Mirettes de déesse égyptienne, chevelure telle une nuée ardente du Vésuve… En découvrant cette fille nominée aux Oscars, croquée par le peintre René Bouché en une du Time du 6 avril 1962, on croit avoir affaire à une muse surgie des siècles de l’Histoire de l’art.
Mais en dépit de ses airs modiglianesques, Sophia Loren, 27 ans au moment du portrait, est bien réelle. Et quelle réalité! Les mâles des années 50 se remettent à peine de son irruption devant les caméras, la rétine brûlée par cette explosion de courbes qu’aucun corset ne peut dompter. Couronnée à Cannes en 1961, l’actrice est devenue un mythe transatlantique sur le point de détrôner Brigitte Bardot à la première place du classement des stars les plus populaires en France.
A l’origine du séisme, son corps, plastique extraordinaire caramélisée sous le soleil napolitain. En compagnie de sa mère Romilda, sacrée, malicieux clin d’œil du destin, meilleur sosie de Greta Garbo en 1932, celle qui se nomme alors Sofia Scicolone écume les concours de beauté dès 14 ans, déstabilisant les juges par son physique hors norme. Une distinction spécialement créée pour elle lui ouvre les portes du cinéma.
Avant de trouver son pseudonyme définitif, on songe à la rebaptiser Lazzaro, en référence au ressuscité de la Bible, car sa seule vision peut, paraît-il, ramener un mort à la vie… D’ailleurs avec ses formes à couper le souffle, il est tentant pour les réalisateurs de la déshabiller à l’écran. Chose qu’ils obtiendront, au début. Consciente d’avoir suffisamment allumé la mèche en Cléopâtre topless, la belle ne réitérera pas, se contentant de suggérer, comme dans ses poses lascives pour l’édition 2007 du calendrier Pirelli, à 71 ans! «Sophia Loren nue, justifie-t-elle, cela fait beaucoup de nudité…»
Icône sexuelle refusant le statut de femme-objet, son jeu d’acteur à fleur de peau, sincère, irradiant, fait des ravages. Dès 1957, l’Amérique l’adopte. Elle gagne presque aussitôt un premier prix d’interprétation à la Mostra de Venise pour L’Orchidée Noire. Prestige assuré, lui valant la féroce rivalité de sa compatriote Gina Lollobrigida.
Et surtout des centaines de propositions de mariage. Son mètre quatre-vingt ne décourage pas les soupirants. Cary Grant est prêt à divorcer sur-le-champ si elle consent à l’épouser, rendu fou par son magnétisme torride, mais aussi sa douceur virginale. Un cocktail à l’œuvre dans Hier, aujourd’hui et demain (1963) où, dans une scène de strip-tease devenue culte, l’actrice s’effeuille face à Marcello Mastroianni.
Au quotidien, Sophia n’est pas cette prédatrice qui subjugue les ténébreux de Hollywood. A part quelques flirts très paparazzés, elle est la femme d’un seul homme, Carlo Ponti, producteur rencontré en 1951 et de vingt-deux ans son aîné. Amour absolu longtemps contrarié par une affaire d’état civil. En effet, sur le papier, monsieur est encore marié, donc bigame.
Dans la très pieuse Italie de l’époque, Vatican et justice se donnent la main pour malmener les tourtereaux, «ces pécheurs publics», osant même annuler la cérémonie prévue à Rome pour fêter l’oscar obtenu par la star en 1962. A l’issue de neuf ans d’exil, le différend réglé, le couple pourra enfin s’unir officiellement.
Vénérée pour son sex-appeal surnaturel durant trois décennies, Sophia aurait aussi pu l’être pour sa voix, dont la tessiture d’ambre fit des merveilles au micro. Le swing d’Americano ou de Zoo be zoo qu’elle enregistra au début des années 60, peuple la bande son des défilés d’aujourd’hui. Preuve qu’à 77 ans et quasi autant de films, la Loren, installée à Genève, n’a jamais cessé d’être un phare pour la féminité.
