Les élections législatives qui viennent de se dérouler en Belgique ont vu les démocrates-chrétiens remportés une victoire relativement rassurante.
Plus de sept millions de Belges se sont rendus aux urnes ce dimanche 10 juin 2007, afin de renouveler les membres de deux chambres du Parlement fédéral, c'est-à-dire, la Chambre des représentants et le Sénat.
Après huit ans dans l'opposition, les CD & V, reviennent au pouvoir. Mais une victoire qu'ils devraient partager. Ils doivent trouver plusieurs alliés pour former une coalition. Les résultats indiquent que trois des quatre partis qui forment la coalition gouvernementale actuelle ont subi un revers.
Les démocrates-chrétiens ont remporté un net succès électoral surtout en Flandre.
En Flandre, où vit 60% de la population, les libéraux , (VLD ; 20% des voix, en recul de 4% par rapport aux élections de 2003), du premier ministre belge Guy Verhofstadt, et les socialistes (SP.A ; 18,5%, donc -6%), ont été laminés. Les partis frères francophones, le MR (27% en Wallonie et à Bruxelles) et le Parti Socialiste (31% en Wallonie, 25% à Bruxelles), ont mieux résisté à l'usure du pouvoir : les libéraux ont consolidé leur position et les socialistes ont limité la casse, alors qu'une série de scandales à Charleroi les a affaiblis. Ce qui est vrai, la sévère défaite des socialistes en Flandre contraindra sans doute l'actuel ministre-président de la Région flamande, M. Yves Leterme, (un démocrate-chrétien), à trouver au moins deux alliés dans le Nord du pays, afin de trouver une majorité confortable.
Le roi Albert II devrait d'ailleurs lui confier la mission de former un gouvernement de coalition.
Partant, trois partis francophones devraient également être sollicités. Or, les socialistes et les libéraux se sont entredéchirés pendant toute la campagne électorale.
Du côté flamand, les démocrates-chrétiens (CD & V) ont en revanche réalisée une percée (30% ; + 5%), tandis que l'extrême-droite (Vlaams Belang) a encore grapillé des voix (19% ; + de 1%) et qu'un nouveau parti populiste, le "Lijst DeDecker" (6%) a fait une entrée remarquée sur la scène politique.
Du côté francophone, ce sont les Verts qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu : ils remporteraient près de 10% des suffrages environ, contre 7,5% en 2003. Les démocrates-chrétiens (CDH) ont, quant à eux, légèrement amélioré leur score, qui est de 15 %.
Les négociations s'annoncent d'autant plus ardues que le CD & V est le plus nationaliste des partis flamands dits démocratiques, il a d'ailleurs formés un cartel avec une formation ouvertement séparatiste, la "Nieu-Vlaamse Alliantie", et réclame l'octroi de nouvelles compétences aux régions, en particulier dans le domaine de l'économie (fiscalité, emploi, etc).
Finalement, les francophones ne sont pas demandeurs d'une nouvelle réforme institutionnele, qui risque de priver la pauvre Wallonie de nombreux tranferts financiers.