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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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Angola, 15 mars 1961. Le peuple réclama son indépendance...

Alors que les colons portugais menaient dans la capitale des repressions contre les Angolais qui se rebellaient depuis le 4 février 1961, c'était à présent au tour des provinces du Nord du pays qui exigeaient la liberté et l'indépendance totale de l'Angola. Le 15 mars marquera la date symbolique de ce départ du déclenchement de la lutte armée en Angola. Les Angolaisn'en pouvaient plus de ce système oppressant et colonialiste.
Les révendications indépendantistes voulaient mettre fin à cette occupation coloniale qui durait depuis cinq siècles. C'était une grande surprise pour le Portugal qui croyait avoir réussi toute veilletetée de contestation.
L'Union des Populations du Nord de l'Angola (UPNA) et l'Alliance des Ba Zombos(Alliazo), deux associations des exilés angolais à l'étranger, vont soutenir cette cause nationaliste du soulèvement populaire des paysans en Angola. Les Bakongos d'Angola subissaient des injustices et les exploitations sauvages de leurs terres ancestrales par le système colonial portugais. Les véritables maîtres de l'économie coloniale étaient des planteurs-colons Blancs qui possèdaient les 99,9% des terres en Angola. Cette exploitation choquait les paysans Angolais qui en sont réduits à céder leurs terres aux  Blancs Portugais que l'Etat donnait ou offrait gratuitement des terres à exploiter. Le Nord du pays était riche en café, coton, canne à sucre, maïs,et tant d'autres matières.
Déjà dépossédés de leurs propres terres, ils étaient en plus soumis aux travaux forcés pour le compte des Blancs.
Terres volées, ils n'étaient même pas indemnisés. On les obligeait de tout abandonner pour travailler pour les colons Portugais. Ils se rebellèrent contre ces "exploiteurs-Blancs" qui detenaient les meilleures terres exploitables, donc cultivables et riches. Certains paysans et villageois parvinrent à fuir leur pays pour se refugier très loin de l'Angola. Ils allaient de l'autre côté de la frontière du nord, au Congo-Léopoldville, (auj. la RDCongo). 
Ceux qui sont restés continuaient à subir les pires des sévices du colonialiste portugais. Les Bakongos sont donc utilisés comme forces de travail, une main d'oeuvre corvéable à merci. On les fouettait, les giflait, on les insultait et on les apprenait à obéir aux ordres des Blancs, et à la soumission à l'égard de tout colon Blanc. Face à toutes ces misères physiques et morales, face à toutes ces vexations inacceptables, des courageux (pour ne pas dire héroïques) paysans prirent des armes, des coutelas, des machettes, des coupe-coupes ou des marteaux, bref tout ce qui pouvait leur servir de tuer les oppresseurs, et se lancèrent à la chasse aux Colons Blancs.
Il y a eu des massacres, des tueuries, le tout avec une rage de ceux qui avaient accumulés la rancoeur et la colère noire. Ce matin-là du 15 mars, des Noirs prenaient leurs fusils de chasse et les retournaient contre leurs bourreaux. L'heure de la vengeance était sonné. Plus rien ne pouvait les arrêter dans leur détermination de massacrer ces méchants Blancs qui symbolisaient à leurs yeux le système colonial portugais.
Après ces tueuries, les colons vont étudier la meilleure des ripostes. Ce sera "oeil pour oeil, dent pour dent ! "
Identifiant les causes de la révolte des paysans Bakongos, le système colonial va d'abord chercher à dresser les populations les unes contre les autres. Diviser pour mieux règner. Les Portugais connaissaient les rivalités ancestrales que les Angolais commençaient à oublier. Ils vont les réveiller pour opposer les Noirs entre eux.  Ils poussèrent le culot jusqu'à aller utiliser les tribus du Centre, pour les pousser à aller combattre les Bakongo du Nord. Paysans du centre contre paysans du nord. Au milieu de ces trucidations, les maîtres Portugais qui s'amusent à voir les Noirs s'entredéchirer, s'entretuer. Plusieurs tribus étaient enrôler dans la police et l'armée pour faire les sales boulots de la traitrise de leur propre pays.
Heureusement que cela ne va pas durer très longtemps, puisque les tribus vont finalement découvrir ces manoeuvres coloniales de dresser les uns contre les autres pour se maintenir dans ce système d'exploitations.
