C'est actuellement le premier grand parti politique en France. Un parti bien à droite, très puissant, dominant la vie politique dans le pays depuis la victoire présidentielle de son véritable mentor, Nicolas Sarkozy, le chef de l'Etat de la république française. C'est lui qui a fait de l'UMP une véritable machine électorale, un centre d'intérêt stratégique de cette droite française. Bon communiquant, avec un réel talent d'homme politique, il se montra tel qu'il est sans complexe. Grâce à sa stratégie de communication, et des moyens à disposition, le parti a attiré des adhérents.
L'acte fondateur de l'UMP est né le 17 novembre 2002, avec Jacques Chirac comme président de la république, et fondateur du mouvement, et Alain Juppé, chef du parti, à l'occasion d'un Congrès de Bourget qui avait réuni les grands ténors de la droite républicaine, venant essentiellement du RPR (Rassemblement pour la République) et de l'UDF (Union pour la Démocratie Française). Un moment qui, au départ, avait comme objectif, de répondre avec clarté aux différents courants de droite. On y retrouvait les familles gaulliste, démocrate-chrétienne, libérale, radicale, sociale et indépendante.
Autre but principal, c'était de transcender les anciennes frontières idéologiques et des courants par un rassemblement dans un grand Mouvement populaire. Deux ans plus tard, c'est un parti gagnant qui commençait à s'imposer.
Pour les militants de droite, désormais il fallait un mouvement capable de gêner la gauche française, en se tournant vers l'avenir avec audace et imagination. Une façon de proposer un véritable projet politique, nouveau pour la France.
La stratégie de séduction mise en place attira quelques personnes, sans véritablement être de l'idéologie droitière. Et le plus étonnant c'est que cela a fonctionné, puisque les adhérents se présentaient au siège de l'UMP (55, rue de la Boétie, à Paris, dans le huitième arrondissement), pour s'y inscrire et prendre leur nouvelle carte du parti.
En 2004, on a vu que les choses ont effectivement commencé à bouger à bouger. La vieille école droitière voyait monter les jeunes loups, très dynamiques, prêts à bousculer l'ordre et la hiérarchie. Cette nouvelle génération fut menée au fourneau par Nicolas Sarkozy. Ancien ministre de l'intérieur, il se montrait très dynamique lorsqu'il prit l'appareil du parti. Il va le façonner à sa manière, le doser à propre conception idéologique, et surtout placer ses plus fidèles amis dans des postes-clé. Il ne se gênait plus d'affronter les ainés et ne pas hésiter à les coller au mur.
Prenant les choses de façon assez imposante, il va faire de l'UMP autre chose que la vieille école du RPR dont ils sont tous issus. Le parti-UMP deviendra efficacement une machine électorale, une machine à gagner, pour remporter les élections.
Aux européennes de 2004, l'UMP n'avait pas encore la force, et récoltera un score médiocre. Mais l'année suivante, le nouveau leader Sarkozy charge son fusil d'épaule pour bousculer la vie politique en France. Il se montre intransigeant, sans complexe, n'hésitant pas à mordre dans son propre camp. Il sait qu'en politique, comme dans la vie, on ne s'impose qu'en s'opposant. Alors, il tire à boulet rouge sur les "vieux".
Pour bien montrer qu'il tient l'appareil du parti et des "dossiers" sur chacun, il suffit d'agiter quelques "affaires" pour que ce petit monde politique tremble. Son passage à ce fameux ministère de l'intérieur lui a beaucoup servi pour connaître ses rivaux et ses amis. Il s'agissait simplement de bien relire les fiches de chacun pour savoir où les prendre.
L'UMP qui, à ses débuts, se voulait un grand rassemblement des forces politiques de la droite et du centre, va voir surgir des nouveaux courants, dont le plus dominant sera le "sarkozyste". L'UDF commence à sentir son infériorité. Le "courant sarkozy", très majoritaire, gagne du terrain et occupe l'espace au sein de cette UMP renovée.
Fort de son assise dans l'appareil du parti, Nicolas Sarkozy se voit de plus en plus propulser le plus souvent en première ligne dans les combats d'idées. Grand stratège, limite manipulateur et habile politicien, c'est bien le nom de Nicolas Sarkozy qui va être retenu, et désigné pour être le seul candidat du parti aux élections présidentielles de 2007.
