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Je viens de terminer le livre traduit d'un auteur allemand, Hans Fallada, intitulé "Seul dans Berlin". Un roman bouleversant de 560 pages sur la capitale allemande du IIIème Reich. Un ouvrage très dense, captivant, et qui permet de mieux connaître Berlin, une ville que je connais et y retourne souvent pour rendre visite à une membre de ma famille.
On croit tout connaître de Berlin ? Erreur. Cette grande métropole allemande est chargée d'histoire. La période la plus mystérieuse pour moi, reste l'époque de la grandeur allemande, la montée au pouvoir du cancelier Adolf Hitler.
Ce qu'a entrepris le romancier Hans Fallada est un des témoignages jamais racontés sur la mégapole allemande et son quotidien durant la période 1939-40.
Sur cinq-cent soixantes pages pour nous parler de la vie quotidienne des petites gens, de cette époque sombre des années quarantes, où l'on fête à Berlin la campagne de France. Hans Fallada décrit si bien ces années sombres de l'histoire du nazisme, ses méthodes, son idéologie et l'essence même de cette Allemagne hitlérienne.
Nous sommes au mois de mai 1940, et l'on fête avec faste cette campagne de France. La ferveur nazie est au plus haut. Derrière la façade triomphale du Reich se cache un monde de misère et de terre. Le roman "Jeder stirb für sich allein" raconte le quotidien d'un immeuble modeste de la rue Jablonski, à Berlin.
Persécuteurs et persécutés y cohabitent. C'est Madame Rosenthal, juive, dénoncée et pillée par ses voisins. C'est encore Balbur Persicke, jeune recrue des SS qui terrorise sa famille. Ce sont les Quangel, désespérés d'avoir perdu leur fils au front, qui inondent la ville de tracts, contre Hitler et déjouent la Gestapo avant de connaître une terrifiante descente aux enfers.
De "Seul dans Berlin", Primo Levi disait, dans "Conversations avec Ferdinando Canon, qu'il était 'l'un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie', et l'écrivain italien avait raison. Aucun roman n'a jamais décrit d'aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIème Reich, avec un tel réalisme et une telle sincérité. Revenons au roman. Et, à Berlin, toujours sur le rue Jablonski. La vie se déroule sous ce régime de terreur et du nazisme.Tous, sont aux ordres : "Heil Hitler !"
Les activités et la vie quotidienne s'y déroulent. Postière, Eva Kluge exerce conscencieusement son travail. De porte à porte. Dans cet immeuble, par exemple, il y a les familles, les Quangel, Anna et Otto. Il y a les Persicke, Adolf, Emil Berkhausen, Trudel Baumann, Rosenthal, et autres. Tout ce beau monde s'inquiète de la montée de l'idèologie nazie, et l'incertaine issue du conflit germano-européen.
La guerre qui est déclarée fait partir certaines familles. Elle a certes commencé victorieusement mais peut aussi bien basculer à tout moment. Il faut prendre des précaution. La communauté israëlite s'inquiète avec raison. Sait-on jamais. D'autant plus qu'il y a des rafles. La communauté juive , victime des persécution se réorganise. Dans la clandestinité. On s'entr'aide mais aussi on se méfie. On essaye de survivre par mille ruses.
La Jeunesse Hitlérienne est à son apogée pour porter haut la gloire de son îdole. Des bruits de bottes sur le pavé. La Gestapo opère sans relâche. Sans oublier les SS, S.A., et autres polices. Les dénonciations et raffles sont partout et dans toute l'Allemagne. Berlin est particulièrement sous pression. Les tissus sociaux s'entredéchirent. La quiétude, ou son semblant, qui règnait entre Germains, a volé en éclats.
Le Docteur Goebbels use et abuse de nom du Führer. Dans cette ambiance délèterre, que vaut la ' justice ' ? Que vaut
le Tribunal du Peuple lorsque la fausse accusation contre le régime ne donne aucun espoir de clémence, aucun pouvoir d'un magistrat, d'un avocat, aucune chance à la vraie justice puisque les hommes des droits subissant des pressions politiques du système nazi.
Petit à petit, déjà, le visage du fascisme se dévoile. Les échos des camps de concentration, les trains ou convois, les couloirs de la mort, tout ceci se sait. Le danger est partout. La délation devient une activité pour les Jeunesses Hitlériennes. L'instinct de survie, aussi. Le parti nazi récrute dans tous les milieux. On s'en prend à des communistes, aux étrangers, aux homosexuels, aux non-aryens. L'Allemagne veut montrer sa grandeur avec ses guerres en Europe.
Comme on le voit, le roman de Hans Fallada, mettant le doigt sur cette Berlin méconnue, est à ce jour l'un des plus livres de la résistance.
Hans Fallada, (de son vrai nom Rudolf Ditzen), est né à Greifswald, (en Poméranie, Allemagne), le 21 juillet 1893. Il vient d'une famille aisée. Il quitte sa ville natale en 1899 pour Berlin et en Leipzig en 1909. Très tôt, il abandonne ses études secondaires, sans diplôme, pour se passionner à des travaux agricoles. Des emplois divers, puis journaliste, et enfin, il découvre le monde de l'édition, pour se consacrer à l'écriture de ses romans.
Son dernier roman "Seul dans Berlin" publié en 1947 coïncide avec l'année de sa mort d'un arrêt cardiaque le 5 février 1947. Il est mort d'addiction à l'alcoolisme, en nous laissant une vingtaine de romans. Ses oeuvres viennent d'être traduits en français.