La révolte des tribus va se transformer en révolte contre le système colonial. Tous auront désormais le même slogan : in-dé-pen-dance !  Les Angolais s'unirent pour lutter contre les Portugais afin d'obtenir leurs libertés. On vit certains d'entre eux manifester leur colère rentrée contre la présence coloniale. La prise de conscience atteignait tout le monde dans le pays. Chaque famille angolaise se sentait concernée par l'exigence de cette indépendance.
Qui n'a pas connu un membre de sa famille victime des injustices du système colonial portugais ? Chacun se posait la question. Les exemples d'abus ne faisaient plus de doute : les Portugais doivent laisser les Angolais choisir leur propre destin ! 
Le système colonial reposait sur les intimidations et les travaux forcés obligatoires. Ce qui faisait rayonner l'économie de cette terre d'outre-mer portugaise. On obligeait les Noirs de travailler pour le bienfait de la "civilisation blanche et de la grandeur de l'occident chrétien" comme ils disaient à l'époque.
S'opposer au système pouvait vous coûter l'emprisonnement, ou l'assassinat pur et simple. Combien d'exécutions étouffées ! Combien de morts non-déclarés ? Le sol angolais regorge encore le secret de ces sangs anonymes que l'oppresseur portugais a fait couler dans ce pays.  Les travaux forcés étaient l'angoisse des jeunes adultes Angolais, du temps de cette présence coloniale. On arrachait des jeunes valides de leurs familles, on les amènait travailler dans les champs, sans être payés. C'étaient en fait des "esclaves" du Maître Blanc Européen. 
Les paysans Angolais appelaient ces travaux, les "Ntonga" (travail forcé). Ils devaient se taire et obéïr. Ceux qui osaient contester ou se rebeller ltaient soumis aux épreuves des "Mbalamatodi" (coups de fouet humiliants). 
Pour se dé-resonsabiliser de ces traitements sauvages, les Portugais avaient formés d'autres Noirs pour exécuter ces sentences physiques. On appelait ces Noirs, des "Capita" ( ou Surveillants, le garde-chourme). Ils se montraient encore plus terrifiants, pour bien montrer qu'ils faisaient très bien leur "job", selon les ordres de leurs Maîtres Blancs Portugais. Plus comique encore, certains d'entre eux portaient des galons sur leurs épaulettes...
Leur cruauté dépassait parfois celle du maître-pervers, et  masochiste, Portugais, qui se regalait, en prenait un malin plaisir de crier, de donner des ordres en insultant ses nègres, ou encore, en se contentant d'observer le travail. Il ne fait aucun doute qu'il y a eu des abus et des morts. On creusait des fosses communes pour jeter des corps des Noirs malades, blessés mortellement sous la torture. Des violations physiques que les Portugais dévéloppaient sur les Angolais pour se fare craindre et les exiger à obéïr sans broncher.
Ceux qui partaient, devraient se faire accompagner de leur famille : femme et enfants. Les célibataires étaient parqués dans des barraquements  insalubres, ou aux conditions d'hygiène douteuse. Sans salaires. En plus des travaux pénibles, exposés au soleil brûlant : "Les Noirs sont habitués au soleil et à leur chaleur africaine...", dit-on.
Beaucoup étaient arrachés à leurs racines, à leur famille, à leur village. Sans projet d'avenir, ni espoir de vie.
Au Portugal, c'est un régime dictatorial qui y règnait avec le président Antonio Salazar.  Celui-ci avait la charge de diriger son pays des mains fermes, et les colonies, d'une façon brutale et inhumaine, pour le rayonnemnt de l'Empire lusitanien portugais. Sa conception de la Grandeur de l'Occident et du rayonnement de la Civilisation Chrétienne, dépassait tout ce que la colonisation, ou le système colonial possèdait du plus pire.
En 1955, l'Angola n'était pas considéré comme une "colonie", mais une "Province portugaise d'Outre-mer", selon le président Antonio Salazar. L'idéologie salazariste règnait dans tout cet empire portugais, (Portugal et ses terres ou possessions lointaines). Celle-ci répondait à l'esprit de l'époque dominatrice de cette Europe colonisatrice. Le Portugal voulait "civiliser" les peuples "sauvages" d'Afrique. Il fallait leur apporter la "civilisation occidentale et chrétienne". Assimiler les peuples dominés pour en faire des "bons citoyens Portugais". Etre des "Européens".
