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Tout ce week-end, partout dans le monde, en Angola et ailleurs, on célèbre la « Journée de la Femme ». Que ce soit en Europe, en Afrique, en Amérique ou en Asie, des manifestations ont lieu. En Afrique la femme a toujours tenu la dragée haute dans ses droits dans la société.
La femme africaine n’a jamais cessé de jouer un grand rôle. Elle représente le ciment de la famille. Les rapports entre hommes et femmes n’est pas le même qu’en Occident, par exemple. La place de la femme dans les sociétés africaines reste centrale. Dans le cas de l’Angola, les femmes se sont émancipées bien avant l’obtention de l’indépendance du pays. C’est dans le syndicalisme que les femmes angolaises ont commencé à revendiquer leurs droits dans le travail. Elles avaient dénoncé les injustices durant la colonisation, surtout sur les abus et les discriminations qu’elles subissaient, tant au niveau d' embauches qu’au niveau salarial, avec des écarts de rémunération entre les classes sociales et raciales. Le pouvoir colonial favorisait les femmes de la métropole, qui, au moment de recrutement, à compétence égale entre une Africaine et une Européenne, le poste revenait en priorité sur cette dernière. Durant des années les femmes angolaises étaient considérées comme femmes de seconde zone.
Après l’indépendance, les femmes angolaises ont effectivement réintégré la vie sociale et publique. Le gouvernement avait mis en place une politique de prise en charge de la femme angolaise dans la société. La priorité était donnée à la formation afin qu’elle puisse être mieux préparée pour participer à la reconstruction nationale par le biais de la vie professionnelle. C’est par son implication dans la vie en société que la femme angolaise s’est émancipée. Les femmes angolaises ont, de tout temps, joué un rôle. On les retrouve dans toutes les activités du pays. Elles sont dans la politique, l’éducation, la médecine, l’agriculture, et dans d’autres corps de métier. Les Angolaises ont toujours été importantes dans la société et représentent la couche la plus considérée par le pouvoir politique. Ce n’est pas par hasard qu’elles sont présentes dans la haute sphère de la hiérarchie. Elles sont ministres, secrétaires, juges ou professeurs. On les retrouve dans les hôpitaux où elles représentent une frange non-négligeable du personnel hospitalier. En plus de ses activités publiques, la femme angolaise constitue la cellule de base d’une famille. Grâce à elle, la société retrouve son équilibre. Dans la douleur, la femme angolaise a montré son humanisme. L’Angolaise participe à la construction de l’Angola du XXI ème siècle. La Constitution du pays préconise l’égalité entre femmes et hommes devant les lois et les institutions. C’est dans cette optique que la femme angolaise participe à la vie politique et sociale. Elle apporte cette touche qui manque souvent aux hommes. L’Angolaise a acquis sa matûrité depuis des siècles. N’oublions jamais que c’est la reine N'Jingha M'BADI qui dirigeait les hommes lors des combats contre les envahisseurs et les conquérants dans le royaume de N'Gola. Alors qu’ailleurs, la femme africaine était souvent relayée dans des tâches subalternes, les Angolaises occupaient déjà des postes importants et à haute responsabilité. Ce qui les distingue des autres femmes dans le monde. Jamais les Angolais ont baissé le bras lors des différents drames qui endeuillèrent l’Angola. Elles ont toujours voulues être en première ligne. Depuis 1999, l’Organisation des Femmes Angolaises, (OMA), est dirigée par une femme à poigne, la doyenne, Luzia Ingles Van-Dunem. L’OMA (Organizaçao da Mulher Angolana) est une organisation très bien structurée. Elle donne la chance aux femmes angolaises de réaliser leurs projets. Outre leur vie familiale, les femmes veulent toujours jouer un grand rôle pour le progrès de la société. Le MPLA (Mouvement Popuaire pour la Libération de l’Angola) le parti au pouvoir, s’appuie souvent sur l’OMA pour maîtriser l'évolution de cette émancipation de la femme angolaise.
Pour terminer avec cet Hommage à la femme, en cette mémorable journée que lui est consacrée, voici la « Déclaration de l’Assemblée des Femmes », lors du Forum SocialMondial, en 2005, et qui s’est tenu à Belém do Para, au Brésil :
< Lorsque cette année, le FSM s’unit à la population de la Pan-Amazonie , nous, femmes de différentes parties du monde, réunies à Belém, nous affirmons la contribuition des femmes autochtones et des femmes de tous les peuples de la forêt comme sujet politique qui vient enrichir le féminisme à partir de la diversité culturelle de nos sociétés et avec nous, rendre plus forte la lutte féministe contre le système patriarcal capitaliste globalisé.
