Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

Publicité

Dossier : La Tunisie, berceau du Printemps arabe.

La Tunisie, où se déroule dimanche une élection présidentielle, a réussi malgré des turbulences et contrairement à d'autres pays du Printemps arabe dont elle fut le berceau, à ne pas basculer dans le chaos ou la répression.

Le pays, qui a connu en décembre 2010-janvier 2011 un soulèvement populaire qui a chassé Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans au pouvoir, émerge d'une succession de crises politiques provoquées notamment par l'essor d'une mouvance jihadiste armée.
Moncef Marzouki est Président depuis fin 2011.
               
               - GEOGRAPHIE: Pays du Maghreb de 163.610 km2 (dont 25.000 km2 de désert), ouvert au nord et à l'est sur la Méditerranée avec 1.300 km de côtes, limitrophe de l'Algérie à l'ouest et de la Libye au sud.
               - POPULATION: Près de 11 millions d'habitants (officiel, septembre 2014). La population est concentrée sur la côte est et dans les zones urbaines.
               - CAPITALE: Tunis.
               - LANGUE OFFICIELLE: Arabe. Français largement pratiqué.
               - RELIGION: Islam (officiel).
               
HISTOIRE/REGIME:

La Tunisie devient un protectorat français en 1881 et obtient son indépendance le 20 mars 1956.

Le 25 juillet 1957, la République est proclamée, la dynastie des beys destituée et le père de l'indépendance Habib Bourguiba devient son premier président. Malade et âgé, ce dernier est finalement écarté en novembre 1987, après une longue dérive autoritaire, par son Premier ministre, M. Ben Ali. Ce dernier se fait ensuite élire puis réélire régulièrement à l'issue de scrutins controversés. Son régime bascule dans la dictature et le népotisme.
               Le 14 janvier 2011, Ben Ali fuit vers l'Arabie saoudite, chassé par une révolte populaire déclenchée par l'immolation par le feu à la mi-décembre d'un jeune marchand de Sidi Bouzid (centre-ouest). Les émeutes font plus de 300 morts.
               Le mouvement islamiste Ennahda s'impose aux élections d'octobre 2011, premier scrutin libre de l'histoire du pays, remportant 41% des sièges de l'Assemblée nationale constituante (ANC). Il s'allie avec des partis de gauche, Ettakatol et le Congrès pour la République (CPR).
               En janvier 2014, après des mois de crise et de négociations, une nouvelle Constitution est adoptée. Un gouvernement de technocrates est formé dans la foulée afin d'organiser des législatives et une présidentielle.
               Le 26 octobre, le principal parti séculier, Nidaa Tounès de l'ex-Premier ministre Béji Caïd Essebsi, qui regroupe des personnalités de gauche, de centre droit, des opposants mais aussi des caciques du régime déchu de Ben Ali, est arrivé en tête des législatives, remportant 86 des 217 sièges de l'Assemblée. Les islamistes d'Ennahda en deuxième position, ont obtenu 69 sièges.
               
ECONOMIE:
               Agriculture: Oliveraies, céréales, agrumes, dattes.
               Industrie: Phosphates, textile, assemblage (aéronautique, automobile, électroménager).
               Services: Tourisme balnéaire.
               L'économie, déjà en difficulté avant la révolution, continue d'être à la peine sur fond de problèmes de sécurité, de conflits sociaux et de conjoncture internationale morose. Selon des chiffres officiels, la Tunisie compte plus de 600.000 chômeurs (soit 15% de la population active), dont 240.000 sont diplômés de l'enseignement supérieur.
               Après une année de récession en 2011, la croissance a repris mais peine à atteindre les 2,5% en 2014.
               Monnaie: Dinar tunisien.
               PNB par habitant: 4.360 dollars en 2013 (Banque mondiale).
               
 FORCES ARMEES: 35.800 hommes, selon l'Institut international des études stratégiques (IISS, 2014). Paramilitaires: 12.000 hommes. 

 

Rappel des dates clés de la Tunisie depuis la chute en janvier 2011 de Zine El Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir après un soulèvement qui a donné le coup d'envoi aux révoltes arabes.

 

              --2011--
               
               - 14 jan: Ben Ali fuit pour l'Arabie saoudite après 23 ans au pouvoir après une révolte populaire déclenchée par l'immolation par le feu le 17 décembre d'un jeune vendeur ambulant de Sidi Bouzid (centre-ouest), excédé par la pauvreté et les humiliations policières.
               - 25 fév: Des manifestations et des heurts avec la police forcent Mohamed Ghannouchi, dernier Premier ministre de Ben Ali, à la démission. Il est remplacé par Béji Caïd Essebsi, vétéran de la vie politique tunisienne.
               - 1er mars: Légalisation du mouvement islamiste Ennahda.
               - 23 oct: Premières élections libres de l'histoire du pays: Ennahda remporte 89 des 217 sièges de l'Assemblée constituante.
               - 12-14 déc: Moncef Marzouki, militant de gauche et opposant à Ben Ali, est élu chef de l'Etat par la Constituante. Hamadi Jebali, n°2 d'Ennahda, est chargé de former le gouvernement.
               
               --2012--
               
               - 11-12 juin: Vague de violences impliquant des groupes de salafistes et de casseurs.
               - 14 sept: Des centaines de manifestants dénonçant un film islamophobe sur internet, dont de nombreux salafistes jihadistes présumés, attaquent l'ambassade américaine. Quatre morts parmi les assaillants.
               - 27 nov-1er déc: Heurts à Siliana, au sud-ouest de Tunis: 300 blessés. Les mouvements sociaux dégénérant en violences se sont multipliés les mois précédents.
               
               --2013--
               
               - 6 fév: L'opposant Chokri Belaïd est tué à Tunis. L'assassinat, attribué à la mouvance jihadiste, provoque une crise politique qui conduit à la démission du gouvernement et à un nouveau cabinet dirigé par l'islamiste Ali Larayedh.
               - 25 juil: Mohamed Brahmi, opposant nationaliste de gauche, est assassiné près de Tunis, plongeant le pays dans une nouvelle crise politique.
               
               --2014--
               
               - 26 jan: Après des mois de négociations pour sortir de la crise, une Constitution est adoptée, avec plus d'un an de retard.
               - 29 jan: Le gouvernement apolitique de Mehdi Jomaa est formé. Les islamistes se retirent du pouvoir.
               - 16 juil: 15 soldats sont tués dans une attaque attribuée à des jihadistes sur le mont Chaambi, pire assaut du genre de l'histoire de l'armée. Des militants se réclamant d'Al-Qaïda au Maghreb islamique sont actifs en Tunisie depuis 2011. Leur traque à la frontière algérienne a fait des dizaines de morts parmi les forces tunisiennes.
               - 26 oct: Le parti anti-islamiste Nidaa Tounès de Béji Caïd Essebsi remporte les législatives, avec 86 des 217 sièges de l'Assemblée, devançant Ennahda (69 sièges). Nidaa Tounès regroupe aussi bien des figures de gauche et de centre-droit que des proches du régime de Ben Ali.
               - 23 nov: Première présidentielle de l'après-révolution, pour laquelle Béji Caïd Essebsi part favori. Vingt-sept candidats sont en lice, dont le président sortant Marzouki.

 

 

 

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article