Les pays du Sud sont deçus de la politique menée par les deux grandes institutions internationales telles que la Banque Mondiale et le Fonds Monétair International.
Le président Hugo Chavez pensait déjà debut 2006 à un projet de création des institutions financières alternatives à la Banque Mondiale (BM)et au Fronds Monétaire International(FMI), pour tous les pays du Sud. Il en avait parlé avec les Chefs d'Etat africains, sud-américains, et de l'Inde. Ce projet s'avèrait trop ambitieux pour certains d'entre eux. Finalement, il sera recentré uniquement sur les pays de l'Amérique du Sud, avec la possibilité de se redéployer ensuite.
Ce projet intéressa presque tous les pays de l'Amérique latine, y compris le plus important de la région, le Brésil. Un poids lourd économique du Sud du continent américain.
Le 3 mai 2007, à Quito (Equateur), les ministres de l'économie de six pays sud-américains (Argentine, Bolivie, Brésil, Equateur, Paraguay et Vénézuela), se sont donc mis d'accord sur la création d'une Banque du Sud. Une façon de se démarquer des pressions étatsuniennes et de leurs inféodées institutions, la Banque Mondiale et le FMI (Fonds Monétaire International).
Voulant prendre leur indépendance vis à vis de ces institutions (des véritables usines à pressions impérialistes), les six pays veulent aussi se distancer de cette nouvelle BID (Banque Interaméricaine de Développement), dont l'influence des Etats-Unis est de plus en plus manifeste.
Pour l'administration Bush, Hugo Chavez, le président vénézuelien, c'est un rebelle à leur hégémonie politico-économique dans cette région de l'Amérique du Sud.
Le Vénézuela d'Hugo chavez a été le premier pays à couper les ponts, dès le 30 avril, avec la BM et le FMI. D'autres pays leur ont emboîté le pas. L'argentine et le Brésil, puis l'Equateur qui a rnvoyé le représentant de la Banque Mondiale en Equateur, et enfin la Bolivie et le Nicaragua, qui ont clairement indiqué qu'ils ne reconnaissaient plus l'autorité du CIRDI (Centre International pour le Réglèment des Différents relatifs aux Investissements), qui dépend de la Banque Mondiale.
Le 22 mai, à Rio de Janeiro (au Brésil), une réunion ministérielle a bien eu lieu, et ce bien avant le Sommet des présidents, qui se tient du 22 au 26 juin, durant lequel la fondation de la Banque du Sud devrait être officialisée.
Si tout se passe bien, l'Uruguay, le Chili, le Pérou et l'Argentine, viendront rejoindre le projet qui sera prêt d'ici fin 2007.
Ce projet ambitieux est suivi avec beaucoup d'attention. Les pays de l'Amérique du Sud pourrront mettre en place une unité de compte qui pourrait un jour aboutir à une monnaie commune. Ce sera la fin du "dieu-dollar" qui sert d'échanges commerciaux entre pays d'Amérique du Sud.
La Banque du Sud sera donc un instrument notamment chargé de mettre en application les traités internationaux portant sur les droits humains, sociaux et culturels, alors que la Banque Mondiale dit qu'elle n'est pas liée par ces traités. On peut s'attendre à ce que tous les pays de cette Amérique du Sud se mettent d'accord sur le principe d' "un pays, une voix", pourrait être adopté. La différence est que, cela présente des avantages et la responsabilité collective. Par exemple, actuellement, au Fonds Monétaire, comme aussi à la Banque Mondiale, le droit de vote dépend de leur apport initial. Ce qui n'est pas démocratique, à leurs yeux. Avec ces accords, les dirigeants et employés de la Banque du Sud seront redevables devant la justice, contrairement à ceux de la Banque Mondiale, protégés par une immunité totale qui n'est levée que si la Banque le veut.
Et tous les pays paieront des impôts, ce qui n'est pas le cas à la Banque Mondiale. Et les archives des nouvelles institutions seront dans le domaine public, alors que la règle contraire est en vigueur au FMI et à la BM.
Enfin, la nouvelle Banque du Sud ne s'endettera plus sur le marché des capitaux. son capital sera fourni par les pays membres qui y placeront une partie de leurs réserves internationales, mais aussi par des taxes style "taxe Tobin".
Une façon d'équilibrer les chances à tous les pays de l'Amérique du Sud.
Le Brésil et le Vénézuela sont des pays riches. Il faudra alors aider le pays tel que, la Bolivie de Evo Moralès, jusqu'ici considérée comme un fournisseur à bas prix de matières premières, à se doter d'un appareil industriel diversifié, à l'image du Brésil ou de Vénézuela.
Le but est de niveler ves le haut l'économie des pays membres. Au final du projet, l'intégration régionale sud-américaine devra dès le début mettre en avant la justice sociale.
Tel est le projet qui tient à coeut le président vénézuelien Hugo Chavez.