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Blog sur l'actualité des Antilles et du monde.

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Pleins feux sur...Richard Bohringer, le gentleman cool !

Ouais ! C'est un mec bien. Un chic type. Alors, il a droit à un bel hommage, une bonne reconnaisance. Parce que lui, c'est un des nôtres. C'est à dire, "Africain" et surtout...poète ! Il le dit lui-même : "Je suis Sénégalais de nationalité, et donc...Africain !" Faut avoir du courage pour le révendiquer. Lui, il le dit sans complexe, ni gêne. Il aime les Blacks !
Mais surtout, l'Afrique.  http://www.youtube.com/watch?v=lCptRRQdDyk&translated=1
Bien sûr qu'il aime son pays la France, mais l'Afrique c'est son feeling. Son jardin secret. C'est l'espace qui le fait plus vibrer. Richard est branché Afrique. Ce qui fait de lui un Français atypique, bien à part, et original. C'est vrai qu'on en voit pas de beaucoup comme lui. Putain, qu'est-ce qu'il cause bien, lui, de son Afrique ! On voit bien, comme il l'a dit, on peut être accidentalement Blanc, Noir, on en a rien à foutre de la couleur de la peau. Ce qui compte, c'est ce qu'on ressent de l'intérieur, les vibrations en symbiose chez l'autre. Richard Bohringer est un gars bien, avec un coeur gros comme ça ! Il aime parler, délirer, poétiser sa vie de bohème et de bourlingueur.
Nous avons eu la chance de le racontrer en avril 2009. Il était à Ferney-Voltaire, dans le pays de Gex. Pour une série de causerie, pas de conférence. On était là pour causer ou plutôt on était venu pour l'écouter parler. Monologuement. Sa lithanie toujours pleine de prose. Devant un parterre de ses admiratrices (eurs), assis sur  une arrière-cour bondée, pleine à craquer. Majoritairement féminine. Un public fasciné par le personnage. Pas très grand, un visage ridé, ravagé par le temps qui passe, marqué par sa vie, très riche. On avait là devant nous un gars qui a vécu des choses, goûté à tous les trucs de la vie qu'il a embrassé en pleine poitrine. Dès qu'il commence à parler, un sourire en coin, nous étions tous là, bouche bée, buvant ses paroles. Putain, Richard, comme tu sais causer, man ! Il écrit comme il parle.
Et, il sait causer, lui. On dirait un griot d'Afrique. Mais avec son langage argotique et son titi parisien. C'est un bon vivant qui nous narre ses aventures de la vie. Il ne cache d'ailleurs pas qu'il a bien brûlé la vie entre les doigts, meurtrisant son corps, goûtant à tous les plaisirs interdits : héroïne, drogue diverse, alcool, femmes, sexe. L'homme aime les femmes comme un fou. Il les aime si profondément qu'il en délire. En quête de son propre plaisir, le partager avec elles jusqu'à la lie. Cette quête du bonheur, la trouvera-t-elle ? Il s'en fout. L'essentiel qu'il l'a vécue. Il a écrit des bouquins, des poèmes. Tiens, à propos de bouquin, nous en avons lu. Ecrit de sa belle plume. En voilà un : "C'est beau une ville la nuit", une sorte de récit, en balade, ses blues, entre autobiographie et délires personnels. Morceaux choisis de son talent d'écrivains : " Je regarde ma bite en pissant contre le mur de la poste, Et ça fait longtemps que je n'ai pas bandé. Elle m'ignore, glisse entre mes doigts, fait semblant un court moment, et s'assoupit comme une crotte de chien." Putain !  faut être le Bohringer pour écrire des tels trucs limite obsènes. Très bien écrit son livre. Il sait choisir des mots et il en jette ! Ses fantasmes : " Les belles infirmières avec leurs seins tout ronds, à poils sous la blouse, qui plissent le nez devant ton corps qui pue, ta vieille bite toute ridée. Coton-tige pour te nettoyer. Pas possible à imaginer !"