En avril 1962, Sophia Loren est la première femme à recevoir l’oscar de la meilleure actrice pour un film tourné dans une langue étrangère: ici La Ciociara, inspiré par un roman d’Alberto Moravia. Il faudra attendre 2008 et la récompense de Marion Cotillard pour voir l’exploit renouvelé. http://fr.wikipedia.org/wiki/Sophia_Loren
Sophia Loren, actrice à la beauté sculpturale. Elle s'est hissée au panthéon du cinéma non seulement par un strip-tease d'anthologie mais aussi par son interprétation bouleversante d'une femme méprisée dans «Une journée particulière».
L'actrice, qui vit aujourd'hui en Suisse, ne devrait pas déroger à sa règle d'or. «Les anniversaires, je ne les ai jamais fêtés», a toujours affirmé la comédienne, qui à 71 ans avait posé en déshabillé pour le célèbre calendrier Pirelli.
«Le sex-appeal, c'est à 50% ce que vous avez, et à 50% ce que les gens pensent que vous avez», a confié un jour l'actrice. Elle a cependant toujours pris un soin extrême de son apparence et on la voit encore régulièrement aux défilés de son ami Giorgio Armani.
Fille illégitime d'un ingénieur, Sofia Villani Scicolone naît le 20 septembre 1934 à Rome, mais elle passe son enfance et son adolescence près de Naples. Dès l'âge de 15 ans, elle participe à des concours de beauté et commence à décrocher de petits rôles.
Sophia, qui change l'orthographe de son prénom pour la scène, joue une esclave dans «Quo Vadis» en 1950 et dévoile pour la première fois son physique explosif en posant seins nus dans «Quelles drôles de nuits» (1951). Elle ne s'est jamais remontrée nue depuis, soulignant avec humour que «Sophia Loren nue, ça représente beaucoup de nudité». Carlo Ponti
C'est sur le tournage de «Sous les mers d'Afrique» (1953) que Sofia Loren rencontre le producteur Carlo Ponti, son aîné de 22 ans. Il deviendra l'homme de sa vie et son pygmalion au cinéma. Ils auront deux enfants: Carlo Junior né en 1968 et Edoardo né en 1973.
Sa carrière prend alors son envol et elle tourne des films à l'ambition internationale comme «Pain, amour, ainsi soit-il» de Dino Risi en 1955, année où elle fait la une de «Life Magazine» en combinaison transparente.
En 1957, elle épouse Carlo Ponti par procuration au Mexique, mais la justice italienne le condamne pour bigamie car il était encore marié à sa première femme Giuliana Fiastri. Ils finissent par convoler en 1966 (Carlo Ponti mourra en 2007).
A partir de 1957, elle joue à Hollywood aux côtés des plus grands acteurs de l'époque: Clark Gable, Peter Sellers, John Wayne et Franck Sinatra. En 1958, «L'orchidée noire» de Martin Ritt lui apporte sa première consécration lorsqu'elle reçoit à Venise la coupe Volpi de la meilleure actrice.
Quatre ans plus tard, en 1962, elle reçoit l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle de femme du peuple dans «La Ciociara» (»La Paysanne aux pieds nus») de Vittorio De Sica, qui lui vaut aussi le Prix d'interprétation féminine à Cannes. Elle recevra en 1991 un deuxième Oscar pour l'ensemble de sa carrière. De Sica
Elle continue sa collaboration avec Vittorio De Sica pour cinq autres films qui remportent un grand succès: «Boccace 70» (1962), «Les Séquestrés d'Altona (1962)», «Hier, aujourd'hui, demain» (1963), «Mariage a l'italienne» (1964) et «Les Fleurs du soleil» (1970). http://www.parismatch.com/People/Cinema/Sophia-Loren-remonte-le-temps-596200#596202 .
Dans «Hier, aujourd'hui et demain», Sophia Loren, en porte- jarretelles et bas résille, se déshabille devant un Mastroianni tétanisé, jappant et hululant de désir face à l'icône sexy du cinéma italien.
Elle doit ensuite l'un de ses plus beaux rôles à «Une Journée particulière» d'Ettore Scola (1977). Elle y incarne une femme au foyer méprisée par sa famille. Elle y retrouve son complice de toujours, Marcello Mastroianni. En 1994, leur duo mythique est réuni une dernière fois par Robert Altman dans «Prêt-à-porter».
Désormais légende vivante du cinéma italien, l'actrice doit tourner bientôt à Rome dans un film sur sa vie où elle a joué le rôle de sa propre mère. (Sources : Fémina,ats, et diverses)