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Deux films : "Entre les murs" et "Une affaire de Nègres". Deux genres différents. L'un, est un film de fiction. L'autre, un documentaire poignant. Le premier est cosmopolite et français. Le second est africain, (plus précisement, camerounais). Laurent Cantet, le réalisateur, s'est inspiré d'un roman de François Bégaudeau, du même titre, "Entre les murs", ( paru à la collection Folio). http://www.dailymotion.com/hd/video/x6ujla_interview-begaudeau-entre-les-murs_shortfilms Un film remarquable. Le Palmarès de films de Cannes 2008, a classé celui-ci parmi les meilleurs films, pour le primer de la "Palme d'Or" durant ce Festival, et ce, à l'unanimité.
Le sujet du film tourne autour de la réalité de l'enseignement, d'un professeur d'une classe, et de ses vingtaine d'élèves Français, mais d'origines diverses. Surtout issus d'immigration, nés en France, et âgés de 13 à 14 ans.
Le film est une fiction, librement inspiré de ce livre précité de François Bégaudeau, qui y joue son propre rôle, donnant ainsi l'authenticité et le charme du film. Le metteur en scène Laurent Cantet n'a pas eu du mal à le tourner. On s'attendait à ne voir qu'un documentaire mais on est surpris de voir un vrai film touchant. La justesse de ton des acteurs (le professeur et ses jeunes élèves, qui ne sont pas des vrais acteurs professionnels, donne un film très proche de la vérité et de la réalité d'aujourd'hui dans les écoles). Un professeur veut inculquer des nouvelles valeurs à ses élèves, essayant d'imposer le respect, la discipline, le savoir, tout en respectant la liberté de ton, certains langages ou autres expressions de ses élèves ! Le cocktail est sympathique et jouissif.
François Bégaudeau est enseignant, mais surtout Chroniqueur dans le journal "Le Monde", et tient aussi une chronique littéraire à la télévision, sur Canal Plus (dans l'émission 'La Matinale').
Le deuxième film, "Une affaire de nègres", est plutôt africain. Réalisé par une Camerounaise, Osvalde Lewat. Présenté au Festival, mais primé plutôt au Canada, à Montréal, lors du Festival Vue d'Afrique. Il faut dire aussi, que les films africains souffrent d'une remarquable absence lors des Festivals en France. Les réalisateurs se plaignent souvent de manque de considération pour les films africains en général. Même si en Afrique, dans des Festivals comme celui de Ouagadougou (Burkina Faso) ou de Carthage (Tunisie), les films africains essayent de se faire une place, en général la France n'accorde pas beaucoup d'importance aux cinémas venus d'Afrique. Que leur reproche-t-on ? Dans notre prochain article, nous reviendrons sur le problème que rencontre le cinéma du continent africain. Le Maghreb arrive parfois à trouver des financements en France, alors que l'Afrique subsaharienne a du mal à trouver des producteurs disponibles et prêts à s'engager pour investir dans le cinéma noir d'Afrique. Le cas de ce film est révélateur. Pour son premier long métrage, "Une affaire de nègres", la réalisatrice Osvalde Lewat a eu la chance de voir présenter son film à Cannes. Née en 1977, à Yaoundé, au Cameroun, Osvalde Lewat n'en est pas à un premier essai au cinéma. Du journalisme, elle est passée à la réalisation des documentaires, dès l'année 2000. Quatre ans plus tard, elle quitte le Cameroun pour la RDCongo où elle va tourner un film, "Un amour pendant la guerre". Dès son premier documentaire, "Le Calumet de l'espoir", on a senti les préoccupations de la réalisatrice camerounaise.
Son film présenté à ce Festival de Cannes, "Une affaire de nègres", relate une sombre affaire de disparus, en 2001, au pays de Paul Biya. Neufs jeunes Camerounais dont personne n'a plus de nouvelles. Où sont-ils ? Et surtout, que s'est-il passé ? Tout ce aur l'on sait, c'est, qu'une unité spéciale des forces de sécurité camerounaise chargée d'éradiquer le grand banditisme dans les bidonvilles de Douala, ont participé à ces arrêstations. Où l'ont-ils amenés ? Que leur sont-ils arrivés ? Les Organisations Non-Gouvernementales qui opèrent dans ce pays soupçonnent, et pensent même qu'ils ont été exécutés. Où, comment, par qui ? Ces questions sont restées sans reponses depuis sept longues années. Plus personne n'a des nouvelles d'eux. Le pire, il n'y a pas eu que les sept les plus connus, mais aussi des milliers d'autres personnes dont on ne sait où elles sont passées !
Prochain article : Le cinéma africain, toujours à la recherche de sa crédibilité et de sa reconnaissance.