L'application des pratiques des "travaux forcés" était une façon de leur apprendre à travailler. Apprendre à vivre, se dépouiller de leur mentalité primitive, voilà l'objectif de la colonisation portugaise en Afrique lusophone.
Les "Nègres d'Afrique" étaient considérés comme des "Indigènes".
Pour bien comprendre cette attitude et comportement colonial, il faudrait savoir aussi que l'Europe venait de sortir de la période de la Seconde Guerre mondiale, qui a transformé le mental des Européens traumatisés par la cruauté de cette guerre hitlérienne et sa sauvagerie hurlante. Certains comportements colonialistes étaient largement inspirés par ce passé. Fallait-il reproduire les schémas barbares que l'Europe venait de vivre ?
D'autres diront que c'est le "syndrôme de Stockholm", (Fascination de la victime pour son bourreau).
Est-il que, les Portugais se sont comportés en animaux à l'égard des Noirs en Angola. Deuxième Guerre ou pas, certains comportements restent indignes de la"civilisation" qu'ils prétendaient apporter aux Nègres d'Afrique.
L'Europe avait subit des déstructions durant cette guerre de 1939-1945. Plusieurs pays n'avaient plus la possibilité de s'en sortir. La crise gagnait toute l'Europe occidentale. Un "Plan Marsall" a même été conçu par les Etats-Unis, pour venir en aide à l'Europe dévastée. L'Europe devait travailler durement pour connaître un décollage de la reprise et de la modernité, et plus encore, un boom économique, (qu'elle n'avait plus les moyens). Il fallait coûte que coûte rattraper le temps perdu à cause de la guerre. Les économies européennes avaient réculées de plusieurs années en arrière. 
Pour se faire, certains pays comptaient sur leurs possessions outre-mers. Les colonies devinrent le salut pour sortir le continent du marasme économique. Les pillages devraient commencer dans les pays d'Afrique.
Le Portugal, qui est un pays européen, avait la chance d'avoir encore des colonies. Les Portugais voulaient se montrer solidaires au drame des leurs "frères" d'Europe. Participer à la réconstruction du continent restait un devoir pour tous. Alors qu'en 1951, Salazar refusait systématiquement de "décoloniser" leurs "terres lointaines africaines", il va dévélopper une nouvelle politique d'exploitation de ces territoires d'outre-mers. Les richesses pris dans ces pays lontains devront servir l'Europe, enrichir leurs économies. Les "territoires d'outre-mer d'Afrique" deviennent par magie des "Provinces d'outre-mer" du Portugal métropolitain. Par des tours de passe-passe, ces terres aficaines deviennent des propriétés de l'Empire du Portugal.  Montrant par là les bienfondés de la colonisation portugaise en Afrique. Sans vergogne, les richesses d'un pays comme l'Angola seront pillés. Des milliers de Portugais iront en Afrique, pour y travailler. D'autres vont s'enrichir davantage que s'ils étaient restés en Europe.  L'Angola devenait très attractif et d'autres Européens se ruèrent pour profiter aussi comme les Portugais.
On y trouvait (déjà) outre naturellemet les Portugais, des Américains, des Anglais. des Allemands, des Sud-Africains, des Belges, des Français, des Hollandais, et d'autres nationalités encore.
L'afflux des Portugais permettait de radicaliser le système avec un nombre important d'expatriés, de coopérants, et des contingents militaires, pour securiser l'avenir portugais dans cette "colonie-province d'outre-mer, l'Angola.
Les Noirs sur place vont connaître encore les pires des drames avec la confiscation de leurs terres. Des villages entiers réquisitionnés, des immenses plantations retrocédées aux planteurs Blancs Portugais (ou Européens). 
L'Angola devint une "colonie de peuplement" d'Européens. Les métissages se développaient avec ce drame des enfants métis, (bâtards), sans pères. Un blanc avait le droit d'engrosser une Noirem et ne pas reconnaître sa progéniture. La loi protégeait les Blancs, les Noirs ne représentaient rien devant la loi coloniale. Le pays d'Angola tout entier se transformait en champ d'exploitation. Le café fut la première matière d'exploitation. La culture de la canne, le maïs, le coton, bien sûr le café, en abondance, dans ce Nord de l'Angola, se développa.
