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L'Afrique doit continué à honorer ses Héros. Ses fils ou filles. Parmi eux, il y en a un que l'on ne doit plus oublier, et qui s'appelle : STEVE BIKO. Sud-Africain, militant noir et Poète, celui-ci fut le principal animateur du Mouvement noir de la non-violence, anti-apartheid, en Afrique du Sud, « The Black Consiousness » (la Consicience Noire).
Natif de King William's Tom, dans la province du Cap, Steve Biko vint au monde le 18 décembre 1946. C'est là-bas qu'il passa sa jeunesse avec toute sa famille. Dans ce pays singulier, dominé par un pouvoir blanc raciste, tout se récent dans la vie de tous les jours. Qu'on le veule ou non. La politique du pays est dicté par un gouvernement qui a promulgué une loi de séparation entre les races, appelée « apartheid ». La population noire africaine subit fortement l'injustice de cette loi ségrégationiste. Dans les quartiers pauvres, délaissés par les Blancs, les Noirs y sont parqués dans ce qu'ils appellent des « townships ». D'un côté, la commuauté blanche qui vit dans les quartiers chics ; et de l'autre côté, la population majoritaire noire africaine, dans des baraquements insalubles de fortune, pour les pauvres. Le destin tout tracé des Noirs était de demeurer dans cette condition de pauvreté et travailler pour les Blancs. Pour s'en sortir, une seule issue, l'éducation. Aller à l'école et être bien formé pour réussir sa vie. Ou sinon, rester un travailleur noir qui travaille dans les usines ou dans les mines que les Blancs d'Afrique du Sud exploitent. Mais pour les jeunes, l'éducation qu'ils vont recevoir reste une éducation conditionnée par la civilisation et culture blanches. Tout enfant a certes le droit de faire sa scolarité et la poursuivre plus haut s'il en a la capacité. La langue anglaise est la langue officielle et administrative de l'Afrique du Sud. Une langue usuelle pour tout Sud-Africain, Noir ou Blanc. La coexistence entre les races n'existe pas. S'il existe, cela doit être une relation du maître à son sujet. Une situation, on le devine, très compliquée, complexe, dramatique. Surtout pour les Noirs qui la vivent très mal.
Dans ce pays de l'Afrique australe, au sud du continent, il n'y a pas que les Blancs et les Noirs, il existe aussi d'autres 'races', ou autres communauté, que les gens du pouvoir nomme les « gens de couleurs » : métis, indiens, ou tout autre « coloroud » (hommes de couleur), classifiés par le système d'apartheid.
Steve Biko est donc classifié de « Noir ». Instruit, il reste un pur produit du système et de son histoire. Une histoire douloureuse pour une grande majorité de non-blanc.Qu'est-ce qu'est ce pays ?
L'Afrique du Sud est une chaudière créée par une minorité blanche qui opprime les Africains de couleur de peau noire. Un pays de 1.219.912 km2 de superficie, avec une population actuelle oscillant les 49.052.489 habitants.
La majorité de la population est de race noire, qui représente 79,3 %, tandis que les Blancs ne représentent que 9,1 % de la population de toute l'Afrique du Sud. Suivis de 9 % de métis ; et les restes (Indiens et autres Asiatiques) qui représentent 2,6 %.
Ce grand pays du sud du continent noir est entouré de plusieurs pays frontaliers : Namibie, Botswana, Zimbabwé, Mozambique et Swaziland. Quant au Lesotho, c'est un pays particulier, puisqu'il est enclavé dans le territoire de l'Afrique du Sud. Pays membre du Commonwealt britanique.
Les premiers habitants de l'Afrique du Sud sont les « Bochimans » et les « Khoï-Khoï ».Ils vivent là depuis plus de 40.000 ans, avant notre ère. Les premiers bantous sont descendus vers le Sud et sont arrivés peu à peu, et se sont melangés avec leurs frères qu'ils ont trouvé sur place. Aujourd'hui, presque la majorité de Noirs sud-africains a de sang bantou dans ses veines. Ce sont les bantous qui vont propagés les langues africaines d'ascendance bantoue qu'on utilise partout.
