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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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Escales angolaises : Luanda, la capitale et son histoire, en attendant la fête sportive en 2010.

Nous voici dans la plus belle ville d'Afrique : Luanda. Capitale de l'Angola. Une ville chargée d'histoire, riche, intéressante, pour l'Angola tout entier. Elle est très belle, la ville. Son passé est resté longtemps inaccessible, inconnu. Que nous avons décidé de l'aborder. En attendant de revenir encore plus tard, sur son actuelle situation touristique. Alors, comment est née cette ville ? Avant d'y arriver, remontons encore plus loin, jusqu'à la date de sa fondation.

Nous sommes en 1559. Le Portugal poursuit ses conquêtes maritimes, en tant que puissance impériale.  Pour arriver jusqu'en Angola les Portugais vont envoyé des émissaires. Parmi eux, un certain Paolo Dias de Novais, accompagné par des "missionnaires jésuites". Ils débarquent donc en 1575 dans un pays appelé "Ngola", du nom du roi qui y règne. Ils constastent que le pays est magnifique, et que l'organisation du royaume n'a rien à envier sur celui de la métropole européen. Les Noirs Africains du pays étaient bien organisés, obéissants et très respectueux.
Le royaume avait même une armée, et des bons soldats, disciplinés. Armés des armes rudimentaires comme des flèches, arbalètes, les soldats en uniformes impeccables. Leur roi était trés respectés et vénérés. Le roi qui s'appelle Ngola, avec une de ses filles, la reine Nzinga, qui dirigeait toute une armée, malgré son jeune âge.
Les Portugais étaient surpris de découvrir tout cela. C'était le contraire de ce qu'ils avaient vu au Brésil, avec les Amérindiens. Les Noirs paraissaient plus civilisés et plus avancés que les Indiens brésiliens d'Amérique du Sud. Ils avaient un pays, un royaume, un peuple qui vit paisiblement sur leurs terres. Leurs villages étaient très propres, bien alignés. Avec des maisons propres, décorées de l'extérieur comme de l'intérieur. Le pays semblait riche, avec cet aspect artistique et les objets d'or qui ornaient les lieux. On y voyait des statuettes, de l'or et autres objets décorés avec harmonie. Leur construction de la ville semble stylée, imaginative. Si le premier accueil fut courtois, la mainmise des Portugais qui s'intéressaient à tout et voulaient s'emparer de certaines richesses conduiront à la bagarre. Les Africains vont se battre pour sauvegarder et défendre leurs biens. Les Portugais se battront durement, utilisant les armes à feu, déjà très moderne pour l'époque. Victorieux, ils vont prendre possession des terres des Africains.

Paulo Dias de Novais décide une année plus tard, en 1576, de fonder une ville qu'il nomme Sao Paolo de Luanda.
Cette ville servira après sa disparition, de base, et de comptoirs pour le commerce. Beaucoup plus tard, le commerce portugais va se changer en un fort de rassemblement de  prisonniers Angolais, capturés durant les diverses guerres.
Ces prisonniers qui finiront par devenir des esclaves de négriers blancs. Les esclaves capturés dans divers lieux en Angola, sont parqués, ainsi que les richesses ou butins de guerres, regroupés à Luanda, puis remplis dans des bateaux. Les marchandises prendront le chemin de l'Europe, au Portugal. Tandis la cargaison humaine d'esclaves va se diriger vers le Brésil, et les autres coins de l'Amérique. Les esclaves angolais sont vendus à d'autres négriers européens dont le commerce des bois d'ébène intéressait en tout premier lieu. Les Portugais ne vont pas se gêner d'aller chercher ou capturer d'autres esclaves, pour remplir des bateaux des négriers. Un esclave acheté rapportait plus sur le plan de la valeur marchande : on échangeait un Noir contre du sel, une table, une chaise, etc. En ce temps-là le commerce d'esclaves battait son plein. Tout le monde s'y est mis. Tous les pays d'Europe.
Ville fondée au milieu du XVIIè siècle, Luanda fut aussi par la suite un grand port pour les esclavagistes qui venaient acheter des marchandises diverses et des esclaves. Ville rendue point de départ des esclaves, elle le sera encore avec un autre statut, le centre administratif de la colonisation portugaise en Angola, et ce, depuis 1627 à ce jour.

