Du 28 janvier au 1er Février 2009, s'est ouvert à Davos, en Suisse, le Forum Economique Mondial. Plusieurs pays ont participé à cette illustre réunion des économistes et décideurs internationaux. Une quarantaine de Chefs d'Etat et de Gouvernements, ont aussi représentés leurs pays respectifs. Le WEF(World Economic Forum), ou Forum Economique Mondial, est le rendez-vous annuel qui débat depuis longtemps des questions de développement durable ou d'éthique en économie, notamment des rénumérations ou de bonus des dirigeants d'entreprise.
Cette année 2009, le 39è édition du WEF a battu le record de participation, surtout des décideurs du Nord, à cause du contexte sur fond de la crise internationale. Plus de 2.500 participants, et 43 chefs d'Etat, tous ont débattu des sujets brûlants qui préoccupent la planète entière. On a vu le premier ministre Vladimir Poutine monter faire son discours à la tribune, on a vu la chancelière allemande Angela Merkel faire ses propositions et tant d'autres avancer leurs arguments pour tenter de trouver des solutions pour résoudre la crise qui touche tous les pays, tous les peuples de la terre. En effet, l'occasion était belle pour en parler. La crise financière a dominé les débats.
Monsieur Klaus Schwab, président et fondateur du Forum économique mondial de Davos, a d'ailleurs voulu donner un autre sens à cette nouvelle édition 2009, en insistant sur le fait qu'il fallait garder l'optimisme pour alléger la crise qui mine les économies du monde. Quant à André Schneider, directeur du Forum, il a souligné le rôle du WEF, qui est une plate-forme informelle qui amène en un même lieu des gens d'horizons totalement différents, afin de comprendre ensemble comment on en est arrivé à une telle crise financière et économique, et aussi, chercher le comment pour y remédier.
Bien entendu qu'il existe une multitude d'organisations internationales telles que, l'Organisation des Nations Unies(ONU), le Fonds monétaire international (FMI), la Banque Mondiale (BM) et tant d'autres, et qui traitent des défis actuels. Mais il manquait une plate-forme permettant de rassembler, de manière informelle, et non-gouvernementale, tous les acteurs mondiaux, économiques, politiques, religieux, représentants de la société ou des Organisations non-gouvernementales (ONG). Aujourd'hui, les problèmes sont totalement interdépendants, étroitement liés les uns aux autres. Le directeur général du WEF estime que la crise financière et économique n'est pas la seule qui menace le monde, puisqu'il y a aussi les problèmes liés au changement climatique, la pauvreté, l'accès à la nouriture ou à la santé, qui restent des problèmes majeurs. Les défis auxquels fait face le système capitaliste occidental, sont gigantesques. Le capitalisme veut mettre fin à une crise qu'il a lui-même provoqué et crée. Tel est le dilemme que se sont posés les grands décideurs de ce monde réunis à Davos.
Un monde dont on nous annonce des jours très sombres pour l'avenir économique de la planète toute entière.
Pour n'avoir pas pu prévenir, ni voulu voir cette crise, et surtout pour ne pas su bien réguler le système économique mondial, ce système est allé droit se cogner contre le mur, par ses erreurs d'appréciation et pour son appétit, par son égoïsme. le système capitaliste est pris par son propre piège. Il voulait des profits à tout pris derrière les pauvres, il se voit obligé aujourd'hui de faire le choix du partage des richesses avec tous. S'il ne veut pas courir à sa perte. D'autres préconisent de "moraliser le capitalisme", comme si on pouvait raisonner une avarice. La globalisation de l'économie et des marchés a été mal conçue, donc mal maîtrisée, donc mal préparée.
Il résulte de ce constat que le monde capitaliste doit repenser sa façon de gérer l'économie, et savoir adopter des attitudes rationnelles et humaines. En voulant tout pour soi, ce système capitaliste a échoué en tout point de vue.
En voulant laisser les autres peuples sur le banc du progrès par égoïsme, les excluants à toutes décisions qui engagent l'avenir de l'homme partout, on voit bien aujourd'hui les résultats. Des pays émergent seuls, hors de contrôle de la toute puissance occidentale. Bien entendu, la crise économique est mondiale, à des prorpotions diverses. C'est évident qu'elle touche des pays comme la Chine, la Russie, l'Inde ou le Brésil. Mais un pays comme le Japon qui a cru s'en sortir voit aujourd'hui ses limites sur le plan économique. La crise japonaise était si évident puisque son économie dépendait du système capitaliste occcidental. Ce qui est déjà une chose. D'autre part, le Japon aura du mal à rattraper la puissance chinoise dans cette région d'Asie. Tous les pays occidentaux ont été surpris par l'ampleur de cette crise. Alors, une question : qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Qu'est-ce qui ne va pas ? Pour ma part, je dirais que c'est l'absence des régulations rationnelles.
