Comme tous les lundis, aujourd'hui, nous parlerons d'un pays de l'Afrique australe, le Mozambique. Le 25 juin 1975, Samora Machel proclame l'indépendance du Mozambique. C'était déjà la deuxième vague des indépendances dans les pays africains lusophones, (Guinée-Bissao, Angola, Cap-Vert, Sao-Tomé et Principe, Mozambique). Comme partout dans ces pays, la lutte pour l'indépendance ne fut pas de tout repos.
Le parti indépendantiste, FRELIMO (Front de libération du Mozambique), a été fondé en 1962, par Eduardo Mondlane. Installé à Dar-es-Salaam, en Tanzanie de Julius Nyéréré, son leader Eduardo Mondlane a passé une partie de sa vie en exil. Il a fait des études un peu partout, principalement en Afrique du Sud, à Witwatersstrandt, au Transvaal, puis aux Etats-Unis, à l'Université de Syracuse, dans l'Etat de New-York. Après ses études, et son doctorat en sociologie, il se marie à une Américaine, puis ils rentrent en Afrique, dans son pays, le Mozambique. Pas pour longtemps car le pays est encore sous domination coloniale portugaise. Finalement, avec sa famille, ils quittent sa chère terre mozambicaine pour l'exil en Tanzanie. Ce départ est en fait une fuite puisqu'en militant pour l'accession de son pays à l'indépendance, son nom figurait sur la liste rouge de la PIDE, la police politique portugaise, présente dans tous les pays lusophones d'Afrique. Traqué et échappa de justesse à un assassinat, Eduardo Mondlane choisit la clandestinité, même dans ce pays étranger. C'est en Tanzanie qu'il fonda le FRELIMO qui va lutter contre la puissante armée coloniale portugaise, en adoptant la stratégie de la guérilla urbaine ou dans la jungle. Avec la complicité de certains traitres, la PIDE parvint à s'infiltrer dans le mouvement.
S'il avait jusqu'ici échappé à des attentats, le 3 février 1969, Mondlane n'y échappera plus. Il reçoit un jour par la poste un colis piégé (un paquet contenant un livre de Plekhanov), il l'ouvre et la bombe lui explose au visage !
Ainsi, un grand leader est de nouveau tombé au champs de combat. Assassiné. Son mouvement du FRELIMO lui survivra puisque les structures étaient solides. Ses fidèles compagnons de lutte reprendront la lutte : Marcelino dos Santos, Samora Machel, Chissano, etc...
Samora Machel se montrera le mieux apte à diriger le mouvement. C'est lui qui conduira le pays jusqu'à l'indépendance totale en 1975. Il sera le premier président de la république populaire de Mozambique. Un pays de 785.000 km2, avec une population estimée aujourd'hui à 19 millions d'habitants. Malgré l'indépendance, une rebellion va tenter de déstabiliser le pays. Afonso Dhlakama qui vient de fonder la RENAMO (Résistance nationale du Mozambique), veut le pouvoir. Par les armes, s'il le faut. Soutenu en cela par l'Afrique du Sud sous l'apartheid, qui va leur offrir, armes et logistiques. Le Mozambique sera en guerre durant plusieurs années. Samora Machel fut président de la république du Mozambique de 1975 à 1986. Alors qu'il rentrait dans son pays, se trouvant dans son avion présidentiel près de la frontière avec l'Afrique du Sud, son avion est abattu. On parle d'une missile venue de ce pays voisin. Samora Machel trouve la mort avec tous les membres de l'équipage de son avion présidentiel.
En 1986, c'est Joaquim Chissano qui va lui succéder à la tête du pays. C'est encore lui qui continuera le projet politique de Samora Machel et le Frelimo. Le président Chissano reste au pouvoir dans cette vague de la "démocratisation" dans les pays africains de ce début des années 1990. Il instaure une Nouvelle Constitution qui mettra fin à quinze années de régime de parti unique, et ouvrira la voie au pluralisme politique avec les autres partis de l'oppostion. Lors de la première élection présidentielle libre, en 1999, le président Joaquim Chissano est réelu. Le pays connaît une certaine accalmie. La stabilité aidant, l'écnomie peut démarrer. Sur le plan économique toujours, bien que le Mozambique fasse partie de la zone linguistique portugaise, le pays deviendra quand même Membre du Commonwealt. Le président Chissano restera au pouvoir du 6 novembre 1986 au 2 février 2005. Il aura la tâche d'organiser des nouvelles élections démocratiques, à la fin de ses mandats. Joaquim Alberto Chissano fut un président très pragmatique, comme tous les responsables du FRELIMO.
Son successeur, Armando Guebuza est, lui aussi, membre du Frelimo. Redoutable Homme d'affaires, intelligent, il s'est bien sûr illustré dans les activités du commerce. A présent très fortuné, Guebuza qui avait un peu abandonné la politique, revient en force, reprend la politique, mène une très bonne campagne pour être élu à la tête du pays. C'est donc un homme d'expérience qui a goûté un peu au vent du libéralisme. Il n'est pas non plus un inconnu, puisqu'il avait réjoint le FRELIMO très jeune, en 1963, et participé aux différentes guérillas pour la libération nationale. Né à Murrupula (Mozambique), le 20 janvier 1943, le nouveau président Armando Guebuza, a succédé à Chissano après une très nette victoire contre l'éternel rival du Frelimo, Afonso Dhlakama. Guebuza avait obtenu 63,4% de voix contre 31,74% pour le candidat Dhlakama de la RENAMO. Les élections ont eu lieu du 1er au 2 décembre 2006.
Aujourd'hui à la tête de son pays, le président Armando Guebuza, élu le 29 novembre 2006, veut réussir comme ses prédécesseurs les reformes engagées qui ont fait venir les investisseurs étrangers au Mozambique.