Avant de prendre mes quelques plusieurs jours de vacances de ce blog, voire même deux mois ou plus, et surtout, entretemps, que je veux m'intéresser au sport que j'aime le plus, suivre cette grande fête de football qu'est la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2008), qui se tiendra à Accra, au Ghana, je me dois de terminer cette riche année 2007, par un dernier article de mon blog, sur ce qui s'est passé au Portugal.
En effet, du 8 au 9 décembre 2007, s'est tenue à Lisbonne, le 2è Sommet Union Européenne et Afrique. Un événèment très important en soi, puisque ce qui s'était décidé là-bas, déteminera le rapport entre les deux continents. 53 pays africains, et 27 pays européens, ont donc décidé de relancer leurs coopérations.
Plusieurs dossiers ont été discutés. Mais c'est l'aspect économique qui a dominé dans leurs discussions. C'est pour dire combien l'Europe reste attaché à l'avenir de ce continent dont elle dépend de ses matières premières. D'ailleurs sur cette question aussi, aucune avancée probante n'a été véritablement constatée puisque l'Europe devrait d'abord modifier sa vision des intérêts en englobant plus les intérêts réciproques. De ce point de vue, il était normal que la discussion soit gelée et absorbée, le temps de remettre les pendules à l'heure. Sérieusement, les pays africains ne sont plus les mêmes qu'avant, au temps où ils acceptaient n'importe quoi de l'Europe et se sont retrouver des années après les indépendances toujours plus pauvres et moquer de ces Européens. Dorénavant, disent les Africains, nous voulons traiter d'égal à égal avec les Européens. Quant à l'idée apparamment généreuse sur le partenariat économique, il faudrait savoir quelle connotation veulent bien donner les Européens, sinon, eh bien il faudrait attendre jusqu'au 31 décembre 2007, pour donner le temps à certains pays africains, pour leur permettre aussi de mieux se préparer pour la future négociation avec l'Union Européenne.
Pour l'instant, le Sommet a approuvé le Plan d'Action et le Partenariat Stratégique dans le domaine de la Paix et Sécurité, la bonne Gouvernance Démocratique et les Droits de l'Homme, le Commerce et l'Intégration Régionale, les Changements Climatiques, les Migrations, la Mobilité et l'Emploi, la Science, la Société d'Information et les Espaces.
Le prochain Sommet des Chefs d'Etat africains de l'UA se tiendra à Addis Abéba, en Ethiopie, et cette Union Africaine tirera le bilan de ce sommet de Lisbonne Europe-Afrique. Ainsi se dégagera une position commune.
Pour l'Angola, ce Sommet fut aussi une occasion de rencontres, de retrouvailles dans ces grandes occasions avec le Portugal. L'ancienne puissance coloniale lusitanienne n'a d'ailleurs réellement couper avec l'Angola. Les relations entre les deux pays n'ont jamais rompues et se sont même renforcées ces dernières années. Mais des relations qui n'ont plus rien à voir avec une dépendance. L'Angola a diversifié ses partenaires qui l'aident dans sa politique de développement du pays. L'assistance du Portugal n'est qu'une aide comme une autre. Le Brésil, par exemple a quadriplé ses rapprochements avec l'Angola, beaucoup plus que le Portugal.
Le Portugal dans cette occasion du Sommet de Lisbonne, a trouvé là un nouveau rôle qui est de rapprocher davantage l'Europe de l'Afrique. Cette Afrique décidément très convoitée par les autres pays aussi puissants
comme la Chine, l'Inde, le Japon, le Brésil, l'Australie ou la Russie.
Quelques siècles auparavant, le Portugal tenta de conquérir, ou plus modestement, de découvrir le monde par les mers, bien avant les autres pays européens. Alors l'Asie l'avait déjà visité commercialement. Pour le Portugal, l'aventure outremarine avait commencé avec ses navigateurs. Le pays s'est lancé dans les découvertes des terres inconnues et lointaines. Ses explorateurs ont sillonné les côtes africaines, contourné le cap du sud, pour réjooindre l'Océan Indien et attérir vers les Indes, Goa, Timor, Macao, etc. Rencontrant des peuplades qu'ils qualifiaient de "Primitives". Ils ont essayé de les rapprocher, pretextant les commerces, et enfin de compte, prétendre les "civiliser". Une idée, semblait-il pour eux, généreuse, pour l'expansion de la civilisation occidentale. On connait la suite. Les Portugais auraient marqué de leurs empreintes partout où ils sont passé, notamment sur le plan de métissage culturel. Aujourd'hui encore, la langue portugaise est parlée par 200 millions de personnes dans les grands pays comme le Brésil et l'Angola, ajouté aussi les autres pays d'Afrique lusophones et d'Asie (dans une moindre usage). Une communauté linguistique a d'ailleurs vu le jour sous l'appelation du CPLP (Communauté des Pays de Langue Portugaise), une organisation de coopération culturelle certes, mais aussi politique et économique. Les "Lusophones" ont tous un point commun puisqu'ils partagent l'utilisation de la langue portugaise. Ils se sentent partagés cette langue commune. En Afrique, il y a des pays comme l'Angola, le Mozambique, la Guinée-Bissao, les îles du Cap-Vert et l'archipel de Sao-Tomé/Principe. Si le Portugal croit et estime toujours que tous ces pays forment une famille, il faut avouer que beaucoup d'entre eux veulent s'affranchir de cette tutelle linguistique, comme le Brésil qui, bien le portugais est la langue officielle, ce pays a longtemps dépassé le Portugal sur beaucoup de plans, et ses liens ne sont pas plus forts qu'hier. Grand pays, le Brésil est un pays désormais très riche, économiquement, culturellement et politiquement. Un poids économique sur cette Amérique du Sud qu'il sera difficile d'ignorer.
