Il n'était plus possible pour lui de se maintenir à la tête du pays, après les accusations de pression politique sur le pouvoir judiciaire du pays, pour culpabiliser son rival. Thabo Mbeki vient de démissionner dans l'affaire Jacob Zuma. C'est son parti majoritaire, l'ANC (African National Congress), qui l'a pousser à la sortie.
Le ex-président Thabo Mbeki avait remplacé le très charismatique et mythe vivant, Nelson Mandela, après des élections libres de l'après-apartheid. Le Parti de l'ANC avait la majorité et a désigné le successeur de Mandela.
Au pourvoir, Thabo Mbeki a essayé de suivre les traces de son illustre prédécesseur. La démocratie était bien implanté dans ce pays. Lui-même a pu se faire aimer par tous les Sud-Africains (la nation arc-en-ciel regroupant les Noirs, les Blancs, les Indiens, et tout le monde, selon la volonté du premier président noir Nelson Mandela).
Le président Mbeki croyait à la "Renaissance Africaine", qui était devenue sa grande idée, son projet pour le continent. On l'a vu règler des conflits en Afrique, (RDCongo, Rwanda, Burundi, Côte d'Ivoire, Zimbabwé, etc...).
Mais l'homme avait aussi des adversaires tant dans son propre pays qu'à l'extérieur. En Afrique du Sud, son principal rival fut Jacob Zuma, autre grande figure politique au sein du même parti que lui, l'ANC. On ne comprenait pas non plus certaines de ses prises de position, notamment par rapport au virus de SIDA, qui commençait à ravager son pays, l'Afrique du Sud. Thabo Mbeki était aussi un homme politique ambitieux. Ne supportant pas la rivalité. Ses différends avec Jacob Zuma étaient connus. Lorsque celui-ci fut grâvement accusé dans des affaires et dans les scandales de la corruption, Thabo Mbeki n'a rien faire pour le sortir de ce bourbier juridique. Au contraire. On soupçonnait le président Thabo Mbeki de faire pression à la justice pour accabler son rival politique Jacob Zuma. Tout cela sans preuve, bien entendu.
Après plusieurs mois, le Tribunal sud-africain finit par innocenter Jacob Zuma. Les soupçons d'instrumentaliser la justice qui pesaient sur le président Mbeki, s'alourdirent au point que le parti, ANC, a fini par trancher et exiger sa démission. Thabo Mbeki a donc démissionné de son poste de chef de l'Etat d'Afrique du Sud. Le parti se chargera de lui trouver un succésseur. La seule bonne nouvelle pour Thabo Mbeki, il est maintenu dans son titre de négociateur de tous les dossiers dont il s'était engagé. Notamment le dossier Zimbabwé.
Après son départ, tout semble indiquer que celui qui peut lui succéder est son rival, Jacob Zuma, mais on n'en est pas encore là. Puisque le parti devrait faire face à présent, au cas Jacob Zuma. Il faudrait attendre l'élection au sein du parti pour la désignation du nom du nouveau président. D'ici là, les choses ne seront pas si simple pour Zuma.
En cas de vacances du pouvoir par le Chef de l'Etat, c'est le parti majoritaire qui désigne un succésseur.
L'ANC est un grand parti façonné par des grandes personnalités comme Walter Sisulu, Govan Mbeki (le père de l'autre), et surtout du plus célèbre Nelson Mandela.
Le départ anticipé de Thabo Mbeki, qui devrait terminer son mandat que l'année prochaine, bouleverse l'équilibre politique en Afrique du Sud. On ne connaîtra le nom du futur président du pays, en avril 2009.
Pour éviter une crise dans le pays, l'ANC a choisi KGALEMA MOTLANTHE, comme Président par interim, jusqu'au début de l'année prochaine, en attendant la désignation officielle d'un nouveau Président en remplacement de Thabo Mbeki démissionnnaire.
Kgalema Motlanthe n'est pas un inconnu en Afrique du Sud. Il est le numéro deux de l'ANC. A 70 ans, cet ancien syndicaliste est un homme respectable. Très respecté au sein du parti, Kbalema Motlanthe est aussi reconnu comme quelqu'un de calme et de modéré. Son passé fait de lui une des grandes figures de la lutte anti-apartheid. Il avait passé une dizaine d'années dans la prison sud-africaine de Robben Island.
Sa désignation a rassuré les Sud-Africains. Puisqu'à l'annonce de la démission du président Thabo Mbeki, on craignait la crise politique. D'ailleurs, ce frémissement a fait craindre les milieux financiers sud-africains. On reconnaissait à Mbeki son excellent travail sur le plan économique. Sous sa présidence, les investisseurs affluaient dans le pays. Le gouvernement rassurait sur la scène internationale. La stabilité du pays faisait entrer les dévises et le tourisme se développait. Mais lorsque la première crise est apparue, avec le développement de la xénophobie, il a fallu beaucoup de patience pour arriver à calmer les esprits et faire règner l'ordre dans le pays.
La suprise de son départ a failli aussi déséquilibrer le gouvernement. Onze de ses ministres et trois secrétaires d'Etat ont démissionné en signe de solidarité au président Thabo Mbeki. Même les milieux financiers proches du pouvoir commencèrent à douter. La Bourse sud-africaine a commencé à dégringoler à l'annonce du départ précipité de Thabo Mbeki. Mais l'ANC a pu rassurer avec talent. La désignation de KBALEMA MOTLANTHE à la présidence par interim a démontré que le sytème fonctionne, tout comme les institutions du pays, qui restent très solides. On espère que le chemin de la démocratie continu. Et qu'il reste fiable. Pour tout le continent, on garde l'espoir et la foi en ce grand pays, L'Afrique du Sud, première puissance économique du moment sur le continent.