Le monde aujourd’hui, assiste à des crises qui montre la non viabilité de ce système. Les crises financières, alimentaire, climatique et energétique ne sont pas des phénomènes isolés, mais représentent une même crise de modèle, mue par la surexploitation du trabail et de la nature et par la spéculation et financiérisation de l’économie.
Face à ces crises, les réponses paliatives basées encore dans la logique du marché ne nous intéressent pas. Ceci ne peut seulement mener qu’à une survie du même système. Nous avons besoin d´avancer dans la construction d’alternatives. Pour la crise climatique et energétique, nous rejetons la solution des agro-combustibles et du marché de crédits de carbones. Nous, femmes feministes, nous proposons le changement du modèle de production et de consommation.
Pour la crise alimentaire, nous afirmons que les transgéniques ne représentent pas une solution. Notre proposition est la souveraineté alimentaire et la production agro-écologique.
Face à la crise financeira et économique, nous sommes contre les millions retirés des fonds publics pour sauver les banques et les entreprises. Nous, femmes féministes, revendiquons la protection au travail et le droit à un revenu digne.
Nous ne pouvons accepter que les tentatives de maintien de ce système soient faites sur notre dos de femmes. Les démissions en masse, la réduction des dépenses publiques dans le social et l´affirmation renouvelé du modèle productif affecte directement nos vies et qu´augmente le travail de reproduction durable de la vie.
Pour imposer son emprise sur le monde, le système recourt à la militarisation et à la course aux armes ; il invente des confrontations génocides qui font des femmes des butins de guerre et il assujeti leurs corps à la violence sexuelle comme arme de guerre dans les conflits armés. Il expulse les populations et les oblige à vivre comme réfugiées politiques ; il laisse dans l’impunité la violence contre les femmes, le féminicide et d’autres crimes contre l’humanité qui se succèdent quotidiennement dans le contexte des conflits armés.
Nous féministes, proposons des transformations profondes et radicales des relations entre les êtres humains et avec la nature, la fin de la lesbophobie, du patriarcat heteronormatif et raciste.
Nous exigeons la fin du controle sur nos corpos et sexualité. Nous revendiquons le droit de decider en liberté sur nos vies et les territoires que nous habitons. Nous voulons que la reproduction de la societé ne se fasse pas à partir de la super-exploitation des femmes.
Dans la rencontre de nos forces, nous nous solidarisons avec les femmes des régions des conflits armés et en guerre. Nous joignons nos voix à celles de nos compagnes d’ Haiti et nous répudions la violence pratiquée par les forces militaires d’occupation. Notre solidarité aux Colombiennes, Congolaises et tellement d’autres qui résistent tous les jours aux violences des militaires et milices impliqués dans les conflits de leurs pays. Notre solidarité avec les Iraquiennes qui font face à la violence de l’occupation militaire norte-américaine.
Actuellement et spécialement, nous nous solidarisons avec les femmes palestines qui sont dans la Bande de Gaza sous l’attaque militaire d’Israel. Et nous nous joignons à toutes celles qui luttent pour la fin de la guerre au Moyen-Orient.
Dans la paix comme dans la guerre, nous nous solidarisons avec les femmes victimes de la violence patriarcale et raciste contre les femmes noires et contre les jeunes.
De la même manière, nous manifestons notre appui et solidarité à chacune des compagnes qui sont en luttes de résistance contre les barrages, les marchands de bois, les entreprises minératrices et les mégas-projets en Amazonie et autres parties du monde. Elles sont persécutées pour leur opposition légitime à l’exploitation. Nous nous joignons aux luttes pour le droit à l’eau.
Nous nous solidarisons avec toutes les femmes qui sont criminalisées pour pratique de l’avortement ou parce qu’elles défendent ce droit. Nous reforçons notre compromis et convergeons nos actions pour résister à l’offensive fondamentaliste et conservatrice, et pour garantir que toutes les femmes qui en ont besoin aient le droit à l’avortement légal et en sûreté.
Nous nous joignons aux luttes pour l’accès des femmes porteuses de déficiences et pour le droit d´aller et de venir des femmes migrantes.
Pour nous et pour toutes, nous continuerons notre compromis de construir le mouvement féministe comme une force politique contre-hégémonique et comme un instrument des femmes visant la transformation de leurs vies et de nos sociétés, appuyant et renforçant l’auto-organisation des femmes, le dialogue et l’articulation avec les luttes des mouvements sociaux.
