C'est un paradoxe étonnant. Généralement tout individu qui quitte brutalement son pays d'origine rêve d'y retourner. Dans le cas des Angolais qui ont fui la guerre en Zambie, ceux-ci refusent de rentrer ! Que se passe-t-il ? Avant d'aller plus loin dans nos prochaines enquêtes, constatons que, alors même que l'Angola est devenu un pays attractif pour les étrangers, les principaux fils, et filles du pays, n'ont plus envie de rentrer. Le pays va mieux. La paix est bien là. Economiquement, l'Angola se porte beaucoup trop bien que sa voisine la Zambie. Qu'ajouter de plus ?
L'Angola attire aujourd'hui les ex-colonisateurs Portugais. Ceux-ci s'intéressent à l'Angola quitte à rejeter totalement leur pays d'origine, le Potugal, qui vit une crise économique sans précédente. Comme nous le disait un ami Portugais : " Les Africains ne mesurent pas encore la chance qu'ils ont d'habiter un continent si riche. C'est encore nous, les Européens qui doivent le leur dire, pour qu'ils reprennent conscience de leur richesse !"
Tout est dit. Comment expliquer que certains Angolais en exil, ont fait un trait sur leur pays, et d'autres refusent de retourner pour y vivre et y travailler ! C'est le cas des Angolais en Zambie. (Nous savons qu'en Europe, certaines personnes d'origine angolaise, naturalisées, n'ont plus l'intention de rentrer définitivement dans leur pays, l'Angola.
En Afrique, c'est aussi la même attitude, du moins pour ces Angolais qui vivent en Zambie, un pays si pauvre.
10.000 Angolais sont refugiés dans ce pays voisin de l'Angola. La vie y est très dure. Normalement avec la paix, les Angolais devraient se réjouïr de la réussite économique de leur pays. On devrait s'attendre à un retour massif des Angolais d'exil. Les Angolais sont obligés de rentrer pour 'reconstruire' un pays ravagé hier par la guerre et qu'aujourd'hui le gouvenement a plus que jamais besoin de ses fils refugiés dans les pays-voisins et ailleurs.
Si une bonne partie est déjà rentrée dans le pays, tous ne sont pas en Angola. Il en reste encore à l'étranger. Certains refusant systématiquement de revenir au bercail. Il y aurait-t-il une raison à cela ?
Rappelons que dans les années 70, la guerre a fait fuir une bonne grande partie des Angolais hors de leurs lieux habituels. La guerre civile a vidé l'Angola de ses populations. Les régions frontalières du Nord, de l'Est, et du Sud, ont été grandement touchées. Les refugiés Angolais ont été contraint de vivre ailleurs. Le problème des guerres et les mines ont dissuadé les populations frontalières de rejoindre leurs villages, ou lieux de résidence. Le MPLA et l'UNITA se sont livrés dans des combats sans merci. Les éléments armés de l'UNITA de Jonas Savimbi s'affrontaient contre l'armée gouvernement du MPLA à l'Est du pays. L'UNITA avait donc sa base arrière à l'est de Zambie. Les réfugiés ont été obligés d'aller trouver réfuge dans ce pays voisin, la Zambie. Ils étaient tous regroupés à Mayukwayukwa, dans le district de Kaoma, toujours en Zambie. D'autres sont allés encore plus loin, dans la province de l'Ouest, à Nangweshi, dans le district de Shang'ombo, à Maheba, au Nord-Ouest de la Zambie. On ne peut pas dire que leurs conditions étaient enviables dans un pays si rude, et pauvre. C'est une vie d'exilés, toujours déplorable. Ils ont toujours eu des problèmes d'approvisionnements des vivres. Cultiver la terre devenait improbable à cause surtout de cette guerre et des pressions de combattants armés rebelles.
Le gouvernement zambien constata la fin de la guerre en 2002, et surtout la paix en Angola. Les Zambiens cherchent à persuader les Angolais de rentrer chez eux. Le pays est redevenu très calme et stable. Les refugiés sont libres de rentrer dans leur pays et retrouver leurs terres. Mais ceux-ci réfusent ostentatoirement. La balle est aujourd'hui au camp angolais. Le gouvenement de Luanda doit rassurer ses compatriotes encore en exil en Zambie, comme ceux qui vivent encore dans d'autres pays.
Le gouvernement angolais ne serait-il pas pressé de les voir rentrer, ou faire revenir les Angolais de l'étranger, préférant voir revenir les ex-colonisateurs Portugais ? C'est tout le problème que l'on veut que Luanda réponde.