Ce qui singularise les Britaniques des autres, c'est leur capacité de s'adapter aux situations. En Grande-Bretagne, l'opinion publique du royaume est généralement contre la guerre en Irak et en Afghanistan.
Le nouveau gouvernement de Gordon Brown l'a bien compris. Des mesures ont été prises pour rapartrier les troupes britaniques de l'Irak. Se désolidarisant du coup de la politique de son prédéceseur Tony Blair, trop rangé du côté américain et surtout des idées militaristes du président américain George W.Bush, qui a entraîné l'Amérique dans une guerre inutile et contre-productrice à long terme pour l'image des Américains. Les Américains qui sont partis apporter la "démocratie" dans ce pays ont échoué en tout point de vue et risquent de s'embourber dans ce bourbier qu'est l'Irak. Le monde entier sait que la raison principale de cette aventure guerrière est le pétrole, le contrôle de la région et l'hégémonie impériale.
Pour les britaniques, ils ne veulent plus revivre le souvenir de ce qui s'est passé non de là. Il n'y a pas longtemps, la "Royal Navy" a conu une humiliation avec la capture et la détention de ses "Marins" interceptés dans les eaux iraniennes. Les deux femmes, un interprète irakien et treize hommes, ont été retenus par le gouvernement iranien aux motifs de violation des eaux territoriales par une armée étrangère. Il a fallu une bonne diplomatie, plusieurs mois de négociations intenses afin d'aboutir à leur libération. Depuis, le Royaume Uni affiche un profil bas par rapport à la situation en Irak. Entraînée par la politique guerrière américaine de Bush, le pragmatisme britanique commence à prendre le dessus. Tout le Royaume reprend les esprits après une campagne de matraquage médiatique pour justifier cette intervention des alliés dans ce pays. Comme les Américains, les Britaniques savent désormais qu'on les a menti. Sadam Husssein n'avait pas les armes de déstruction massive et que l'Irak n'était pas lié aux ' terroristes' des Al-Quaïda, ni à Ben Laden et encore moins à ses Talibans. Les Américains ont renvesé le régime de Sadam Hussein, l'ont pendu, et reveillé les chaos claniques. Jamais un pays n'a été aussi détruit par un autre pays. Les dictateurs sont partout et les Américains ne réunissent pas un tel armada pour aller les arrêter et les tuer. Bien au contraire, ils sont choyés, aidés, et finissent par devenir des véritables alliés des Etats-Unis. Les Anglais n'ont jamais utilisés des telles nethodes brutales. Ils privilégiaient la diplômatie. Avec les Américains, pour des raisons de stratégie politiques, ils n'ont pas voulu frustrer leur grand allié outre-atlantique.
Après cette implication regrettable, au début de l'année, le gouvernement britanique souhaitait déjà le retrait dès le 21 février de contingents britaniques d'Irak et qui sont au nombre de 5.500 hommes. Une façon de s'éloigner prudement à la pointe des pieds de son engagement en Irak, déjà trop meurtrie par une guerre civile qui ne veut pas dire son nom. Depuis peu les Américains commencent à se rendre compte de leurs erreurs et cherchent un moyen pour sortir du bourbier irakien sans trop de déshonneurs. Tout indique que cela va dans ce sens.
Tony Blair, leur ancien premier ministre était qualifié de "caniche de George W.Bush, à cause de son alignement systématique des positions de l'administration américaine. Cette image est resté collée au pays de la reine d'Angleterre.
L'arrivée de Gordon Brown à la tête du gouvernement britanique a été salué comme un signe d'un changement de la politique britanique sur la scène de la politque internationale. La Grande Bretagne a toujours voulu garder des bonnes relations avec les pays du Moyen-Orient. En Irak, les Britaniques n'avaient pas le choix que de se laisser entraîner dans cette aventure pour le partage du pétrole irakien. Au grand désespoir de l'Union européenne. D'ailleurs cette coallition pour faire la guerre contre les Irakiens a reveillé des sentiments patriotiques chez les Irakiens qui se sont sentis humiliés par les Américains. Ce sentiment a poussé les Irakiens à se radicaliser et leur voisin Iranien qui s'est senti aussi incompris sur le problème nucléaire. L'Iran veut développer sa capacité nucléaire civil. Mais pour les Américains et leurs alliés, l'Iran ne doit pas posséder le nucléaire parce qu'ils sont capables de fabriquer une bombe nucléaire et cela risquerait de déséquilibrer la région du Proche et Moyen-Orient. Etouré par des pays souvent hostiles, l'Iran ne se fait pas d'illusion et cherche à se préparer pour se défendre. Mais l'Iran fort et surarmée fait craindre. L'argument iranien mérite une attention. Les Etats-Unis , la Russie, la Chine, la France, l'Angleterre, le Pakistan, l'Inde et Israël, sont des pays qui possèdent des armes nucléaires. Un seul pays l'a utilisé. Pas toujours pour des bonnes raisons. Faut-il craindre pour les autres ?
Les Néoconservateurs américains veulent une Amérique forte, très puissante. Elle est actuellement une superpuissance. Un pays qui a besoin des alliés. L'alignement systématique des Britaniques désolait les alliés et quelques partenaires Européens.
L'arrivée du nouveau premier ministre Gordon Brown a permis de rasssurer les Européens. Il a promis d'appliquer une autre politique pour son pays. Une politique indépendante et qui ne sera pas dictée par leurs amis et meilleurs alliés, les Américains. Comme du temps de Tony Blair. Même si pour rassurer les Américains que la Grande Bretagne reste fidèle à cette amitié traditionnelle entre les deux pays, il y aura dorénavant un changement par la façon d'aborder la politique britanique. Gordon Brown a voulu lancer un message fort dès sa première action politique. Pour l'illustrer, il a cautionné le retrait progressif de 7.000 soldats de Sa Majesté déployés au Sud de l'Irak, du côté de Bassora. Le désengagement britanique est désormais entammé. Sur le plan de politique international, Gordon Brown a confié le poste de Ministre des affaires étrangères chargé de l'Afrique, de l'Asie et des Nations Unies, à Mark Malloch Brown. Ce dernier est connu pour ses positions et son caractère, il n'est pas un homme à se laisser dicter par les Américains. Encore moins par qui que ce soit. C'est un fidèle ami. Le parti travailliste britanique (LABOUR) avait besoin d'un homme de sa trempe. Diplômate et redoutable politicien. Gordon Brown, tout comme Mark Malloch Brown, sont deux bons tacticiens en politique, et surtout des hommes politiques très pragmatiques. Leur parti a donné l'exemple que la gauche peut bien s'adapter aux réalités actuelles sans se renier. C'est possible.