L'Angola deviendra aussi une terre de différentes guerres et d'évasion des étrangers de toutes sortes. Les royaumes envahis, conquis, s'entrdéchiraient, et se livraient à des guerres entre eux, suite à des rivalités. Il fallait s'emparer des terres, des territoires, à l'énnemi. Le cas des royaumes du Kongo et de Ndongo est intéressant.
Vers 1568, les "Yaka" tentent d'envahir le royaume de Kongo et de Ngola. Ils sont repoussés, grâce à une coalition.
Au début du XVIIè siècle, des Portugais s'implantent au Ndongo où leurs forteresses (Maxiama, Massangano, etc.) servent de point d'appui aux marchands d'esclaves. Pendant ce temps, les royaumes s'unissent pour former déjà l'Angola, contre la présence coloniale portugaise. Dès lors, pour les Portugais, il existe un Angola "utile", qui devient un inépuisable réservoir de main-d'oeuvre, servile, pour le système, et pour l'Amérique du Sud. Créant et suscitant des rivalités entre pays européens.
Durant l'occupation hollandaise de l'Angola, de 1641 à 1648, les Portugais sont chassés d'Angola, et de toute la côte du pays, par les forces armées neerlandaises, alliés des Angolais, du royaume de Kongo, et aussi à celui de Ngola, dont la reine Nzinga tient l'armée, et elle deviendra par la suite pour les Angolais, le symbole du nationalisme "mbundu", et de la lutte anticoloniale. 
A souligner que, pendant la présence hollandaise en Angola, la ville de Luanda s'est encore modernisée, devenant une ville "européenne", par son architecture. Son style se rapprochait des villes d'Europe, très moderne. Durant ces quatre années, Luanda vivait déjà autrement. On y rencontrait de plus en plus, plus de Blancs européens et moins des Noirs. On avait instauré la séparation des quartiers : "la ville européenne", et les quartiers reservés aux Noirs.  La plupart des Noirs retourneront dans leurs villages respectifs. Fuyant déjà cette politique ségrégationniste.
Laissant la "ville" aux Blancs et leur mode de vie basé sur les différences raciales, très différent des Angolais.
Un système déjà utilisé dans leur temps, que les Portugais reprendront encore plus tard durant leur colonisation effective. L'Angola a connu plusieurs conquérants, outre les Hollandais, les Brésiliens sont aussi arrivés pour aider les Angolais contre la présence portugaise, au XVIIIè siécle. Les Hollandais avaient bâtis une ville digne de ce nom, au coeur de l'Afrique.
Mais en 1648, les colons lusitaniens, réorganisés, parviennent à récupérer les territoires perdus, c'est-à-dire, Luanda et Benguela. Le réarmement de la puissance portugaise permettra à ces envahisseurs, d'écraser le royaume de Kongo, à Ambuila, en 1665, après une guerre mémorable, et éffroyable. Sémant les désordres et l'émiétement entre chefferies rivales, et qui ne parviendront plus ni à s'entendre, ni à retrouver la puissance de jadis, encore moins d'unité comme du temps du roi Afonso 1er.
En 1671, le royaume de Ndongo tombe, définitivement vaincu, et une succession d'alliances et de guerres avec les autres royaumes voisins de Matamba et de Cassange, permettant d'aboutir à un statu quo, qui restera pratiquement inchangé pendant deux siècles.

Au Sud de l'Angola, Benguela a fondé le "presidio" de Caconda, vers 1682, mais la poussée vers l'intérieur est arrêtée. L'envahisseur portugais s'occupe du pays. Le Portugal et le Brésil signent un accord. L'Angola ne reçoit du Brésil que des soldats, et surtout des condamnés ("degredados"), et en revanche, le Portugal lui envoi des esclaves noirs Angolais. Le commerce des esclaves restait encore très lucratif. Les négriers français, anglais, espagnols, hollandais, voire, portugais, trafiquent dans la région, de l'Angola au golfe de guinée, jusqu'en Afrique occidentale.
Toute la côte maritime angolaise connaît ces trafics.  Malgré l'interdiction des Portugais, débordés, et qui vont tenter de les en chasser. Impuissants devant l'ampleur du commerce du bois d'ébène, les Portugais eux-mêmes se remettent à les fournir, à amplifier le trafic d'êtres humains. La présence européenne en Angola va se développer à cause de ce trafic. Les Angolais sont pourchassés, jusque dans leurs fond fin de leurs villages dans la brousse. Capturés, ils sont livrés aux différents négriers Blancs qui sont de plus en plus nombreux en Angola. Des bateaux entiers remplis des Noirs esclavagisés, sous les cales, parqués, enchaînés, vont faire la traversée de l'océan Atlantique.  Direction les Amériques. Le pays de Ngola devenant un couloir de la Kwanza.
L'abolition théaorique de la traite en 1836, l'anarchie au Portugal métropolitain, l'indépendance du Brésil, et surtout la présence d'une escadre britanique, chargée de réprimer le trafic dans la contrée angolaise, conduisent l'Angola portugais à amorcer une réconversion.
En dépit de quelques explorations empiriques, quand l'explorateur anglais, Livingston, arrive à Luanda en 1854, il est le premier à faire connaître à un large public l'état de l'arrière-pays angolais. Les Portugais ne peuvent plus se contenter de végeter en revendiquant l'intérieur, où leur influence est nuelle ou minime.