Ce qu'il faut retenir déjà, c'est que, de l'Union pour un mouvement populaire, le parti deviendra l'Union pour la Majorité présidentielle. Quid du RPR, qui aurait fondu, tout comme l'UDF.
Le grand courant dominant a fait un forcing qui put réunir enfin autant de sensibilité au sein de ce, décidement, grand parti de droite. La victoire sera déjà au bout de la lutte pour les sarkozystes.
Ces derniers militants se rappellent très bien du chemin parcouru depuis sept ans. Jacques Chirac, le fondateur et son ancien premier ministre se sont vu distancer par la fougue de cet élan politique, et se laissant emporter.
Lors du congrès de novembre 2002, c'est bien Alain Juppé qui fut élu le premier président de l'UMP, et Philippe Douste-Blazy, le premier sécretaire. (L'ancien président Jacques Chirac avait laissé son sécretaire général s'occuper du parti, mais après les défaites de l'UMP aux régionales, cantonales et européennes de 2004, ainsi que la démission d'Alain Juppé, après les révélations du scandale des affaires diverses, et rattrapé par la justice, le parti se devait de trouver un bon leader charismatique). Lors du Congrès du Bourget en novembre, c'est naturellement Nicolas Sarkozy qui est élu à 85,1% des membres de l'UMP, pour en devenir le deuxième président. Il sera chargé de faire remonter le parti et surtout préparer celui-ci pour les prochaines élections, notamment celles des présidentielles. L'ancien ministre de l'intérieur sait faire. Du coup, il s'est mis à la tâche, réorganisant l'appareil et la vie politique de la droite en France.
Ce n'est pas pour rien que les militants ont vu en lui le véritable patron, le mieux placé pour changer les choses.
L'UMP de Nicolas Sarkozy est devenu un appareil électoral bien rôdé. Une machine à broyer les autres partis mous.
Le programme présidentiel et légilsaltif ont plu. L'UMP remporta les élections et devint majoritaire à l'Assemblée Nationale et au Sénat. C'est un parti qui domine et contrôle la vie politique du pays. On reprochait au président Nicolas Sarkozy d'en faire trop. L'homme tenait parfois maladroitement des discours, sans rien cacher de ses ambitions politiques. Ni de sa propre vie privée. Il était le centre d'intérêt de la vie politique française, par qui, tout devrait passer.
Cet attrait sur le personnage finit par l'agacer lui-même. Un jour, il dit avoir changer mais il n'a rien changer de tout.
Chasser le naturel, il revient au galop. Il est comme ça, le président Nicolas Sarkozy. Le peuple commence à lui trouver des charmes, des excuses sur ses comportements. Depuis qu'il est au pouvoir, désormais plus rien ne pourra se faire comme avant. Il l'avait dit, rédit, répété. C'est lui le maître d'oeuvre. Ses idées commencent à dominer dans les débats politiques en France. Au sein de son parti, l'UMP, et auprès de la population. Face au vide des vrais adversaires politiques, il fait ce qu'il veut, sans complexe. Il a autour de lui ses plus fidèles lieutenants, prêts à se battre pour lui.
Autour de lui s'est constitué un vrai cercle d'amis, et autres courtisants. Avec les moyens financiers et politiques dont dispose le parti-UMP, on a vu s'aggrandir la "famille" de toute la droite. Même les plus inattendus.
C'est aussi vrai que les Jean-Pierre Raffarin, Jean-Claude Gaudin, Edouard Balladur, et tant d'autres, sont de la vieille garde. De même que Pasqua, ou Debré. Tous on vu des nouvelles têtes se hisser : François Fillon, Xavier Bertrand, Patrick Devedjian, Bruce Hortefeux, Pierre Méhaignerie, Xavier Darcos, Michel Barnier, Hervé Novelli, Claude Guéant, etc, ainsi que les femmes de forte personnalité comme, Michèlle Aliot-Marie, Nathalie Kosciusko-Morizet, Rama Yade, Rachida Dati, Roselyne Bachelot, Valérie Pecresse, et d'autres.
Le parti a vu aussi ceux d'en-face venir grossir ses rangs. Ils ont même accueilli avec bonheur. On ne cite plus les Bernard Kouchner, Eric Besson, Jean-Marie Bockel, etc, et les teneurs de porte-plume, pour des rapports commandés, comme Jacques Attali, Michel Roccard, Jack Lang, compléter encore par des Jean-Marie Cavada, et consorts, les appels de pieds inattendus, la liste est longue pour noter tous ceux qui se bousculent pour venir guigner à la porte de cette grande famille élargie qu'est devenu l'UMP du président Sarkozy.
