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Le 27 septembre prochain, un Méga-Concert sera organisé à Paris, en hommage à Myriam Makeba.
La Grande Dame Sud-Africaine de la chanson africaine nous a quiité le 9 novembre 2008, à l'âge de 76 ans, lors d'un concert public donné à Naples, en Italie, à l'issue d'un concert de soutien à l'écrivain Italien, Roberto Saviano, traqué par la Mafia napolitaine, (la Camora). C'était son ultime combat de militante de toutes les causes justes.
Myriam Makeba fut effectivement une militante très engagée, convaincue des causes qu'elle défendait, en premier lieu, la cause panafricaine. Combattante de première pour la lutte contre l'apartheid, ce système méprisant qui sévissait alors dans son pays, l'Afrique du Sud.
Myriam Makeba est née en Afrique du Sud, à Johannesbourg, le 4 mars 1932. Son véritable nom africain est, « Zenzie Makeba Qgwashu Nguvama ». C'est dans son propre pays qu'elle a vécue une enfance la plus triste de sa vie. Le pays vivait sous la ségrégation raciale. De parents très pauvres, elle a très vite compris qu'elle fallait travailler davantage pour s'en sortir, surtout pas dans ce pays occupé par les Blancs, qui n'offrait aucune possibilité, aucune chance aux Noirs.
Sa vie est déjà tracée dès son jeune âge. Encore bébé, elle découvre la prison, alors même qu'elle n'a que six mois ! C'est l'arrêstation de sa mère qui l'aconduit dans la cellule. Sa mère, de condition très pauvre, s'était permis de fabriquer une bière locale et la vendre, pour survivre. Subvenir aux besoins de sa famille.
Adolescente, Myriam Makeba qui n'a connue que la misère apprend à se débrouiller, en lavant les voitures, faire n'importe quoi pour s'en sortir. La musique est venue par hasard. Fréquentant le milieu musical, elle devient « choriste » dans un groupe. Grâce à son timbre de voix, elle se fait remarquée, et très rapidement, elle se retrouve la vedette non seulement de ce groupe, mais aussi dans différents ensembles musicaux dans lesquels elle se produit. La musique devient une passion pour elle, et decide d'en faire une vocation, et son métier. Elle interprète et écrit ses propres chansons, souvent pour dénoncer le système politique dans son pays. Ses chansons engagées éveillent les soupçons du pouvoir de Pretoria. Les autorités commencent à s'intéresser à elle. La musique de la chanteuse fait le tour du pays, et au-delà des frontières. Son nom d'artiste « Myriam Makeba » commence à être connu en Afrique, et bientôt dans le monde.
Pour le pouvoir blanc, cette chanteuse noire commence à déranger le système politique du pays. On la considère déjà comme une « militante noire », une vraie personne à combattre pour Prétoria. La lutte anti-apartheid devient le combat de sa vie, et Myriam Makeba ne cache plus son opposition.
En 1959, elle fuit l'Afrique du Sud, son pays, pour se refugier dans les pays voisins. Et, entame dès lors des années d'exil à travers le monde, un exil qui durera plus d'une trentaine d'années !
Elle parcourt le continent, se produisant partout. Et toujours avec ce même message : combattre le système d'apartheid en Afrique du Sud. Un combat très juste qu'elle reçoit les soutiens de toutes parts. Ce sont ses chansons qui attirent l'attention sur ce qui se passe au sud du continent noir.
C'est aux Etats-Unis que Myriam Makeba recevra les soutiens parmi les Noirs américains, eux-aussi victimes d'une même ségration raciale. Les « Blacks Panthers » manifestent leur sympathie à son égard. C'est un mouvement radical, voire même extrêmiste, qui ne cache pas leur combat pour un « Black Power » en Amérique dominée par le pouvoir blanc. C'était l'époque des révendications pour exiger l'égalité entre Blancs et Noirs, dans ces Etats-Unis multiraciaux. Elle épouse même un des leurs leaders, Stockeley Carmichaël. Myriam Makeba passe même quelques temps en Amérique avant de retourner avec son mari, en Afrique. Ils choisissent la Guinée-Conakry, le pays de Sékou Touré, qui a même accordé la nationalité guinéenne à Myriam Makéba, devenue la « Citoyenne d'Honneur » de la Guinée. L'Afrique entière la surnomme « Mama Africa ». Une façon de reconnaître ses valeurs artistiques et surtout son combat contre l'apartheid qui sévit en Afrique du Sud. Myriam Makeba est reçue partout en Afrique avec honneur et respect.