Des guerres désastreuses (expulsion des Portugais de Dembos en 1872) sont suivies de poussées vers le Sud, à partir de Moçamedes vers le Cunene. Des explorations scientifiques, celles de Roberto Inves, d'Alexandre de Serpa Pinto, d'Henrique Dias de Carvalho, d'Henrique Mitchell de Paiva Counceiro, et tant d'autres chercheurs encore, permettent de mieux connaître, entre 1877 et 1890, le territoire que le Portugal occupera par la suite.
Evincé de la rive droite du fleuve Congo par la Belgique du roi Léopold, le Portugal annexe une partie du royaume Kongo, réussit à se faire attribuer l'essentiel de Lunda, mais voit ses rêves de réunification au Mozambique réduits à néant, par un ultimatum britanique, en 1890. Il sauve cependant les haut-plateaux, l'Ovambo le moins stérile, et une immense portion des savanes orientales. Sur la carte, à la fin du XVIIIè siècle, l'Angola des Bragance représente plus de 20 fois l'Angola portugais du XVIIIè siècle.
Il faut cependant aussi le disputer encore aux Africains en une multitude de campagnes, dont la dernière des guerres, se terminera en 1919.  Pendant une trentaine d'années, l'Angola redevient une terre de conquêtes, tandis que Luanda commence à voir la population métisse et noire affirmer son nationalisme et les Blancs leur autonomisme.
L'autocratie gouverneur général (1912-1915), puis haut-commissaire (de 1921 à 1923), José Mendès Ribeiro Norto de Matos, s'efforcera de réorganiser l'Administration, de mettre au pas les impatients et surtout de développer le pays en encourageant l'immigration blanche européenne. Ses successeurs hésiteront sur les méthodes, mais l'instauration de l'Estado Novo (Nouvel Etat), en Métropole, en 1926, aura le mérite d'assurer la stabilité et la rigueur de la gestion financière.
L'ouverture des mines de diamants en 1919, le raccordement du chemin de fer de Lobito au réseau belge, l'intensification des cultures de plantation, le développement du réseau routier exigent des contingents de main-d'oeuvre africaine sans cesse accrus. Bien que l'intensité des différentes formes de travail non-volontaire ait été variable selon les régions, il n'en demeure pas moins que la division juridique des Angolais en deux classes sociales : d'un côté, les "Indigènes", et de l'autre côté, les "Assimilés" (Noirs et Métis compris). Mettant les premiers à la merci d'une décision arbitraire de l'Administration portugaise.
De 1945 à 1960, l'Angola sort du marasme économique. (Notez en passant que ce sont les Belges qui ont les premiers, découverts en 1955, la présence du pétrole en Angola). 
Sorti de cette crise économique, l'Angola accueille ensuite des vagues d'immigrants Blancs, mais ce faisant, accroît  aussi les frictions communautaires qu'exploiteront à merveille les nationalistes angolais, encouragés par les exemples de la décolonisation à leurs frontières.
Le 4 février 1961, une tentative de soulevement à Luanda est durement réprimée. Parallèlement, mais sans liaison claire avec les événèments de la capitale, une jacquerie éclate dans la "Baixa de Cassange", et le 15 mars de la même année 1961, les Angolais du Nord, les Bakongo, se révoltent contre la présence coloniale portugaise dans leur pays et réclament l'indépendance de l'Angola.
Il faudra alors attendre jusqu'au 11 novembre 1975, pour que le pays tout entier se libère du joug colonial, et obtient finalement son indépendance.
Luanda demeure la capitale de l'Angola. Un grand centre d'intérêt politico-économique et social. Capitale administrative et le plus grand port maritime du pays. Sa population s'est augmentée au fil des années et dépasse dès lors les 6.000.000 d'habitants. La guerre avait poussé les populations rurales de trouver réfuge dans la ville.
En 2010, Luanda accueillera la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2010). Un grand évenement sportif. Une belle fête sportif de football intercontinental, à Luanda, en Angola, et pour tous les Angolais sur place.
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