On reste pathétique mais on les comprend, puisqu'ils se rappellent de ce vieil adage qui dit qu'il n'y a que des imbeciles qui ne changent pas d'avis. L'UMP sait très bien qu'il rattisse large. Et un nouvel arrivant, un nouveau venu, c'est toujours bon à prendre. Après Devedjan, il a fallu attendre pour son remplacement à ce poste.
En 2008, Patrick Devedjian est nommé ministre de la Relance économique, par le président de la république, et son premier ministre François Fillon. Il démissionne de son poste de sécretaire de l'UMP, cédant sa place le 24 janvier 2009 avec la désignation de Xavier Bertrand au poste de sécretaire du parti présidentiel.
Ce dernier a toujours eu la confiance du président Sarkozy qui ne cache plus qu'il se représente à nouveau pour les présidentielles de 2012. Fidéle parmi les fidèles, Xavier Bertrand a la charge de tenir le parti-UMP, de mettre en place des préparatifs en vue de la réélection de Nicolas Sarkozy, pour un deuxième mandat présidentiel.
Le parti est serein quant à la prochaine victoire de leur mentor et président. Si Nicolas Sarkozy se voit encore à l'Elysée dans quelques mois, c'est que devant lui, il n'y a rien. L'absence des vrais adversaires du président, que ce soit à gauche, au centre, à l'extrême-droite, ou à l'extrême-gauche, voire même parmi les écologistes, tout cela fait que l'UMP de Nicolas Sarkozy voit de nouveau un boulevard qu'il risque de re-traverser pour se positionner et laisser passer leur candidat-président.
A gauche, ils ont encore beaucoup à faire entre panser leurs plaies, désigner un ou une candidate (ce qui est encore une autre paire de manche !), on les voit mal prêts d'ici à 2012. Ségolène Royal, l'ancienne candidate malheureuse, et qui reste pour le moment le pillier politique du PS et de la gauche en France, parviendra-t-elle encore à attirer les foules ? Pourtant, les hommes et les femmes de valeur ne manquent pas au Parti Socialiste français.
L'extrême-droite remonte en force, après avoir récupéré une partie de ses militants qui se sont dispersés mais c'est encore un parti électoralement embryonnaire. Le poids de Jean-Marie Le Pen pèse encore trop, pour voir émerger un sérieux candidat du FN (Front National), capable de se mesurer à Nicolas Sarkozy. Marine Le Pen est-elle prête ?
Au centre, François Bayrou et son MODEM tatonnent encore. Ils n'ont pas fait, ou pu faire revenir les militants partis réjoindre le camp adverse du président Sarkozy, et ne comptent nullement de revenir. Les adhérents ne se bousculent pas trop, non plus. Les centristes dissidents ont un Nouveau Centre, et rangés très "sarkozistes".
Les écologistes sont meilleurs dans les élections diverses mais sauf aux présidentielles ils n'ont personne. José Bové et Daniel Kohn-Bendit, c'est déjà autre chose que la présidentielle. Dominique Voynet, et les autres ? A voir.
Aux extrêmes, Olivier Besancenot peine à trouver des alliances. Les communistes se méfient de lui, tandis que le PS ne le fait pas confiance non plus. Et sans les combinaisons électorales et les alliances stratégiques des partis, c'est du vent. Quant à lui, il a encore la chance. Mais va-t-il assouplir ses positions d'extrême-gauche. On doute.
La gauche peine d'ailleurs pour mobiliser. La masse populaire dite de gauche est pourtant là. Le fond de l'idéal de gauche résiste, et bien là, mais qui peut les rassembler et surtout les mobiliser ? Manque d'un vrai leadership.
Pour l'heure, notre observation montre bien que le parti majoritaire a encore la chance de se maintenir au pouvoir.
Mais 2012, c'est quand même pas demain la veille. D'ici là, beaucoup de choses inattendues peuvent survenir. La gauche a-t-elle une chance de battre la droite en France ? En politique, tout peut changer, tout peut basculer.
En attendant ce rêve, l'UMP de Nicolas Sarkozy continue de dominer le paysage politique français, et peut-être encore pour des années à venir ?