Ce sont bien entendu des Noirs Angolais qui seront des ouvriers dans les champs tenus par des Colons.  L'obligation de travailler s'appliquait à tous les Angolais, jeunes ou adultes, voire des femmes et des jeunes enfants. Certains Noirs étaient enrôlés dans l'armée, dans la police, ou dans le service secret portugais, (la PIDE), pour servir le pouvoir colonial.La délation était encouragée, pour surveiller et dénoncer des futurs rebelles, ou des indépendantistes. Toute veilletée, ou révendication indépendantiste, était considérée comme une grâve atteinte à la sécurité, à la sûreté, à l'ordre public de l'Etat colonial portugais en Angola. Pouvant emmener le coupable en prison. Tout cela ne va pas faiblir l'idéal de cette indéendance qu'une grande partie des Angolais réclamait.
Le 15 Mars viendra rappeler la détermination des Angolais de se libérer du joug colonial. Le soulèvement populaire du Nord entraînera des massacres de cette population des propriétaires terriens portugais ou autres.
Plusieurs vont fuir le Nord pour s'abriter dans la capitale. Leurs habitations seront brûlées. Y compris d'autres biens mal-acquis qui seront soient confisqués ou carrement détruits.  
Les premiers "évacués" Blancs (Portugais, Métis, ou autres Européens), vont se concentrer à Luanda, avant de débarquer, de prendre des avions qui les ramèneront à Lisbonne, au Portugal, ou ailleurs. Tous vont évoqués les drames et des scènes effroyables, subis ou vus, et des tueuries de masse sans sélections.
La réaction du pouvoir colonial portugais sera terrible. Tout Noir vu dans la rue est un danger potentiel qu'il faut systématiquement tuer, l'abattre avant de se faire tirer dessus. Partout dans le pays, le mot "indépendance" était dans toutes les bouches. Ainsi un Noir en liberté était un danger public pour les Blancs Portugais-colonisateurs.
L'armée rappelée en renfort en Angola va faire des carnage, surtout dans les villages africains. On brûlait des cases avec ses habitants dedans, et les avions et hélicoptères de combat larguaient des bombes au nalpam, très meurtrières. Les Portugais faisaient des prisonniers mais pour les mutiler et les jeter hors du pays. Les images vont faire le tour du monde. Les massacres étaient généralisés non seulement au Nord, mais encore partout en Angola. L'armée coloniale portugaise n'hésitait plus d'aller tuer les Angolais plus loin de la frontière.
De deux côtés, la haine séculaire ressurgissait. Les Blancs haïssaient les Noirs, qui à leur tour, les leur rendaient bien. La guerre était ouvertement déclarée.  Des combattants angolais étaient récrutés par les mouvements indépendantistes. Tous les Angolais voulaient se battre pour chasser les Blancs colonisateurs. L'indépendance était le mot magique pour tous les Angolais, un cauchemar pour les colons portugais.
Le massacre du Nord a fait fuir une bonne partie de la population. Devant l'ampleur des images de ce génocide de la population angolaise par les Portugais, le Conseil de sécurité se saisit de l'affaire angolaise et la légitime guerre de libération nationale des Angolais. L'ONU va dépêcher ses agents humanitaires (du HCR, Haut-Commissaire aux Réfugiés), pour venir en aide aux fuyards et rescapés des guerres. Des villages sont reconstruits à leur intention. Des camps de réfugiés et des tentes sont dressées. La situation dramatique des refugiés d'Angola va mobiliser le monde. Le Portugal, malgré les condamnations, va poursuivre sa mission colonialiste.  Les mouvements de libération du pays vont tous recevoir des soutiens politiques et logistiques.
Le 15 mars 1961 restera une des grandes dates de l'insurection des Angolais qui réclamaient leur indépendance.  Les années qui suivront ne seront pas non plus de tout repos. Mais cette guerre de libération va marquer le signe des revendications nationalistes. L'esprit nationaliste continuait à se développer dans la population. Une prise de conscience qui va profondément s'enraciner chez les Angolais, malgré leurs divisions politiques avant la proclamation de l'indépendance qui interviendra le 11 Novembre 1975.  L'indépendance va soulager le pays mais ne l'épargnera pas des guerres fraticides qui vont s'ensuivre. 
Commémorer cette date du 15 mars 1961 est pour les Angolais une façon d'écrire encore cette page noire de l'histoire du pays.

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M
Cet excellent article éclaire très bien le passé douloureux de notre pays. Partant de là, le peuple angolais a dû faire face à tout un détour avant d'arracher ce qu'on appelle la PAIX. Espéront que plus personne n'arrivera à nous remettre les uns contre les autres. Que vive Angola. Bravo pour cet article, Alain.
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