C'est la rentrée. La gauche a donné le ton avec le parti socialiste et l'ouverture de son université d'été, en cette fin du mois d'août. La première secrétaire du PS a ouvert, le vendredi 28, les travaux de celle-ci avec un discours très offensif.
Les militants présents ont apprécié. Ce ressemblement de La Rochelle, a permis aux socialistes de se mobiliser et donné de la voix pour réveiller un parti qui commençait à s'autoflageler. Si ce sont les "quadras" du parti qui ont poussé la direction de se bouger un peu, on peut noter que Martine Aubry a saisie cette occasion pour se redonner une certaine prestance en tant qu'actuelle patronne du parti socialiste. Pour elle, l'essentiel est de montrer que le parti existe et que l'unité reste une priorité pour la cohésion des actions à venir. Une question demeure tout de même : Peut-on réellement croire au reveil de la gauche en France après plusieurs mois d'inertie ? Tout dépendra des attitudes et comportements de chacun dans les jours à venir. Par contre, on peut noter cette bonne volonté affichée par tout le monde lors de cette université d'été de La Rochelle, où l'on a vu croiser tout le monde, des "élephants" aux "jeunes loups" du PS. Chacun avait son mot à dire, gonflé de bonne volonté manifeste pour sortir leur mouvement de la crise qui le minait. D'ailleurs, un sondage effectué auprès des Français dans ce brouhaha socialiste, est venu redonner encore plus de moral au parti, puisque d'après cette enquête d'opinion, un Français sur deux pense qu'il est possible que la gauche revienne au pouvoir, et qu'il n'est pas impossible que l'actuel locataire de l'Elysée soit même battu en 2012 par le ou la candidat(e) du Parti Socialiste.
Ce sondage n'a pas eu l'heur de plaire aux détracteurs de la gauche, dont le plus connu a même osé ironiser de la division du parti : " A force de se concurrencer, les socialistes vont bientôt faire leur rentrée le 14 juillet". Un tantinet de pique comme il sait le faire. Mais celui qui l'a dit est mal placé, puisque lui est un habitué de retournement de sa belle veste de gauche. Un célèbre chanteur a même fait une chanson sur les "opportunistes" politiques en France. Une chanson qui semble bien aller avec lui. Ce sieur n'est pas le seul. Les "félons", en politique, on en voit beaucoup. Surtout en ce moment crucial des pertes de valeur idéologique.
Les Socialistes ont afin compris la gravité de la situation pour ce parti en désordre, par manque d'un grand leadership charismatique. Sur le plan symbolique, à La Rochelle, on a vu arriver ensemble Martine Aubry et Ségolène Royal, la présidente de Poitou-Charente. Un signe fort pour montrer que la collaboration doit primer au sein du parti et qu'il faut désormais dépasser les clivages et autres sensibiltés susceptibles. L'idée d'organiser des primaires fait son chemin puisque tout le monde semble être d'accord sur ce point. Celles-ci permettront de dégager une ligne cohérente, avec la désignation d'un(e) candidat(e) unique pour la gauche. Il semble même que les idées de Ségolène Royal soient reprises ou reprises par le PS. Notamment cette idée d'une hypothétique alliance avec le MODEM de François Bayrou. La première secrétaire est allée encore loin dans son discours en précisant qu'il faudrait alors au chef de ce parti de se déclarer clairement si son mouvement centriste se positionne à gauche, et qu'il était prêt à voter avec le PS lors des élections diverses. Le PS ne veut surtout pas se diriger au centre. Les Socialistes restent de gauche et bien à gauche.
Pour les primaires, Martine Aubry fixe la date du 1er octobre pour une consultation des militants. La direction du PS se réunira le 12 septembre pour choisir les modifications statuaires sur lesquelles les militants trancheront.
Le Parti Socialiste veut sa "renovation". La gauche française, souvent critiquée, a des idées, et un "Projet" pour la France, et le dit. Reste à remettre de l'ordre dans le parti et que les militants se ressaisissent, en jouant le jeu de l'unité et de la cohérence. Le PS pense être capable de battre Nicolas Sarkozy et l'UMP en 2012. D'ici là, ils ont des atouts qu'ils doivent savoir les exploiter. Concernant l'union avec tous les partis de gauche, le PS veut que tous regardent dans le même sens. Les Verts ont répondu présents. Quant aux Communistes, ils ne souhaitent pas pour l'heure cette alliance avec un centre dont les idées apparaissent clairement de droite. C'est dire que la gauche a encore du travail pour se réunir et travailler ensemble. Le PS a fixé sa feuille de route. Les militants ont noté cette bonne volonté affichée par tous. A La Rochelle, on a vu un parti uni, soucieux de travailler ensemble. Le PS est "utile" pour les Français.
Cette belle affiche n'est pas un feu d'écran, ou la poudre aux yeux, ont dit certains militants. On aimerait bien les croire. Car, cette fois-ci la gauche en France veut apporter sa nouvelle pierre dans la politique future si elle revenait au pouvoir.