Le drame de ce pays viendra vers 1488, lorsque les premiers navires venant d'Europe avec son équipié vont accoster sur les rives du pays noir. Ils sont arrivés bien après le passages de premiers navigaeurs portugais, d'abord le Portugais Bartolomeu Dias, puis en 1497, l'autre navigateur portuguais Vasco de Gama. Ce deux-là ne faisaient passer, constituant leur « carte de géographie de l'Afrique », encore mal connue.
Les premiers européens à fouler ce sol sud-africain seront les Hollandais. A la recherche des terres exploitables. En 1652, les Hollandais s'implantent définitivement sur le sol africain, après avoir livrés des batailles féroces contre les Noirs, hostiles à tous ceux qui voulaient s'installer et s'accaprer de leurs terres des ancestres. La supériorité des armes à feu auront la suprématie contre les flèches et autres armes blanches rudimentaires. Chassés d'une partie de la terre sud-africaine, les Blancs s'y installent. Les Européens commencèrent à convoiter ces terres très fertiles d'Afrique australe. La plupart des Hollandais qui arrivaient par bateaux travaillaient pour le compte de la « Compagnie hollandaise des Indes orientales », une station de ravitaillement au sud du Cap, dirigé par un Neerlandais nommé Jan Van Riebeck.
Comme les Noirs capturés, ou non, refusaient toujours de travailler pour les Blancs, il fallait bien sûr trouver une autre main d'oeuvre plus docile et travailleuse. Ils vont les trouver ailleurs, en allant jusqu'en Indonésie, dans une île appellée « Ile de Java », pour y prendre ou récruter une main d'oeuvre bon marché. Mais leur nombre était toujours insuffisant pour travailler cette immense terre d'Afrique du Sud. Les Hollandais vont encore en trouver dès 1657, dans une autre île proche du continent africain, la « Grande île de Madagsacar », mais cette fois en capture forcée, reduisant les malgaches en esclaves de travail.
Ce n'est qu'en 1688, que l'annonce parvenait en Europe, faisait venir des Blancs, les Français. Des gens qui fuyaient la guerre religieuse qui sévissait en France. En fait, ce sont des « Huguenots », des Protestants de France pourchassés par le roi et l'église catholique, suite à une guerre des religions féroces pour ceux qui refusaient de se convertir dans une autre religion que la leur. Ils étaient dans un premier temps, plus de 200.000 protestants qui quittaient l'hexagone français avec leurs familles (femmes et enfants), à la recherche d'une terre paisible et pouvoir y travailler. Ce fut après le renouveau de l' « édit de Nantes ». Plusieurs bateaux surchagés avec des gens et autres cargaisons vont embarquer tous pour faire ce long voyage, cette traversée de l'océan atlantique et accoster au sud du continent africain. Comme cette répression ne visait pas que la France, il y avait aussi des Suisses francophones, du Canton de Vaud (près des Alpes) qui, eux-aussi, fuyaient les persécussions religieuses. Quelques Allemands aussi avaient pris place à bord de ces navires. Rappelons aussi que, tout cela après le massacre des « Vaudois du Luberons ». Ce sont des gens issus surtout de la bourgeoisie moyenne de France et de Suisse, très religieux (protestants), qui quittaient leurs pays.
De 1691 à 1698, plusieurs embaquements eurent lieus. Ils étaient appellés pour venir aider les Hollandais à travailler la terre africaine nouvellement en leur possession. Les Hollandais avaient besoin d'eux pour développer l'agriculture et la viticulture de cette nouvelle colonie sud-africaine afin aussi de ravitailler d'autres navires qui y accostaient, ou faisaient esclales, avant de poursuivre leur route des Indes.
La terre en Afrique du Sud est fertile mais sauvage, qu'il a fallu aussi trois longues années avant de la maîtriser et la défricher réellement. Travailleurs et motivés, les Européens vont arriver à bout de leur détermination. Comme partout où coexistent les êtres humains, les conflits ne manquent pas. La différence culturelle va prendre le dessus. La conception hollandaise était différente des francophones. Différences philosophiques, morales et d'interprétations. Pour les Hollandais qui s'estimaient déjà maîtres du lieu, tous les autres européens venus après eux devraient assimiler la culture neerlandaise. Alors que les Français voulaient conserver leur langue française et leur propre culture. Devant le refus des francophones de se laisser soumettre, un bras de fer va s'engager.
