Depuis plusieurs mois, l'Angola procède à des expulsions arbitraires des étrangers, et plus singulièrement des ressortissants de la RDCongo. Ces refoulés vers le Congo engendrent des drames humains dont on ne mesure pas encore l'ampleur, ni la grâvité, pour l'heure. L'opinion tant nationale qu'internationale devraient s'intéresser sur ce qui se passe dans les frontières entre l'Angola et la RDCongo.
Si les chiffres d'expulsés restent encore de nos jours pas connus, en revanche, on observe que des milliers de Congolais franchissent les frontières dans un tel état lamentable qu'aucun pays ne peut accepter. Ces expulsés sont refoulés vers les provinces congolaises du Kasaï-occidental, Bandundu, Bas-Congo et Katanga.
Connaissant la situation et les difficultés que connaissent le gouvernement et le régime du président Joseph Kabila, on voit mal comment les autorités de ce pays pourront faire face à des tels drames. On devine aussi les suffrances endurées par ces populations déplacées. Ces personnes refoulées d'Angola manquent de tout : nourriture, eau, logements, médicaments et assistance médicale. Ajoutés à ces malheurs, d'autres abus, d'autres besoins vitaux et essentiels de survie dans une telle situation, pour cette population en déplacements. Certains vivent en Angola depuis des nombreuses années. D'autres sont double filiation, du fait même des liens familiaux qui unissent les Angolais et les Congolais de part et d'autres des frontières, comme aux deux Kasaï et dans le Bas-Congo. On connaït les filiations des "Lunda", et des "Bakongo", avec leurs familles en Angola. Ne parlons même pas des anciens réfugiés angolais nés à Kinshasa. Or, le gouvernement de Luanda fait fi de tout cela.
Le gouvernement angolais a toujours voulu justifier cela politiquement. En prétendant des arguments qui ne tiennent pas debout. Selon lui, les expulsions d'étrangers de l'Angola en situation irrégulière entre dans la perspective de l'organisation en septembre 2008 jusqu'en 2009, des élections générales dans le pays.
Les Angolais dénoncent cette façon de faire du gouvernement. Qui sont d'ailleurs des vrais Angolais dans ce pays qui n'a connu que des brassages des races et d'ethnies ? On n'est jamais sûr des origines de certains dirigeants actuellement au pouvoir au sein du parti MPLA, actuellement au pouvoir à Luanda. Ils sont mal placés pour parler d'étrangers en Angola, ni de la nationalité !
Nous sommes indignés et nous crions très fort : Dénonçons les expulsions en Angola ! Et c'est indigne d'un pays qui veut prôner la liberté et la démocratie. Le peuple angolais est fraternel envers tous les peuples d'Afrique ou d'ailleurs. C'est indigne d'un pays qui a connu les guerres et les exils. Un pays qui connaît très bien le drame d'éxils, de drame de réfugiés angolais de la guerre fuyant vers le Congo-Kinshasa. Ce pays, la RDCongo qui a si bien accueilli ses frères dans le malheur et réussi leur intégration dans sa société.
A ce jour, on estime à 400.000 personnes déjà expulsées d'Angola. Parmi elles, des Congolais, bien sûr, mais aussi, des Angolais qui ont eu la malchance d'être nés en RDCongo, ou d'avoir des parents réfugiés d'hier dans ce pays. A noter que la plupart d'Angolais revenus du Congo ne parlent que les langues lingala et tshiluba, ou swahili ! Pour les plus instruits, ils parlent en plus le français. Langues que le pouvoir de Luanda méprisent...
C'est tout simplement absurde ! L'Angola mérite mieux que cela. Un comportement indigne du pouvoir.