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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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Congo-Brazzaville. Le grand musicien-saxophoniste Jean-Serge Essous est mort le mercredi 25 novembre.

 

Il fut un très très grand artiste-musicien complet et de grand talent. Jean-Serge Essous vient de mourir dans un hôpital de Brazzaville (Hòpital Central des Armées Pierre Mobengo), le mercredi 25 novembre 2009, à l'âge de 75 ans. Le « maestro » de la chanson congolaise vient donc de tirer sa révérence laissant une oeuvre riche et abondante, après une longue carrière musicale, qui nous a donné tant de plaisirs. Pour bien connaître la musique congolaise, le réalisateur Angolais, Dom Pedro, avait consacré et réalisé un excellent film-documentaire sur la rumba congolaise, que nous vous invitons à le découvrir ou à le revoir.

Celui que l'on surnommait « Espiritus 3 'S' », « Les 3 'S' », est véritablement le père de la chanson congolaise, initiateur et fondateur des différents groupes musicaux, tels que le mythique orchestre O.K. Jazz, (avec le maître Franco), à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, ou encore de l'autre grande formation mythique de Brazzaville, « Les Bantous de la Capitale », de l'autre Congo.

Ce qui le caractérise est le mot « talent ». Il a impulsé cette musique congolaise en y introduisant des rythmes venus d'ailleurs et qu'il va façonner « à la congolaise », dès les années mille neuf-cent cinquantes. Enrichissant la « rumba congolaise » de la sauce afro-cubaine. Ces apports ont largement contribué au succès de la rumba.

Musicien complet, il a commencé avec son instument préféré d'origine, la clarinette. A cette époque-là, ce n'était pas courant. Les jeunes musiciens citadins préféraient chanter ou jouer de la guitare. Ce n'est que plus tard, en plus de la clarinette, il va maîtriser le saxophone, qui deviendra véritablement son instrument-fêtiche, et une véritable vertuose. Toute sa vie, il n'a cessé de jouer.

Jean-Serge Essou est né le 15 janvier 1935, à Mossendjo, dans le Niari, mais toute sa jeunesse, il l'a passé à Brazzaville. Ses parents habitaient sur la Rue Mboko, dans le quartier de Poto-Poto, dans la capitale congolaise.

Après ses études primaires, (Ecole de Poto-Poto), et au Collège de Dolisie, il choisit des études de l'éléctricité, à l'Ecole Technique de Brazzaville. Très intéressé aux mathématiques et aux techniques.

Dans les années cinquantes, il se découvre une passion pour la musique. Il apprend à jouer de la clarinette. A seize ans, il a une très bonne connaissance de cet instrument et de la flûte. Il rejoint le « Ballet Kongo dia Ntotila ».

En 1952, il intègre un autre groupe musical, les « Compagnons De la Joie » (CDJ), dirigé par Marie-Isidore Diaboua. Il y joue et apprend la musique. On retrouve dans cette formation musicale, Lomota, Mboto 'Joker', Philippe Mouckouamy 'Mock', Kouka Celio, Kodia Bonanrd, et surtout Pandy Saturnin. Le jeune Jean-Serge songe à monter sa propre formation musicale. Doté d'un esprit incontestable d'initiatif, et de futur leader, Jean-Serge Essous rêve d'aller faire sa carrière de l'autre côté du fleuve Congo. En 1955, il quitte Brazzaville, traverse par bateau ce grand fleuve qui sépare les deux Congo, et se retrouve dans cette folle ville d'ambiance qu'est Kinshasa (anciennement, Léopoldville). En ce temps-là, les deux Congo partageaient la même passion musicale.

Peu de temps après, on retrouve le jeune Congolais Essous Jean-Serge, au sein d'un groupe musical dénommé « Orchestre Negro Jazz », du guitariste Joseph Kaba et Henri Bowane. Essous y joue la clarinette. Et bientôt, tous les instruments à vent, alternant la clarinette, la flûte et le saxophone.

Remarqué par les Editions 'Loningisa', il est engagé pour accompagner les jeunes musiciens et autres nouvelles formations qui se produisent dans ce studio.

Le 6 juin 1956, encouragé par le producteur du studio Loningisa, il a l'idée de fonder un 'orchestre' qu'il appelle 'O.K.Jazz', avec un très jeune guitariste très doué, Luambo Makiadi François, dit 'Franco-de-mi-amor'. A deux, ils montent cette formation musicale (futur mythique orchestre O.K.Jazz). Ils s'entourent des jeunes débutants, comme Lando 'Rossignol', Vicky Longomba, Célestin, Edo Ganga, Nino, Loubelo 'De la lune', Bosuma 'Dessoin', sans oublier Saturnin Pandi, Pella Lamontha, Liberlin De Shoriba Diop, etc. L'Orchestre O.K. Jazz connaît un très grand succès dès sa naissance. Il se produit dans le Bar d'un certain Oscar Kashama, « OK Bar », (d'où Essous a tiré les deux initiales de son nom O.K.). Les Editions Loningisa l'encouragent et éditent leurs premières chansons. Esssous Jean-Serge est déjé le grand compositeur de cet orchestre, avec 'Franco', son co-fondateur. L'orchestre joue beaucoup de la rumba congolaise.

