Le président français Nicolas Sarkozy a rencontré les présidents des collectivités de Martinique et de Guyane. Alfred Marie-Jeanne (président de Conseil Régional), et Claude Lise (président du Conseil Général), tous deux, représentants la Martinique ; Alain Tien-Liong (président de Conseil Général), et Antoine Karam (président du Conseil du Conseil Régional), les deux délégués de la Guyane française.
Le but de cette rencontre était, pour le président de la république, d'annoncer aux élus de ces deux départements de l'outre-mer, de la date des référendums sur un éventuel changement de statut de leurs territores, qui doivent être organisés avant les élections régionales. Celle-ci faisant suite à la dernière visite du président Nicolas Sarkozy dans les deux départements des Antilles françaises, (Martinique et Guadeloupe), où il avait annoncé sa proposition d'organiser un réfendum, pour un éventuel statut d'autonomie pour la Martinique, et aussi une autre consultation populaire en Guyane.
Son propos avait au départ surpris. Voire même, indigné. Certains commençaient à évoquer le lâchage de la France, qui veut se débarrasser de ses terres d'outre-mer, et dans un moment de crise internationale dont la métropole n'échappe pas. Au fait, que voulait-il dire ? qu'entendait-il de cette annonce de réferendum ?
L'effet de surprise passé, les "Domiens" commençaient à rêver de cette consultation populaire. Qu vont devenir la Martinique et la Guyane si les peuples décidaient autrement, c'est-à-dire, opter pour une séparation totale avec la France ? Est-ce que les pays sont prêts à faire ce sacrifice qui demandent une mûre réflexion ? Existe-t-elle une majorité pour arriver jusque-là ?
Les hypothèses les plus farfelues ont fusées dans les esprits : les départements d'outre-mer sans la France, est-ce envisageable dans un moment de l'interdépendance économique ? Il faudrait alors que l'on sache si les "Domiens" seront capables de gérer eux-mêmes leur destin.
Beaucoup de questions, et qui attendent les réponses concrètes et pratiques. On sait que tous ces questtionnements trouveront bientôt leurs réponses après le référendum voulu par Nicolas Sarkozy. Ce sera alors l'heure de vérité.
En recevant les quatres délégués de l'outre-mer, le président a voulu montrer les grandes lignes de sa politique pour ces terres françaises de l'autre côté de l'océan atlantique. Les élus recus, ont écouté le président, et ses arguments mériteraient quelques refléxions. Ils étaient à l'Elysées pour avoir aussi quelques précisions.
Représentants d'un peuple inquiet, leur mission était capitale. Ils allaient rencontrer le président, discuter de l'avenir de leurs pays respectifs de la Martinique et de la Guyane française. Quel est donc le bienfondé de ce proposé réfendaire.
Dans les départements d'outre-mer, il y eu lieu des "Etats Généraux" dont les travaux avaient commencé au début de l'année, et qui viennent de s'achever tout récemment.
Le 26 septembre dernier, un rapport de synthèse sur les travaux des atéliers de ces "états généraux" à la Martinique, a été rendu public. La fin de ceux-ci devrait normalment éclaircir les plus curieux. Mais ceux qui l'ont lu ne cachent pas leur déception, et démeurent scéptiques. " On apprend rien, ou pas grand-chose, de ce rapport !", lâchent les plus virulents.
En fait, il faut expliquer que ce rapport n'était là que pour servir de base de discussion, c'est-à-dire une base de travail, pour un conseil interministériel au sujet de l'outre-mer. C'est au gouvernement du premier ministre François Fillon d'en éplucher les grands traits, puis le transmettre au président qui en décidera seul, en final.
On retiendra tout de même de ce rapport général, que celui-ci propose " Une Martinique performante, solidaire, responsable". Des formules parfois très vagues. Les présidents des collectivités vont devoir mieux expliciter les orientations présidentielles sur la bonne organisation du réferendum.
Aux Antilles, les populations restent vigilants. Ces élections peuvent devenir des pièges-à-rats. Le tout c'est de pas tomber sur un piège tendu.
Les électeurs de la Martinique et de la Guyane française, sont dans une collectivité de même nature, régie par l'article 73 de la Constitution, et qui avaient auparavant voté, avaient massivement désavoué la majorité de leurs élus, et rejeté en décembre 2003, la proposition de création d'une " nouvelle collectivité territoriale ", dirigée par une seule "assemblée", et toujours régie par l'article 73 de la Constitution.
Le précédent réferendum du 7 décembre 2003, est encore dans toutes les mémoires. Cette foic-ci, l'actuel président de la républiqe depuis 2007, est très clair dans son projet outre-mer. Il veut que cette nouvelle consultation, pour la Martinique, tout comme pour la Guyane, se déroule dans les bonnes conditions, sans tensions trop pesant pour le gouvernement de Paris, et surtout "irréprochable".
La question qui est posé aux électeurs de ces deux départements, est bien celle du juste degré d'autonomie, et de sa responsabilité. Pour Nicolas Sarkozy, il ne s'agit en aucun cas de celle de "l'indépendance".
A bien décodé le message caché, il s'agit de mettre les Martiniquais et les Guyanais devant leurs propres responsabilité au sein de la mère-patrie française.