L'Angola cherche depuis quelques temps de s'affranchir de ce type de rapport de dépendance linguistique, tout comme le Mozambique et dans une moindre mesure la Guinée-Bissao, le Cap-Vert et le Sao-Tomé/Principe. En diversifiant des partenaires autres, que le Portugal. L'appartenance au continent ramène ces pays à la réalité politique continentale.
Au Sommet Europe-Afrique, l'Angola et le Portugal ont voulu se rapprocher, renouer et saluer ces retouvailles. Il est vrai aussi de dire que pour l'organisation de ce Sommet, le rôle du Portugal fut essentiel, sinon prépondérant. Du fait de ces liens historiques avec les pays lusophones d'Afrique. De toutes les façons, depuis longtemps le Portugal a toujours chercher de se rapprocher et maintenir ces liens. Sur le plan international, les observateurs notent que l'Afrique progresse. Malgré ses difficultés, plusieurs pays maîtrisent leur inflation et le taux de croissance est plus meilleur que les autres pays du monde. Raison de plus de regarder ce continent dont le progrès constaté est aussi la conséquence d'une prise de conscience timide certes, mais fort encourageante. L'Europe veut donc accompagner ce progrès. Mais l'Europe a un problème de considération du progrès du continent qu'elle estime redevenir une concurente. Il faudrait donc gommer les préjugés qui restent ancrés dans les têtes de ces Européens pour créer une autre façon de regarder le continent et les Africains. C'est dans ce sens que le Portugal revient en force dans le pays comme l'Angola. Plusieurs investisseurs portugais s'investissent de plus en plus dans l'économie angolaise. Le pays est devenu très attractif du fait de ses découvertes des puits de pétrole brut, en eaux profondes et sur ses côtes maritines. Aujourd'hui les chefs d'entreprises Portugais se disputent la place avec les Chinois et les Libanais.
Israël se pointe aussi dans ce gateau qu'est l'Angola en accordant une assistance et des prêts pour le développement du pays, et ce dans plusieurs domaines. La France est bien sûr déjà sur le terrain avec les socétés et entreprises françaises. Le pétrole angolais est souvent exploité par des firmes multinationales françaises. On peut dire que la coopération économique va s'intensifier avec la visite prochaine, on parle de février 2008, lors de la visite officielle du président Nicolas Sarkozy en Angola.
A l'heure où les Chinois sont de plus en plus présent en Afrique, les pays européens emboîtent le pas. Il était donc normal que le Portugal, pour des raisons historiques, marque de sa présence dans son ancienne colonie. Depuis le 11 novembre 1975, c'est-à-dire 32 ans après, l'Angola a beaucoup changé. La chance de l'Angola, c'est son sous-sol très riches en toutes sortes de minerais et autres matières premières. Axé sur la diversification des partenaires, le pays mise pour un développement rapide. Les reserves pétrolières et les découvertes des nouveaux gisements, confirment la bonne place de l'Angola en tête des pays riches en hydrocarbures. Des découvertes en découvertes, l'Angola se montre fier et que celles-ci ont plus que doublées en quatre ans. Avec ses 2 millions de barils par jour, l'Angola se frotte les mains. Le prix de baril oscille entre les 100 et 150 dollars prochainement. Les retombées de ces pétro-dollars dans les caisses de l'Etat permettent de se lancer dans des projets ambitieux. Alors, le partage équitable de la richesse entre les gouvernants et le peuple angolais aura-t-il lieu ? La pauvreté est encore là, visible, honteuse pour un pays si riche. Avec cette envolée du prix de l'or noir, l'Angola devrait réussir son développement. Son économie se porte fort bien avec ces plus de 7,5% de son inflation. 95% de ses exportations concernent le pétrole. La SONANGOL gère bien les retombées du pétrodollar. Le pétrole est donc pour le moment la matière qui attire les pays européens, américains, asiatiques ou sud.américains. Mais le contrôle du prix du pétrole reste aux mains de certains opérateurs financiers étrangers. L'Angola a adhéré à l'OPEP depuis le 1er mars 2007. Cette Organisation des pays exportateurs du pétrole (Opep) joue un rôle de régulateur de l'indice de prix de vente du baril de pétrole. Elle assume 60% du commerce mondial, soit 40 millions de barils par jour. C'est elle qui prend des décisions en matières de quaotas de production. Elle est aussi soumis à des pressions internationales des grandes puissances surtout qui cherchent à s'infiltrer, sinon de peser auprès de ses membres afin de la manipuler ou à défaut, la maintenir dans un état de perpétuelle pression politique.