Les « francophones, (Français et Suisses), habitaient dans leurs zones propres, entre Paarl et Fraschhoeck (le coin des Français), tandis les germanophones (Hollandais, Allemands, etc) gagnaient des grands espaces. Finalement la querelle linguistique va s'apaiser d'elle-même : la langue française finit par se fondre dans la langue « afrikaan » (un patois hollandais mélangé avec des mots d'expression allemande et neerlandaise). L'afrikaan n'est rien d'autre qu'une fabrication hollandaise. Une langue hybride. Parlée seuleement entre Sud-Africains blancs d'origine européenne.
Que faisaient les Noirs pendant que les Blancs grignottaient de plus en plus leurs terres à l'intérieur du pays ? Ils s'organisaient. Vivaient entre eux. Un homme va remarquablement marquer l'histoire du peuple noir : le grand et vaillant Chaka Zulu, le fondateur de l'empire qui porte son nom.
Chaka Zulu serait né vers 1787. Il est le fils de Senza Ngakona et de la princesse Langeni. Chef du clan zulu, il ne tardera pas de se faire distinguer et respecter par la population noire. Très grand, courageux, vaillant face à tout autre ennemi, on louait ses qualités physiques mais aussi intellectuelles.Chef d'une armée, il avait des capacités immenses en tant que bon stratège, avec un sens aigu des combats.Il était capable de terrasser à lui seul plusieurs personnes, avec ou sans armes. Selon la légende. Il avait une conception politique très aigue sur son pays e ce qu'il fallait faire pour assurer sa sécurité et sa survie. Grace à ses talents divers, il a su s'imposer à tous, et c'est lui qui va donner le nom du pays, de toute la tribu (zouloue), et à toute les descendances bantoues en Afrique du Sud. Il a imposé la langue, la société, les règles de vie. C'est aussi lui qui va fonder une redoutable armée de métier, la réorganisant à sa façon, faisant d'elle le pivot de la société noire sud-africaine. Le premier africain à considérer la femme noire, la valorisant, en l'intégrant dans l'armée, dans un corps d'amazones. Il revolutionna à son époque, la stratégie militaire d'attaque alors même qu'il ne connaissait pas l'existence des armes à feu. Ne possedaient aucune arme dite moderne. Sa methode était simple mais novatrice pour cette période, avec une stratégie d'attaque, nommée « tête de buffle » : troupes divisées en quatre corps, deux ailes forment les cornes de buffle et deux corps central placés l'une derrière l'autre formant le « crâne ». Le tout, opérant en mouvement tournant, l'une des aile attaque, tandis que l'autre se cache et n'intervient que par suprise, lorsque le combat est sérieusement engagé.
Chaka Zulu menait une guerre totale et utilisait la tactique de la « terre brûlée », grâce à des régiments spéciaux, très bien entraînés, les « régiments rouges » (' impi-ebumbu '). Avec cette armée forte de milliers de soldats, il partait à la conquête ou à la reconquête.Recupérant les terres, tout en sémant la terreur auprès de ses ennemis.
Le chef zoulou Chaka règne sur son peuple et commence à le réveiller aux idées révolutionnaires pour créer un nationalisme et un patriotisme conscients. Ainsi, il avait une population toujours en éveil et une armée forte pour défendre son territoire.
Incontestable chef charismatique, Chaka Zulu fut un fin stratège politique, un bon soldat, un organisateur de génie, fondateur d'une véritable nation en Afrique du Sud, avant la domination européenne. Les premiers combats face aux Britaniques, il se montra vaillant, combattif, et n'avait pas peur de terroriser les Blancs rien que par sa présence physique impressionnante. Il savait leur parler et se faire comprendre. Même s'il ne parlait pas l'anglais. Se faisant traduire par ses hommes qui fréquentaient les Blancs pour négocier les terres ou réclamer leurs droits fonciers.
La colonisation anglaise n'a pas tarder à étudier ces zoulous, comprendre leurs mentalités, comment ils fonctionnaient entre eux et tenter de trouver des alliés parmi les Noirs les plus manipulables.