Nous serons toutes, dans le monde entier, le 8 mars prochain et durant la Semaine d’Action Globale de 2010, à nous confronter au système patriarcal et capitaliste qui nous opprime et nous exploite. Dans les rues et dans nos maisons, dans les forêts, dans les champs et plantations, dans le cheminement de nos luttes et dans le quotidien de nos vies, nous maintiendrons notre rébellion et mobilisation. >
Le discours du regretté président du Burkina Faso, Thomas Sankara, (quelques mois avant son assassinat, en octobre 1087), garde toute sa valeur, pour honorer la "Femme africaine", qui reste la "mère" de tous les Africains.
Extrait de son discours du 8 mars 1987, à l'Assemblée générale de l'ONU à New-York :
« Permettez, vous qui m’écoutez, que je le dise : je ne parle pas seulement au nom de mon Burkina Faso tant aimé mais également au nom de tous ceux qui ont mal quelque part.
Je parle au nom de ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos parce qu’ils ont la peau noire, ou qu’ils sont de cultures différentes et qui bénéficient d’un statut à peine supérieur à celui d’un animal.
Je souffre au nom des Indiens massacrés, écrasés, humiliés et confinés depuis des siècles dans des réserves, afin qu’ils n’aspirent à aucun droit et que leur culture ne puisse s’enrichir en convolant en noces heureuses au contact d’autres cultures, y compris celle de l’envahisseur.
Je m’exclame au nom des chômeurs d’un système structurellement injuste et conjoncturellement désaxé, réduits à ne percevoir de la vie que le reflet de celle des plus nantis.
Je parle au nom des femmes du monde entier, qui souffrent d’un système d’exploitation imposé par les mâles. En ce qui nous concerne, nous sommes prêts à accueillir toutes suggestions du monde entier, nous permettant de parvenir à l’épanouissement total de la femme burkinabè. En retour, nous donnons en partage, à tous les pays, l’expérience positive que nous entreprenons avec des femmes désormais présentes à tous les échelons de l’appareil d’Etat et de la vie sociale au Burkina Faso. Des femmes qui luttent et proclament avec nous, que l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort.
Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère et nous en appelons à toutes nos sœurs de toutes les races pour qu’elles montent à l’assaut pour la conquête de leurs droits.
Je parle au nom des mères de nos pays démunis qui voient mourir leurs enfants de paludisme ou de diarrhée, ignorant qu’il existe, pour les sauver, des moyens simples que la science des multinationales ne leur offre pas, préférant investir dans les laboratoires de cosmétiques et dans la chirurgie esthétique pour les caprices de quelques femmes ou d’hommes dont la coquetterie est menacée par les excès de calories de leurs repas trop riches et d’une régularité à vous donner, non, plutôt à nous donner, à nous autres du Sahel, le vertige. Ces moyens simples recommandés par l’OMS et l’UNICEF, nous avons décidé de les adopter et de les populariser.
Je parle aussi au nom de l’enfant. L’enfant du pauvre qui a faim et louche furtivement vers l’abondance amoncelée dans une boutique pour riches. La boutique protégée par une épaisse vitre. La vitre défendue par une grille infranchissable. Et la grille gardée par un policier casqué, ganté et armé de matraque. Ce policier placé là par le père d’un autre enfant qui viendra se servir ou plutôt se faire servir parce que présentant toutes les garanties de représentativité et de normes capitalistiques du système.
Je parle au nom des artistes - poètes, peintres, sculpteurs, musiciens, acteurs - hommes de bien qui voient leur art se prostituer pour l’alchimie des prestidigitations du show-business.
Je crie au nom des journalistes qui sont réduits soit au silence, soit au mensonge, pour ne pas subir les dures lois du chômage.
Je proteste au nom des sportifs du monde entier dont les muscles sont exploités par les systèmes politiques ou les négociants de l’esclavage moderne.
Mon pays est un concentré de tous les malheurs des peuples, une synthèse douloureuse de toutes les souffrances de l’humanité, mais aussi et surtout des espérances de nos luttes.
C’est pourquoi je vibre naturellement au nom des malades qui scrutent avec anxiété les horizons d’une science accaparée par les marchands de canons. Mes pensées vont à tous ceux qui sont touchés par la destruction de la nature et à ces trente millions d’hommes qui vont mourir comme chaque année, abattus par la redoutable arme de la faim...
Je m’élève ici au nom de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils pourront faire entendre leur voix et la faire prendre en considération, réellement. Sur cette tribune beaucoup m’ont précédé, d’autres viendront après moi. Mais seuls quelques-uns feront la décision. Pourtant nous sommes officiellement présentés comme égaux. Eh bien, je me fais le porte-voix de tous ceux qui cherchent vainement dans quel forum de ce monde ils peuvent se faire entendre. Oui, je veux donc parler au nom de tous les « laissés pour compte » parce que « je suis homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».