L'Angola, avec sa production de plus de 2 millions de barils par jour reste un membre très important. L'Opep suit donc avec attention tout ce qui s'y passe. A la prochaine réunion de Cartel qui se tiendra dès le 1er février 2008, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole entend bien rappeler à ses membres les règles du jeu de ce commerce mondial. On aimerait bien qu'elle sooit indépendance réellement. Que l'Occident arrête un jour de se mêler et d'adopter ce genre de reflèxe de chantage économico-politique, des pressions diplômatiques ou des assassinats grotesques de tous opposants à leur diktat, afin de permettre aux pays de l'Opep de respirer, de se responsabiliser sur le plan mondial, enfin pour que le commerce mondial reste crédible. Mais là aussi, rien n'est garanti. Tant les enjeux pour ces matières dépasse la morale humaine.
On voit bien que le Sommet de Lisbonne donne de l'espoir. L'Afrique et l'Europe ont voulu dynamiser leur coopération dans un esprit d'apaisement et de responsabilité morale, en se respectant les uns les autres.
Assurant la présidence de l'Union européenne, le Portugal a tout fait, avec l'accord des pays européens bien entendu, pour que ce Sommet soit constructif, et établir un mécanisme de coopération très avancé dans différents domaines. Le but est aussi de lancer relancer ces rapports souvent incompris entre deux continents pourtant liés par l'histoire, et qui doivent partager un destin commun de leurs peuples respectifs.
Les 27 Etats Membres de l'Union Européenne (UE), se rendent compte de la nécessité de rapprocher les liens avec les pays du Nord et surtout du Sud du Sahara afin de réussir une nouvelle politique d'entr'aide internationale, à commencer par celle de l'Europe avec l'Afrique noire, surtout. Isoler cette partie du continent ferait de l'Europe riche une fixation des pauvres injustement exploités.
C'est la raison aussi qui a fait que les pays africains continueront de refuser cette façon européenne de voir l'Afrique en fonction des liens sectaires, isolationnistes, très donneur des leçons, séléctionnant des pays qu'elle estime mériter leurs aides et les autres qui ne les mériteraient pas. On a vu aussi l'unité des pays africains lorsqu'il fallait soutenir Robert Mugabé que certains pays qualifient de "dictateur" (alors que de ce point de vue, il y a des choses à dire sur la dictature que subissent économiquement et politiquement les pays d'Afrique noire, avec ces Européens). Toute l'Afrique a fait bloc pour soutenir ce frère diabolisé par les "méchants blancs" (on parle de l'attitude de l'Angleterre dans cette affaire). Ce qui fait sortir des présidents comme par exemple, Mouhammar Kadhafi (qui n'est pas ' arabe', mais bédouin d'Afrique, s'affichant avec provocation son identité africaine, avec fierté. Et comme il est riche, n'en faisant qu'à sa tête, au grand désespoir des donneurs de leçon démocratique européens !). Il est temps que l'Europe change de vocabulaire et apprenne à regarder l'Afrique autrement que par sa prisme hautaine. Nous vivons une terre à partager. Nous pouvons vivre ensemble sans se déchirer. Le passé est derrière nous. L'avenir est devant.
L'essentiel de ce Sommet de Lisbonne fut donc la signature des Accords de Partenariat économique entre l'Union Européenne et les pays de l'Union Africaine. L'Angola tire les bénéfices de ces rencontres. Engagée dans la paix dans le pays, comme pour les autres pays de la région, il obtiendra de l'Union Européenne une collaboration sincère, une aide substancielle afin de rétablir la paix un peu partout en Afrique.
Au mois de février, le président français viendra officiellement effectuer sa visite pour sceller encore plus les liens entre non seulement la France et l'Angola, mais plus encore l'Afrique et l'Europe.
Pour finir, je rappelle que cet article est le dernier de l'année 2007 pour ce blog. Je vais longtemps m'absenter disons en gros, pour deux mois. J'espère revenir en forme dès la fin du mois de février pour vous parler cette coupe d'Afrique de football, au Ghana, la CAN 2008.