Les Anglais adoptèrent la stratégie de la propagande et de dénigrement. Dressant les Noirs entre eux, surtout en propageant des fausses informations sur le chef zoulou, dans le but de le diaboliser auprès de son peuple. Pour gagner la confiance des Noirs, les Anglais vont faire semblant de signer une armistice avec le chef Chaka Zoulou. Mais dans un but non-avoué de « diviser pour mieux règner ». Une conception qui a si bien réussi auprès des Hollandais qu'ils ont mis de leurs côtés pour mieux coloniser le pays et tous ceux qui habitent l'Afrique du Sud.
C'est une stratégie qui va réussir aussi pour Chaka Zulu, puisque ce ne sont pas les Blancs qui vont le tuer mais les Noirs entre eux. Un complot fut organisé contre Chaka.
Ce complot va aboutir en 1828, puisque le chef Chaka Zulu sera poignardé par l'un des siens. Un membre de sa propre famille. On parle de ses demi-frères, Diangane et Mhlangane, et encore de sa tante Mkabayi, avec l'aide d'un de ses hommes de confiance, Mbopa.
Pour l'histoire de ce pays, Chaka Zulu reste un symbole de la première lutte contre les occupants. Un résistant contre l'idéologie que l'on voulait imposer aux Noirs pour s'accaparer de leurs terres.
Ses idées révolutionnaires continuent d'influencer les jeunes révolutionnaires d'hier et ceux du temps de la lutte contre le système de l'apartheid instauré en Afrique du Sud.
Il ne serait pas étonnant que ces idées-là puissent effleurer Steve Biko très jeune. Ce grand homme de légende continue de fasciner les jeunes à la rechercher des héros noirs dans ce pays.
Rappelons aussi que la longue lutte contre l'oppression blanche en Afrique du Sud ne date pas seulement de Mandela ou de Biko. Mais c'est une lutte qui a traversé les siècles.
Déjà, dès 1779, ce sont les tribus Xhosas qui combattaient contre les fermiers blancs qui ont volé leurs terres et leurs bétails. Les Zoulous par la suite vont eux-aussi mener la guerre contre les Britaniques en 1879. Ce sont les Anglais qui amèneront la colonisation de l'Afrique du Sud, règnant par la puissance de leur armée royale. Une présence coloniale à caractère raciale que l'Angleterre finira par imposer durant des années. La suite de l'histoire c'est une succession des massacres généralisés aux armes à feu, les déportations des populations noires qui vont être parqués sur des terres non-arides ou fertiles. On créera des Bantoustans pour les Nègres. Les Blancs s'accaparaient par la force des territoires riches. Surpassant les autres premiers Blancs en Afrique du Sud, que ce soit des Boers (d'origine hollandaise), ou les autres Blancs d'origine européenne. (voir le repère chronologique). Restons sur le poète Biko.
Steve Biko a commencé sa scolarité à la Browlee Primary, puis à la Charles Morgan Highly Primary et au Lovedale Institute pour préparer son examen dew fin d'études secondaires. Une scolarité ponctuée par la fermeture de lycée, à la suite de plusieurs grèves des élèves des classes terminales.
De même en allant dans le Natal, à Marianhill, une institution catholique où il avait brillament passé son examen. Inscrit à l'Université du Natal, en 1966, Steve Biko opte pour la médecine.
Steve Biko se marie en 1970, à sa bien-aimée, Montsikelolo « Ntsiki » Mashaloba, d'Umtata, avec laquelle, ils ont eu deux fils.
C'est durant ses études que sa conscience politique va s'éveiller. Par ailleurs, pendant toute ses périodes d'études universitaires, il va fonder plusieurs associations : la « South African Student's Organisation » (SASO) ; la « Black community Programs » : la « Black Consciousness » (la conscience noire). C'est ce mouvement qu'ila également lancé et popularisé ; celui-ci constituait la base philosophique de toutes les autres organisations estudiantines et politiques.
Un mouvement révolutionnaire viendra conforter la lutte armée en Afrique du Sud. Il s'agit de « Umkonto we Sizwé », (le fer de lance de la Nation). Une fraction de l'ANC (African Nation Congress). Le 11 juin 1963, la police effectue une descente dans le quartier général de l'ANC à Rivonia (Johanesbourg), saccageant tout, arrêtant la plupart de dirigeants du mouvement noir, Walter Sisulu, Govan Mbeki, Raymond Mlhaba, Ahmed Kathrada, Dennis Golberg, Lionel Berstein.