On aurait pu accompagner ce système des mécanismes adaptables à la nouvelle donne actuelle, pour mieux canalyser, anticiper, prévenir, et mieux le gérer. C'est le contraire qu'on a fait. Et c'est là le noeud du problème.
Au Forum de Davos, en ce mois de janvier, des discours intéressants ont été entendus. Voire même certaines propositions. Il devrait alors se dégager tout de même des bonnes résolutions ou des solutions concrètes.
Des "experts" pensent pourquoi pas recourir à des vieilles recettes, voire sur des vieilles méthodes Keynesiennes ? Celles qui consistent à baisser les taux d'intérêts, d'accroître les dépenses et les déficits publics, pour résoudre cette maudite crise, qui dit-on, ne serait que "conjoncturelle". Or, en vérité, cette crise, pour moi n'est que structurelle. Une crise structurelle qui a besoin de certains ajustements fondamentaux aussi bien au niveau du secteur productif qu'au niveau de la consommation, tant au niveau national qu'international. Ce ne sont que des remèdes qui ont un mal qui reste profond. Les reflèxes n'ont pas encore changés. L'égoïsme occidental sur le plan de la politique économique mondiale a du mal à changer fondamentalement. Les rapports de force restent encore le crédo des pays riches. Cet égoïsme à l'égard des pays pauvres. Plus singulièrement aux pays d'Afrique. Le refus atavique de l'Occident de considérer les pays les moins avancés. Une simple remarque est aussi un constat observé depuis des lustres. Dans ce rapport Nord-Sud.
Faire autrement aujourd'hui, c'est déjà l'ouverture de l'Occident à la sagesse et au partage. C'est aussi panser une plaie avec des pansements solides et appropriés. Une guérison future pour cette plaie nommée la crise mondiale.
Ce n'est pas un hasard s'il y a eu des manifestations à l'occasion de ce Forum Economique Mondial de Davos. Cette réunion des pays riches qui veulent encore trouver seuls des solutions de leur propre crise qu'ils ont crées est une abomination pour les peuples antilibéraux. Ce WEF-Davos 2009 a été ressenti comme une provoction de plus dans cette période de crise. Les organisateurs l'ont d'ailleurs compris puisqu'ils ont dû simplifier les fastes de ce Forum. Les peuples du Sud sont durement touchés par la crise. Que vont donc encore sortir de leur chapeau de magie ? Un lapin miraculeux capable de résoudre la crise ? Les Manifestants à travers le monde n'ont pas hésité d'affirmer que les dirigeants qui participent à ce Forum annuel de Davos n'étaient pas si qualifiés pour règler des problèmes du monde. Eux qui sont "les seuls responsables" de cette crise. Ils sont restés sourds aux diverses propositions du WEF 2009, ni à une création d'un Conseil économique de l'ONU, proposée par la chancelière allemande Merkel, encore moins à Poutine qui parle du dollar dominateur et qu'il faudrait d'autres monnaies pour cette économie mondiale et ses échanges commerciaux. Les Manifestants ont crié leurs colères à Genève, tout comme à Belém, au Brésil, où se déroulait l'autre "Forum Social Mondial", très anti-Davos, donc anti-libéral : " Vous êtes la crise ! ", ont dit les manifestants à tous les participants du WEF réunis en Suisse. Le FSM, Forum Social Mondial se réunissait à Belém pour soutenir les "Indigènes" (Indiens de l'Amazonie ou d'ailleurs), et le problème de l'Environnement. Au Brésil, ce forum fut aussi placé sous le signe de la crise financière mondiale qui a conduit ceux-là même qui se réunissaient à Davos, et qui ont imposé ce modèle du libéralisme, mis en doute, générateur de la crise partout. Les néolibéraux ont été incapables de prévenir la crise qui secoue toute la planète entière. Ce modèle néfaste fut de donner aux constructeurs d'automobiles et aux banques plus d'avantages aux détriments des travailleurs. Alors même qu'il fallait faire l'inverse puisque l'urgence éait ailleurs.