(...) " Elle te tape sur l'épaule en disant  : ' En pleine forme ce matin, Monsieur Machin.' Elle le sait bien la belle que t'en peux plus, que t'as le drapeau en flanelle. Faudrait être forme et lui balancer quelques obscénités d'un air innocent. Alors, t'invites qu'elle te dise. ' Touchez là, Monsieur Machin. Touchez comme c'est plus doux.' Elle se barre à bicyclette et juste au moment où elle l'enfourche, il y a un coup de vent. T'as plus qu'à attendre comme un gosse la prochaine visite de tes vieux potes pour leur raconter l'effet que ça t'a fait et les voir  se lécher les babines. J'aime les infirmières et leur regard blessé par les misères. " Et son livre fourmille des anecdotes du genre. Richard Bohringer est un écrivain talentueux. Il sait raconter. Nous faire rire. Et il est heureux comme un gamin. Du vécu ? Vous en voulez ? Tiens, en vois-tu, en vois-là. Il nous sourit de ses aventures sous la couette. Comme cette grosse négresse qu'elle a connu à New-York, dans le quartier pauvre de Harlem, qui lui a fait l'amour comme jamais on l'a fait,  et lendemain matin, notre bohémien s'est retrouvé seul sans le sou, tout nu, dans cet hôtel crasseux puis jeté à poils dans la rue ! Non, ce n'est pas dans son bouquin, mais du vrai vécu ! Ce sont des potes Noirs qui l'ont encore tiré d'affaire, lui, le seul blanc, vaguement musicien, aventurier, en plein quartier reservé que pour les Nègres d'Amérique.
On revient au bouquin, et il parle de la "blanche". Et de la 'piquoze' : " Je suis resté cinq ans à l'héroïne. A me regarder mourir. Cinq ans à me faire des trous dans le bras. Cinq ans à voler des petites cuillères. A faire bouillir le cheval avec l'eau des chiottes. a me chercher les veines comme un singe. Cinq ans ! Terminée l'enfance ! La shooteuse qui tombe dans la tinette. Les mains dedans pour la chercher. La porte qui s'ouvre. Un mec qui veut pisser. Moi à quatre pattes les mains pleines de merde ! Tombé dans le coma deux fois. La première fois ils m'ont jeté dans la cour de l'hôpital. Merci. Ils auraient pu se barrer et me laisser crever ! ça arrive ! Pourtant c'étaient des pauvres carcasses mes potes de la défonce ! Peur des flics, peur du manque, preur de tout ! Les filles faisaient un peu les putes pour le pognon. Il y en avait une qui m'aimait bien. C'est elle qui m'a balancé je crois. Pourtant elle m'aimait bien. C'est sûr. Le cheval et la baisouille c'est pas compatible. Alors on dormait dans les bras l'un de l'autre. Puis on se shootait.  Un jour j'ai été à la morgue voir mon pote Octavio. Octavio c'était un rital. Un jeune rital tendre et plein de charme. Il ne trouvait jamais le courage de faire quoi que ce soit. Je l'ai vu dans son cercueil avec une rose dans les mains. Pendant ce temps-là, juste à la porte, il y avait un employé de la morgue qui posait des vis au couvercle. Il attendait qu'on foute le camp pour fermer la boîte. Je l'aimais beaucoup Octavio. J'ai arrêté cette merde de came deux mois après. Je pense souvent à lui. Il était beau. On s'aimait. J'ai pu rien faire. Je voulais arrêter. Pas lui. C'est tout. C'est fou ce que l'on a pu cavaler tous les deux ! La veille de sa mort il m'avait cherché toute la journée. On s'est pas trouvés. Il a été se planquer dans les chiottes d'une boîte de nuit. Ils l'ont retrouvé quelques heures plus tard. C'était trop tard. Je ne me souviens plus qui m'a prévenu. J'ai oublié. Mais je sais que ça m'a fait drôlement chier de le voir dans sa boîte avec des coutures partout. Autopsie de merde ! J'ai même oublié comment ça a commencé cette histoire. Trop de chagrin peut-être un soir. Trop de blues." Son livre, Richard Bohringer l'a fournillé des petites histoires comme ça. Les choses de la vie. La drogue, l'alcool, des cuites, l'ivresse, les fausses joies, les amis, les femmes, les amours, les chagrins d'amour. Aussi.