Deux ans auparavant, en 1961, le pouvoir blanc avait arrêté Nelson Mandela et Sobukwe. Ils furent incarcerés à la prison de « Robben Island ». Le gouvernement Vorster sémait la terreur auprès des activistes noirs qui combattaient le système d'apartheid en Afrique du Sud. Tous les leaders de l'ANC chargés d'organiser des meetings pour mobiliser et sensibiliser les troupes connaîtront l'emprisonnement politique sans jugement. Sauf celui du plus rétentissant Mandela, lui-même avaocat noir anti-apartheid. C'est le fameux « Procès » Nelson Mandela. Ce dernier va utiliser cette tribune juridique pour dénoncer et accuser le pouvoir. Nelson Mandela va transformer ledit « procès » en une mise en scène en régle, un porte-voix de la cause de ses frères noirs. Il dénonça assez virulemment la domination blanche en Afrique, en une accusation cinglante mais très brillante. L'avocat noir Mandela contesta même la compétence morale d'une telle Cour, injuste, en des termes qui connurent un échos très positif auprès de tous les Nors. Les jours qui passèrent les cités noires vont s'embraser. Et, les arrêstations vont être massives, mais n'entacheront pas la détermination des Noirs. La cause de la contestation du système sépartiste étant justifiée, le mouvement noir va s'amplifier un peu partout. Un temps le système a failli vacciller mais tint bon en encourageant les repressions policières et les intimidations. Même si quelques figures étaient emprisonnés, d'autre vont poursuivre le combat contre ce détestable système de l'apartheid.
C'est le cas de Steve Biko, le jeune et brillant militant, fondateur de la SASO. En 1972, il écrit un mémorable « Student Perspectives on South Africa », édité par H.W.Van Merme & David Welsh, en collaboration avec le Bailey nstitute of Interracial Studies. Qui sera interdit pour son contenu jugé provocant et dangereux, par le pouvoir qui pratique le système de l'apartheid.
Steve Biko lance la même année, une nouvelle association, dénommée la « Black Peoples Convention » (BVC). Celle-ci contribua encore plus à la conscientisation politique des étudiants noirs en Afrique du Sud. Arrêté et assigné à résidence, Steve Biko n'a plus le droit de tenir des meetings en public. Il ne doit plus prendre la parole dans aucune autre forme de manifestation, réunions, conférences, débats ou toute autre asssemblée. Surveillé par la police en permanence, Biko voit tous ces gestes, sortis, observés par des agents blancs du pouvoir.
Mais en 1976, le pays tout entier est en ébullition. Les Noirs sont dans les rues et manifestent. Les soulements populaires se multiplient. La police a l'ordre de tirer sur la foule pour tuer un maximum de Noirs ou autres manifestants civils. L'armée et la police font des « descentes » dans les quartiers noirs (townships) pour faire des arrestations arbitraires, des déstructions des maisons, faire disparaître les activistes et militants des mouvements noirs. Les grèves font leur apparition dans les entreprises et usines. L'économie est ralentie.
Les plus jeunes écoliers noirs vont courageusement organiser des marches pacifiques pour manifester leur rejet de la décision du gouvernement d'imposer la langue 'afrikaan ', à la place de l'anglais. La police, dépêchée, charge et tire sur les jeunes enfants. Ce sera le « Massacre de Soweto ». Inoubliable journée que ce 16 juin 1976, un jour où le sang des enfants noirs d'Afrique du Sud, sans défense, a coulé. Jour de meurtres des écoliers de Soweto par des « assassins blancs en uniforme », comme l'a si bien dit une mère de famille qui a assisté au meurtre de son fils par un policier armé. Combien sont morts ce jour-là ? On a parlé de plus de 570 enfants noirs !
Qu'importe ces assassinats officiels du gouvernement blanc, la lutte continue. Les images filmées nous montrent encore ce face à face entre les jeunes écoliers en uniforme et la police surarmée, qui n'a pas tardé à faire usage de leurs armes à balle réelle. Les policiers ont tiré sur les jeunes et ceux qui tentaient de fuir recevaient une balle dans le dos. Un assassinat de masse inexcusable.