Insastiable, Essous a le goût du risque et de changement. Henri Bowane le sollicite à nouveau pour fonder un nouveau groupe, l'orchestre « Rock-A-Mambo ». On sent déjà l'appel des nouveaux styles musicaux venus d'ailleurs. Le groupe est d'inspiration afro-cubaine. Jean-Serge Essous introduit pour la première fois en Afrique, le rythme « cha cha cha », venu de Caraïbes, plus précisément, de l'île de Cuba. Les mélamanes sont conquis. Grâce à Essous Sean-Serge, le répertoire s'enrichit tous les jours. Il compose de boléro, de merengue et de cha cha cha, et bien sûr, le tout chanté en espagnol, et en lingala. La plupart des chansons sont composées par lui, Essous Jean-Serge. Comme on le verra plus tard, les influences musicales extérieures lui permettent de développer son imagination pour créer son propre style de musique. L'apport afro-cubain va intéresser presque tous les musiciens africains.La rumba congolaise s'est beaucoup inspirée et enrichit des rythmes cubains.

L'orchestre Rock-à-mambo ne dure qu'un temps, et le 15 août 1959, Essous qui ne manque jamais d'idées, fonde une formation qui marquera toute cette génération de mélomanes de Brazzaville.

Ainsi naquit, l'orchestre les « Bantous », par Jean-Serge Essous, dès son retour dans son pays, le Congo-Brazzaville. Cette formation va révolutionner la musique du pays, et surtout les musiques de la capitale brazzavilloise. On venait danser mais surtout apprécier le talent du saxo, Essous.

Après la participation de cet orchestre « Les Bantous », au Festival Mondial des Arts Nègres, en 1966, à Dakar, (au Sénégal), Jean-Serge Essous confie la direction de l'orchestre à Nino Malapet.

Pour Jean-Serge, l'aventure continue. Il fonde une nouvelle formation musicale, « Ryco Jazz ». Ce groupe participe à des festivals internationaux, obtenant des prix. Tout en parcourant le monde, sillonnant surtout le continent africain avant de se consacrer à Paris, en France.

De retour au Congo-Brazzaville, après avoir bourlingué de gauche à droite dans divers pays, récoltant succès sur succès, Essous Jean-Serge réintègre son ancienne formation « Les Bantous de la Capitale ». Il retouve son ami Nino Malapet, et encore, Pamelo Munk'A, et tant d'autres. Les tubes mémorials des Bantous de la Capitale resteront : « Masuwa, Bantous de la Capitale, Alphonsine, Rosalie Diop, et autres. « Les Bantous » deviennent véritablement les « bakolo mboka », les mâitres incontestés de la chanson congolaise à Brazzaville.

Au pays, le pouvoir s'intéresse à Essous Jean-Serge. Il est nommé 'Conseiller artistique' au sein de la SOCODI (Société Congolaise de disque), toujours à Brazzaville.

Avec les « Bantous », malgré ses charges, Essous Jean-Serge voyage beaucoup à travers l'Afrique et l'Europe (surtout en France, pour participer à des Festivals). On retrouve encore les traces de Jean-Serge Essous au sein du groupe musical « African Team », du saxophoniste camerounais très célèbre, Manu Dibango (le père du 'makossa' camerounais). Ils y jouent de la musique afro-cubaine, dominée par les cuivres ! Jean-Serge Essous reste en France, et il y vit avec sa famille de 1989 jusqu'en 1992. Avant de retourner, cette fois, définitivement, au Congo-Brazzaville.

On ne compte pas le nombre des chansons ou des disques qu'il a composés, réalisés, joués, ou interprêtés. Son talent n'est plus à démontrer. Se découvrant même un excellent-chanteur !

Le gouvenement lui confie des responsabilités au sein du ministère de la Culture.

Malgré ses nouveaux charges, Essous continue à faire de la musique, juant, se produisant de plus en plus aux divers festivals. Il est respecté partout, pour son oeuvre. Sa musique est très appréciée.

Même cette année 2009, il a participé au cinquantenaire de son orchestre « Les Bantous de la Capitale ». Fondé en 1959-2009, par le génial maestro Jean-Serge Essous. On lui avait rendu des hommages un peu presque partout. Décoré, adulé, respecté, mais trèsvieilli. Donc, fatigué.

Il était au mois de mars dernier dans un festival à Marseille. Ensuite, en avril, sur la scène de l'Olympia à Paris, mais dès le mois de juin-juillet, sa santé s'est brusquement dégradé. Il est très malade. Malgré quelques tracasseries administratives en France, il parvient à quitter l'Europe, pour retourner dans son pays, le Congo-Brazzaville. Il voulait revoir son continent africain pour la dernière fois, sentant la fin proche. Hélas, la maladie était trop avancée, et trop tard pour se soigner.

Le mercredi 25 novembre 2009, Jean-Serge Essous meurt dans un hôpital de Brazzaville.

Il fallait lui rendre ce grand hommage pour ce qu'il a fait pour la musique congolaise et africaine.

Il nous laisse une oeuvre très abondante, variée, surprenante.

Jean-Serge Essous restera, par ses chansons, un grand saxophoniste, un excellent conpositeur-chanteur, un génie de la musique. L'un des meilleurs de la chanson congolaise moderne de ces dernières années.

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