Elle se produit dans tous les pays d'Afrique. La France lui accorde un passeport français. Ce qui lui permet de voyager dans le monde entier sans problème. Elle devient la « porte-étendard », la « voix des sans-voix » en Afrique du Sud. On l'invite partout : surtout en Europe. Elle se produit dans les plus grands scènes et music-hall d'Europe, à Paris, à Berlin, à Bonn, à Munich, à Stuttgart, à Vienne, à Rome, à Genève, à Zürich, à Madrid, à Bruxelles, à Londres, ou à Amsterdam ! Elle devient une îcone, adulée, adorée, et toujours respectée. Des pays se reconnaissent en elle. Elle a toutes les nationalité : Guinéenne, Algérienne, bref, un « Citoyenne du monde ». C'est elle, effectivement la vraie « MAMA AFRICA » !!!
Son combat portera ses fruits, puisque le système d'apartheid finit par tomber, et le vieux leader sud-africain Nelson Mandela est libéré. C'est alors qu'elle décide de rentrer dans son pays, en 1990.
Elle va y découvrir ses « amis » de la lutte anti-apartheid, et membres de l'ANC (Congress National African), le mouvement actif dans la lutte contre l'apartheid. Le nouveau président, c'est un premier président noir, Nelson Mandela, qui clame haut et fort que l'Afrique du Sud est un pays « arc-en-ciel » : Noirs, Blancs, Métis, Indiens, Coloroud ! Les Sud-Africains vont reserver un accueil digne à cette femme, Myriam Makeba, dont on n'oubliera jamais que grâce à elle, lors de son discours à la tribune des Nations Unies à New-York, dénonça haut et fort le syxstème détestable d'apartheid. Elle avait alors appelé au boycott de ce pays au système raciste.
Grâce aussi à ses chansons qui sont devenus des véritables hymnes nationaux, et célèbres, comme : « Pata Pata », « Malïka », « Khawuleza », « Kilimanjaro », « A luta continua », « Akana Nkomo », « Ngoma Nkurila », etc.
C'est elle qui va populariser cette chanson sud-africaine « Nkosi Sikeleli Africa », devenue l'hymne de la nation arc-en-ciel.
C'est une grande carrière, commencée en 1952, au plus fort de la repression et de la ségrégation raciale en Afrique du Sud, et qui sera jalonnée des succès ininterrompues. Après la fin de l'apartheid, Myriam Makeba n'a pas arrêté sa carrière de chanteuse. Elle a continué de parcourir comme avant, le monde entier, et se produire partout, donnant un concert par-ci, un concert par-là.
Son message était toujours le même : la paix et de l'amour. Pour tous les peuples de la Terre, dont elle se symbolisait être la « Mama Africa ».
Dans les années 1990, c'était déjà une femme à la vie bien remplie. Des succès qui ne faiblissaient jamais. Elle a reçu tous les Prix, très divers, grâce à sa musique, à ses actions humanitaires. Ambassadrice, Apôtre de la Paix dans le monde, elle était tout cela.
Pour compléter sa vie, elle s'est même essayée au cinéma, comme dans le film « Sarafina » dans lequel elle joue un rôle de...mère, tournée en 1992. Ce film évoque les émeutes de Soweto en 1976.
Dans les années 2000, Myriam Makeba, âgée de 76 ans, un peu fatiguée, continuait encore à chanter et à se produire dans les concerts. Elle avait même annoncée début des années 2000 de mettre fin à sa carrière, en entamant des tournées d'adieu sur la scène.
Invitée en Italie, ce dimanche fatale du 9 novembre 2008, elle a un malaise juste après avoir chanter sur cette scène public. C'était sa dernière apparition puisqu'elle meurt le jour même durant ce concert. Elle aurait manifestée son courage et son engagement militant jusqu'au bout. Le monde, et surtout l'Afrique n'oubliera jamais sa « MAMA AFRICA ».