En 1977, l'Organisation des Nations Unies finira par condamner l'Afrique du Sud et sa politique repressive. L'ONU va décrété un embargo à l'Afrique du Sud. Plusieurs pays vont commencer à boycotter ce pays raciste. Même si certains pays continuaient hypocritement à collaborer avec les Blancs Sud-Africains et leur gouvernement.
La lutte continue et la première des victoires de Noirs en Afrique du Sud fut de continuer à résister. On n'oubliera jamais ce chant de l'ANC :
«
Nkosi sikelélé Afrika
Mulapakam'upondo lwayo
Yiva imitanda zo ye tu
Usi sikelélé
Sikélél'amadol'asizwé
Sikelela kwa nomlisela
Ulitwel'ilizwé ngomondé
Uwu sikélélé
Sikelel'amalinga etu
Awo nanyana nokuzaka
Awemfundo nehvisiswano
Uwa sikélélé
Yilha moya ! Yilha moya !
Yilhla moya Oyineewelé.
»
Un chant d'appel à la résistance et une prière pour la survie de la patrie souillée, mais aussi un chant d'espoir, de la fraternité entre les peuples. Ce chant de l'ANC deviendra plus tard, l'actuel hymne national du pays.
Or, en attendant d'y parvenir à cette libération, la repression ne faiblissait pas. Le pouvoir blanc était resté encore longtemps sourd à ce chant d'appel à la raison, à l'unité, à la fraternité entre Sud-Africains. On continuait encore à traquer les militants noirs en Afrique du Sud mais aussi à l'étranger. Surtout en Europe. On pouvait aisément tuer un ou une militante de l'ANC en pleine rue à Paris, Londres, ou en Suisse, Italie, Etats-Unis voire encore plus loin, ailleurs. . Tous ces meurtres n'ont jamais connus des arrêstations, jugements, enquêtes sur leurs commanditaires, et leurs assassins ont pu tranquillement regagner l'Afrique du Sud avec la complicité de certains Etats. Ils y vivent encore. La création de cette « commission-vérité-réconciliation » n'a encore pas pu tout nous livrer de ce passé douloureux. Nécessaire pour la compréhension de l'Histoire de ce pays.
Revenons en arrirère pour dire que, après les événements de tueries à Soweto, le mouvement noir a continué son combat. Steve Biko animait toujours ces années-là, la « Black Consciousness », qui continuait à gagner des sympathisants et des militants de plus en plus disposés à participer à la lutte anti-apartheid. Malgré qu'il devenait de plus en plus difficile d'organiser des meetings, des maifestations ou tout autre rassemblement interdit par le pouvoir. Le gouvernement se montrait de plus en plus férocement repressif. Aidé en cela par sa police sécrète qui récrutait et corrompait des Noirs pour les infiltrations. Rechercher par la police, Steve Biko était obligé de se cacher. Mais il n'arrêtait pas d'écrire loin de là. Ses articles paraissaient dans des journaux clandestins que le pouvoir finisait par en procurer quelques exemplaires. Même les journaux de l'opposition blanche finit par s'intéresser à la cause de Noirs en Afrique du Sud. Les plus sérieux d'entre eux n'hésitaient plus de citer les leaders noirs.
Un journaliste Blanc, Donald Woods, décida de s'intéresser de plus près aux membres du mouvement et surtout à Steve Biko et voulu le rencontrer. Woods est un pur produit du système blanc mais journaliste. Son métier est la recherche de l'information à la source. Ce journaliste finit par rencontrer Biko. Donald Woods ne cache pas son étonnement après avoir rencotré Steve Biko. Tout ce qu'on rencontrait sur lui s'avérait faux. Steve Biko n'est pas un « terroriste », ni un « activiste-militant fanatique illuminé qui tient un discours de haine contre les Blancs ». Au contraire, Woods rencontra un jeune Noir poli, très intelligent, universitaire, et poète. Un homme de la réconcilation. Il ne vouait aucune haine à l'égard de Blancs mais défendait des valeurs universelles que le pouvoir blanc d'Afrique du Sud refusait de donner à la majorité des Noirs dans ce pays. Steve Biko fit un brillant exposé au jouranliste Donald Woods, de « The Daily Dispatch », un journal d'opposition blanc. De gauche. Qui militait aussi dans le sens d'intégration des Noirs dans la société sud-africaine. Divergeant sur le passation de pouvoir aux Noirs !