Pour le délégué guyanais à l'Elysée, Antoine Karam, reçu par Nicolas Sarkozy, le président français : " Il faut considérer que la démocratie a été respectée, et que le peuple a son mot à dire, concernant sa future souveraineté, et va trancher sur une question que nous nous posons depuis des années en Guyane".
Quant au président du Conseil Régional de la Martinique, Alfred Marie-Jeanne, lui aussi se montre satisfait à la sortie de la réunion : "Nous sortons satisfait de la réunion", a-t-il déclaré. Pour alfred Marie-Jeanne, l'avenir de la Martinique doit être traité avec sérieux. Surtout pour une île qui vient de connaître un cyclone, une catastrophe naturelle et qui a causé des dégat, dont on continue de payer la note. Mais les caisses sont vides. On attend encore les aides promises pour des réparations dans toute l'île. Les Martiniquais avaient trop soufferts. On devrait pouvoir les aider.
Le gouvernement de la France métropolitaine doit pouvoir les résoudre. Ce qui permettrait aux plus atteints par la calamité naturelle, de s'en sorti dignement. On attend donc des élus qu'ils apportent des nouvelles propostions et surtout ces compensations financières pour cette île française.
Pour rester encore sur la réunion élyséenne, disons que celle-ci avait abouti à des précisions importantes.
Tout d'abord, l'annonce de la date du 17 janvier 2010. Date à laquelle les Martiniquais et les Guyanais seront appelés à se prononcer pour un référendum sur leur changement de statut, s'il y a lieu.
On peut dire que le référendum est bien partie,et acquis. C'est ce que les délégués ultramarins attendaient. Ensuite, il est normal que l'on songe à cet inconnu qui sortira des urnes dès le début de l'année prochaine.
Un "Non" risquerait de remettre bien de choses en place. Tout comme un "Oui" qui sera diversement interprêté. Tout le dilemme est là. L'idée de la France métropolitaine, c'est que ces deux départements d'outre-mer passent à un régime d'autonomie encadrée, comme sur le territoire du Pacifique, de la Polynésie française. Un changement de statut qui devrait, pense-t-on, contenter un plus grand nombre.
Sinon, les électeurs devront retourner une semaine plus tard, soit le 24 janvier 2010, et revoter à nouveau. Pour respecter l'article 74 de la Constitution française. Les deux articles 73 et 74, sont les enjeux de ce réferndum qui pose une question non anodine, à savoir quel est le devenir de ces départements d'outre-mer.
Le scrutin du 17 janvier 2010, ou encore celui du 24 du même mois, déterminera l'issu du devenir des Martiniquais et Guyanais. Mais aussi, on l'oublie souvent, celui des Guadeloupéens. Dont les destins restent communs.
Il reste, pour fermer ce premier châpitre de l'histoire dominienne, que les promesses gouvernementales doivent être honorées. Notamment celle réclamée par le délégué Alfred Marie-Jeanne, sur les compensations financières pour réparer les dégâts occasionnés par les passages du cyclone dans l'île. Ce sera déjà une façon de calmer les esprits.
Le gouvernement devrait axé sa politique sur l'emploi dans les deux îles (Martinique et Guadeloup), ainsi qu'en Guyane.
A l'approche du Sommet sur l'Environnement, en décembre, à Copenhague (Danemark), Alfred Marie-Jeanne, le président du conseil Régional de la Martinique,n'a pas non plus voulu rater l'occasion, lors du débat à l'Assemblée cette semaine, en posant sa question parlementaire au Ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, chargé des technologies vertes et des négociations sur le climat, pour le groupe de la Gauche Démocratique et Républicaine : ...
" Ma question s’adresse à M. Jean-Louis Borloo,ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat.
Deux arrêtés préfectoraux ont interdit la pêche en Martinique dans les rivières mais aussi dans plusieurs baies semi-fermées contaminées par la chlordécone.Les taux de contamination des poissons et des crustacés dépassent très largement les seuils tolérés par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments.Pourtant, cela fait bien une trentaine d’années que l’on sait les méfaits de cette molécule dangereuse dont la rémanence est plus que séculaire, paraît-il.
À maintes reprises, et notamment en 2006, à l’occasion de l’examen du projet de loi sur l’eau et les milieux aquatiques, j’interpellais la ministre de l’environnement de l’époque sur une véritable politique de dépollution, sur l’institution d’un fonds dédié à cela, et sur l’indemnisation du préjudice causé. Je n’ai pas obtenu de réponse. Entre-temps, la moitié des aquaculteurs ont déposé leur bilan. Quant aux agriculteurs, ils sont plus qu’inquiets, et les marins pêcheurs sont aux abois.
Aujourd’hui, un plan de recherches pluridisciplinaires s’impose. Il ne s’agit pas de réveiller des démons. Mais, au regard de l’ampleur du sinistre, le plan d’action chlordécone 2008-2010 prévu ne répond ni aux urgences ni aux attentes sur le moyen et le long terme.
Dans ce contexte de pollution diffuse et chronique, c’est un ensemble de mesures sans précédent qu’il faut mettre en place face à une population de plus en plus perplexe et désemparée. C’est sur ce point que j’ai l’honneur de vous interroger." (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et SRC.) .