ehoud Olmert.
A noter que le chef du Hamas en exil syrien, Khaled Mechaal, est allé même jusqu'à accepter la création d'un Etat Palestinien comprenant la Cisjordanie, la Bande de Gaza, et Jérusalem-Est, comme capitale de cet Etat de la Palestine. Deux Etats vivant côte à côte. Pour les observateurs, c'est une Première ! C'est une évolution de la part du Mouvement du Hamas qui, jusque là a toujours nié l'existence de l'Etat d'Israël, souhaitant même sa déstruction, selon sa charte, qui d'ailleurs revendique toujours la totalité de la Palestine, y compris l'actuel Etat d'Israël. Ce qui l'a placé, selon les Américains et les Israëliens, parmi les mouvements terroristes.
Pourtant, le fait même qu'un si haut responsable de ce mouvement armé, Khaled Mechaal, accepte de faire ce qu'il appelle, la "Hudna" (la trêve), avec les Israëliens, est un petit signe positif toujours bon à prendre. Une façon de mettre le Hamas devant cet engagement, devant sa responsabilité. Pour le Hamas, c'est une position pragmatique. Ce mouvement ne dit plus "Tahdiya", qui signifie en arabe: une période de calme, mais bien une trêve.
Le gouvernement israëlien, par la voix de son premier ministre Ehoud Olmert, a catégoriquement rejeté cette offre de trêve venant de cet ennemi juré, qualifié de "terroriste", de même qu'il a refusé de rencontrer l'ancien président américain Jimmy Carter, lors de son passage en Israël. Comme l'administration Bush, Israël n'a pas apprécié cette rencontre avec ses ennemis syriens et surtout le chef du Hamas.
Objectivement, on peut le dire sans crainte que toute démarche qui va dans un sens de rapprochement ou de la paix entre Israëliens et les Arabes, est toujours une bonne chose. N'oublions pas que cela fait cinq mois depuis les rencontres d'Annapolis, aux Etats-Unis, que le processus de paix est bloqué. C'est ainsi que le président de l'Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas est actuellement à Washington, afin de rechercher les moyens de relancer ce processus retomber au point mort, en espérant trouver une oreille auprès des Américains, principaux initiateurs pour la recherche de la paix entre Israëliens et Palestiniens.
Après tout cela, on espère que d'autres émissaires, après les tentatives de Jimmy Carter qui a tout de même réussi d'infléchir un peu les positions du Hamas, les nouveaux émissaires iront encore plus loin pour convaincre Israël de relancer ou d'entammer les négociations.