Steve Biko expliquait le sens de son combat avec ses camarades du « Black People Convention » ou ceux de la « Black Consciousness ». Ils luttent pour une Afrique du Sud multiraciale, avec une égalité entre les races, contre le système dégueulasse de l'apartheid. David Woods est séduit par l'homme qui devient rapidement son ami. Il note tout ce que lui dicte et dit Steve Biko. Et, pour le journaliste blanc, après une interview, il veut publier un livre sur cet homme noir et fascinant. Il décide de l'aider dans son engagement militant pour l'avenir de leur pays commun, l'Afrique du Sud. De son vivant, on peut noter que Steve Biko nous a laissé une belle oeuvre littéraire. Outre ses livres et écrits poétiques, nous recommandons la lecture du livre « I write what i like », avec un préface de Monseigneur Desmond Tutu et une introduction par Malusi et Thoko Mpumlwana, et surtout de son ami religieux, le père Aelred Strubbs, avec aussi une nouvelle préface par le Professeur Lewis Gordon. Le livre, « I write i like », a été édité par University of Chicago Press, le 1er septemblre 2002, contenant 240 pages.( A noter que Steve Biko a été assassiné en prison le 12 setptembre 1977).
Donald Woods, l'ami journaliste blanc sud-africain de Steve Biko a publié son témoignage, « Vie et mort de Steve Biko » en 1978. Dix ans plus tard, son livre est porté sur écran par Richard Attenborough, avec dans le rôle du poète assassiné, le plus grand acteur noir africain-américain Denzel Washington, acteur pricipal de ce film très réussi sur ce grand militant sud-africain Steve Biko. Film tourné au Zimbabwé. Comment est-il mort ?
Traqué par toute la police du pays de'apartheid, Steve Biko et son ami-complice Peter Jones, ont été arrêtés à un barrage de police, près de Grahamstown, dans la province du cap. Trahis, dénnoncés, ou simple fait du hasard de routine de contrôle de policie ? On ne le saura pas. Ce que l'on retient de ce traquenard ou arrêstation, Steve Biko et son ami aux mains de la policie sud-africaine, seront transférés à Port-Elisabeth, dans une prison de haute sécurité. Et nous sommes exactement le 18 août 1977. A Port-Elisabeth, Steve Biko sera « interrogé ». Une interrogation musclée, comme on peut l'imaginer, subissant la torture, les avoeux brutaux à arracher à tout prix pour remplir le procès verbal qui vont le condamner à mort. . Le 11 septemble, Biko est de nouveau emmené et transféré à Prétoria, dans le Transvaal. Brutalisé, frappé sur la tête, le militant Steve Biko ne supportera plus lontemps ces tortures. Il meurt le 12 septembre 1977 après d'atroces de torture aux mains de la police de sûreté, à Port-Elisabeth.
Son ami journaliste Richard Attenborough, a dû quitter l'Afrique du Sud pour aller se refugier en Angleterre. Il s'était enfoui de façon rocambolesque, clandestine, dans des conditions extrêmement périlleuses.
Avec sa famille, sa femme et ses trois enfants, ils sont parvenus à survivre dans ce pays. Le temps pour le journaliste Woods de témoigner par la publication de son livre « Biko », à Londres, aux Paddington Press, en 1978. (Traduit en francçais sur le titre « Vie et mort de Steve Biko », aux Editions Stock, 346 pages, à Paris, France).
Plusieurs années plus tard, le régime de l'apartheid tombe. L'Afrique du Sud est libérée. Un pouvoir blanc qui a règné sur le pays de 1948 à 1991. Après avoir éliminé les meilleurs fils d'Afrique.
Aujourd'hui l'Afrique du Sud est un pays « arc-en-ciel », dirigé par le président Jacob Zuma. Un pays de tolérance que les Blancs hier au pouvoir, qui refusaient toute forme de fraternité avec les noirs, et que ce sont ces derniers qui acceptent et tolèrent les mêmes Blancs racistes d'hier !
Mais les Africains savent qu'il reste encore beaucoup à faire. L'essentiel reste de suivre ce chemin qui nous amènera tous à cette « renaissance africaine » que l'on en appelle de tous nos voeux,