Pour les peuples, ces gens qui se sont réunis à Davos, ne sont que des profiteurs-incapables, des flambeurs avec des beaux discours et des bons mots savants, sans intérêts, incapables d'actions efficaces. Normal, ce sont des profiteurs-capitalistes qui ne pensent qu'à l'accumulation de leurs capitaux honteusement acquis.
Dans ce jeu de profits capitalistes, les peuples des pays les moins avancés ont le plus souffert. En premier lieu, ceux du continent africain. L'Afrique, ce continent apauvri par les colons d'Europe, toujours surexploité. D'ailleurs, cette année 2009 encore, verra diminuer les investisseurs étrangers riches d'occident en crise. Selon la Banque mondiale, à cause justement de cette crise financière. Le continent africain a subi aussi la crise de plein fouet. Va-t-on encore nous parler des ajustements structurels de la part de ce fameux FMI (Fonds Monétaire International) ?
Sans un engagement efficace et responsable des institutions internationales, on risque de voir encore aggraver cette crise non voulue sur un continent déjà en proie de ses propres problèmes existentiels. Pourtant l'Afrique était bien partie pour s'en sortir toute seule. Les pays africains sont contraints aujourd'hui de s'autogérer et se montrer de plus en plus indépendants du système mondial afin de sortir de leur crise. En vérité, l'Afrique doit s'occuper désormais des Africains comme ils avaient commencé à le faire ces dernières années. Il n'y aura pas d'autres alternatives.
En Amérique latine, les pays se ressoudent pour résoudre leurs problèmes entre pays sud-américains. C'est la conséquence de cette mauvaise politique économique de l'Occcident imposée aux pays émergents et du Sud.
Par solidarité, les Sud-Américains ont bien appris ce que c'est la solidarité continentale. Plusieurs Chefs d'Etat de l'Amérique latine ont d'ailleurs boudé le Forum de Davos cette année. Ils ont préférés se réunir à Belém, au Brésil.
Créant de ce fait, un front anti-capitaliste, donc anti-Davos ou anti-libéralisme. Cette manifestation altermondialiste du Forum Social Mondial s'est transformé en antithèse des libéraux et théoriciens financiers, réunis à Davos.
C'est le président Brésilien Lula da Silva qui a d'ailleurs tout dit de leur ressentiment du WEF-Davos : " J'en ai marre d'aller à New-York. Londres, de voir des jeunes banquiers m'expliquer comment je dois gérer mon pays, alors qu'ils n'ont jamais mis les pieds au Brésil, et savent à peine où se trouve l'Amérique latine ! "
Les Chefs d'Etat Africains pourraient dire la même chose comme le président Lula du Brésil. On parle des vrais Chefs d'Etat africains, (ils existent en très peu nombre). Ils pourront dire pareil pour le continent africain souvent marginalisé par ces décideurs occidentaux, donneurs de leçons politico-économiques.
Malgré qu'ils étaient bien peu représentés à Davos, ainsi que le président de cette fameuse Banque africaine de développement (BAD), on aurait voulu les entendre, protester, mais comme toujours ils étaient là à écouter religieusement les "savants" de l'économie mondiale. Et en coulisse, donner des interviews inaudibles. A quand donc ce réveil de l'Afrique ? Le monde ne peut plus continuer ainsi, d'un côté les Occidentaux détenteurs de toutes vérités bibliques, et leurs suiveurs, et de l'autre côté un monde à part des "contestateurs muselés". On ne doit plus laisser la place aux seuls décideurs de l'Occident qui dictent tout, commandent tout, en définitif, nous entraînent dans des crises que nous avons connus et connaissons encore, avec cette situation que l'on connaît. Les régulateurs de l'économie mondiale ne doivent plus être les mêmes. Les peuples du Sud rêvent d'un commerce équitable.
En se réunissant à Belém, qu'à Davos, ils ont voulu faire autrement, faire entendre d'autres voix, se faire "la Voix", ces "Sans-Voix du Sud". Ils sont les paroles des pauvres. Ils veulent être les artisans du tiers-monde, du quart-monde, la voix des "pays émergents". Ce Forum Economique Mondial de Davos, n'a été qu'un forum entre riches, désemparés. Un WEF de Davos qui apparaît ainsi comme un lieu es privilégiés, des riches déboussolés et soucieux d'abord de songer à leur propre avenir, à protéger leurs butins, et cherchant des solutions pour eux, alors que l'avenir du monde dépend de la contribution de tous, et que l'enjeu pour le futur de notre monde se joue non pas seulement à lieu embourgeoisé et enneigé de Davos, mais bien partout où l'homme a décidé de se battre.