Mais avec des excès, les médecins lui interdit de boire de l'alcool, de ne plus toucher aux substances hallucillogènes.
"C'est beau une ville la nuit", le premier livre de Richard Bohringer, est à notre avis, le meilleur de toutes ses publications. On retrouve le Bohringer, comme il est, authentique, entier, et comme il s'exprime dans la vie normale.  Un récit de blues,  publié aux Editions Denoël, en 1988. Un vrai bonheur de lecture pour cet été. Cent cinquante pages, de plaisir, en "folio" Format de poche. http://www.youtube.com/watch?v=lOkLcUFq0JE&feature=related
Richard Bohringer est né à Moulins, dans l'Allier, le 16 janvier 1942. Il est le père de l'actrice Romane Bohringer, et de trois autres enfants : Mathieu, Richard et Lou. C'est un homme très très intéressant. Un cas, un personnage. Sa vraie carrière débute au théâtre, puis au cinéma. C'est dans le septième art qu'il sera connu. Révélé dans un film "DIVA", il est reconnu par ses pairs, et au public, comme un grand acteur. Il a tourné des centaines de films et reçu deux césars pour les films "L'addition" (1984), et "Le Grand Chemin"(1988).
Nous avons beaucoup aimé son film "A gauche, en sortant de l'ascenseur", (1988), d'Edouard Molinaro, avec Pierre Richard et Emmanuelle Béart. Un très beau film dans lequel il joue le rôle d'un homme hyper-jaloux, Boris, amoureux-fou de sa partenaire Eva ( excellement bien intérprêtée par la belle Emmanuelle Béart).
On ne pourra jamais cité tous les bons films auquels il a magistralement joué et excellé. Richard Bohringer est un excellent comédien aux talents multiples. Il sait tout faire. Jouer, chanter, et surtout vivre. Il a déjà derrière lui, une grande et riche carrière.http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Bohringer
Hélas, il y a quelques jours, on a failli perdre pour toujours notre attachant poète. C'était un jour du 5 août 2009.
L'acteur français avait disparu un mercredi soir, seul comme grand, il a quitté son domicile, laissant sa femme, emportant avec lui des médicaments. Que voulait-il faire ? A 67 ans, Richard Borhinger souffre d'une hépatite C. Il était en traitement médical. Au mois d'avril dernier, il avait fini par revéler publiquement sa maladie : "J'ai choppé un truc assez grave, mortel même, qui ne déglingue pas que la partie touchée...Une forme d'hépatite C. La plus chiante. On en guérit. Il faut s'armer, il faut être costaud, faut être aimé car il y a des dérives mentales", a-t-il avoué de son état de santé fragilisée. Le jour de sa disparition, tout le monde a donc eu peur pour lui. Il avait encore des projets mais Richard Bohringer, au vu de son état de santé, avait annulé le 21 juillet dernier sa participation au Festival d'Avignon.
S'évanouir comme dans la nature, ce n'est vraiment pas le comportement du Richard que tout le monde prétend connaître. Son épouse avait donné l'alerte, et la police s'est mis à sa recherche. Déployant les grands moyens, c'est à dire, faisant intervenir avec un hélicoptère. On le retrouvera plus tard, lelendemain au milieu de la matinée, fatigué, nauséeux, et déshydratée. Richard Bohringer était méconnaissable.Un voisin l'avait retrouvé, errant seul, près d'un port privé aux alentours d'Hyères, près de l'endroit où le couple résidait. Il sera immédiatement hospitalisé à l'Ayguade, une commune de Hyères (Var),  pour y subir des examens médicaux. On imagine mal ce poète qui aime la vie, tirer sa révérence en douce. Ouf, quelle frayeur ! On t'aime bien, Richard ! Tiens bon.
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